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Qu’est-ce que le Mark 1, ce missile de la taille d’une baguette capable de détruire des drones russes ?

Qu’est-ce que le Mark 1, ce missile de la taille d’une baguette capable de détruire des drones russes ?


Il n’est pas plus grand qu’une baguette de pain. Le missile Mark 1, produit par Frankenburg Technologies, pourrait pourtant incarner l’avenir de la défense antidrones russes. À son propos, le directeur général de l’entreprise estonienne, Kusti Salm, a ainsi déclaré : « Nous n’avons pas à nous excuser de fabriquer des armes. Nous n’avons pas peur d’affirmer que nous les fabriquons pour abattre les drones russes à longue portée. »

Du haut de ses 65 centimètres de longueur, le Mark 1 ne peut voler que sur 2 kilomètres, et fonctionne mal sous la chaleur du désert et le froid du cercle polaire arctique. Ce qui fait sa spécificité est ailleurs. Malgré sa petite taille et sa courte portée, l’engin de Frankenburg Technologies peut aisément abattre les drones russes de longue portée, lancés dans le cadre d’attaques massives de Moscou.

Malgré sa taille réduite, il peut par ailleurs accueilli une ogive de 500 grammes, en plus de carburant et de capteurs. D’autres caractéristiques en font un outil de défense de taille, comme le fait qu’il soit sans liaison de données permanente avec une unité de contrôle – ce qui le rend moins vulnérable au brouillage et aux perturbations du réseau.

Moins de 50 000 euros l’unité

Car avec Mark 1, Frankenburg Technologies mise sur un équilibre entre pièces bon marché et précision globale, et espère porter son taux de précision à 90 %, contre 56 % actuellement. Pour l’heure, l’entreprise basée à Tallinn a implanté des sites de production dans deux pays de l’Otan, et souhaite, à terme, produire plusieurs centaines de missiles par jour.

Aussi et surtout, comme Kusti Salm l’a assuré au Telegraph, le fabricant de systèmes de missiles voit en Mark 1 une alternative à faible coût aux autres moyens de défense aérienne de l’Otan. Car, du haut de ses 50 000 dollars (environ 43 000 euros) l’unité, le mini-missile défie toute concurrence. Ce, alors que de plus en plus de pays européens ont été touchés par des survols de drones russes (ou suspectés russes), de la Pologne à la Belgique en passant par l’Allemagne, la Roumanie, la Lituanie et le Danemark.

Rappelons que, début septembre, l’Otan avait été contrainte de déployer des avions F-16 pour contrer une attaque de la Russie, qui avait franchi la frontière polonaise avec des drones Shahed. Les missiles tirés coûtaient plus de 566 000 euros – contre moins du dixième de ce prix pour les Shahed.

« Rendre la production abordable et industrialisable »

Lesdits missiles avaient, en outre, manqué la moitié de leurs cibles. Auprès du Telegraph, Kusti Salm assure : « Nous voulons rendre la production abordable et industrialisable dans un secteur qui s’apparente traditionnellement à celui des sacs de créateurs ». Le patron de Frankenburg Technologies oppose aux missiles classiques, coûteux, rares, complexes à fabriquer et d’une grande précision, le Mark 1, « suffisant » selon lui – et bien moins cher.

Enfin, grâce à l’intelligence artificielle qui guide le missile vers sa cible, les lanceurs de Mark 1 pourraient fonctionner de manière relativement autonome. Cela contraste avec l’efficacité des drones dits « intercepteurs », très utilisés en Ukraine, qui dépend fortement de l’expérience des opérateurs. Or, ces derniers sont peu nombreux dans l’Otan, insuffisants, par exemple, pour protéger les 2 100 sites d’infrastructures critiques le long de la frontière russe.