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Morts au travail, espionnage, défaillances des Tesla… La face sombre d’Elon Musk révélée

Morts au travail, espionnage, défaillances des Tesla… La face sombre d’Elon Musk révélée


Homme d’affaires, personnalité la plus riche du monde, futur trillionaire, propriétaire de Tesla et X, chef d’entreprise à succès… Ça, c’est la partie visible d’Elon Musk. Mais que se cache-t-il derrière l’ancien conseiller du président américain ? C’est cette face, plus sombre, qu’explore l’ouvrage Les Dossiers noirs d’Elon Musk (Nouveau Monde Éditions).

Comme le rapporte Le Parisien, des journalistes de Reuters, sous la direction de l’historien Yvonnick Denoël, écornent minutieusement, dans cet ouvrage, l’image de l’entrepreneur. Pour ce faire, ils se basent notamment sur des documents internes aux entreprises du milliardaire, révélant par exemple le rapport très distant d’Elon Musk à la sécurité et au bien-être de ses employés.

À LIRE AUSSI Tesla : l’addition très salée du virage trumpiste d’Elon MuskLe décès de Lonnie LeBlanc – un ouvrier de SpaceX de 38 ans –, après avoir chuté de la benne d’un camion (où il lui avait ordonné de monter sans aucun moyen de retenue), a ainsi été dissimulé pendant neuf ans. « Il y a (là) la culture très libérale et individualiste américaine dans laquelle il est admis que chacun est responsable de ses actes », explique au quotidien Yvonnick Denoël.

Un ancien employé au cœur des révélations

Un état d’esprit devenu la marque de fabrique des entreprises d’Elon Musk : « On demande [aux employés] d’être totalement investis dans une “fabuleuse aventure qui va changer le monde”, jusqu’à perdre tout bon sens collectif et passer l’éponge sur les dérives observées au quotidien. » La paranoïa du multimilliardaire, qui a construit une « industrie de l’ombre », est également évoquée.

Le dirigeant de Tesla n’hésite ainsi pas à recourir à des espions (des anciens de la CIA, entre autres) pour surveiller ses cadres dirigeants, jusqu’aux actuelles et anciennes compagnes de ceux-ci. Des révélations complétées par un autre ouvrage : Tesla Files (non publié en France), signé Sönke Iwersen et Michael Verfürden, deux journalistes du Handelsblatt, un quotidien allemand spécialisé dans le journalisme économique.

À LIRE AUSSI Musk, Zuckerberg, Altman… Dans la tête des sorciers de la techComme l’explique Mediapart, ce second ouvrage repose sur les données fournies par Lukasz Krupski (les fameux « tesla files »), un ancien technicien de Tesla, jusqu’en 2022, responsable d’une énorme fuite de données. « Je me demandais pourquoi il venait vers nous, a raconté Sönke Iwersen à Mediapart. Il ne s’est pas présenté comme un superhackeur, mais comme un simple technicien qui serrait les boulons sur les feux arrière des voitures, ou quelque chose comme ça. Et il disait avoir téléchargé ces informations depuis le système interne de l’entreprise, sans se heurter à aucun système de sécurité. »

Un système faillible

Le système Autopilot de Tesla y est particulièrement égratigné. Selon les deux journalistes, la fonction de conduite autonome présenterait des failles très dangereuses. La direction en serait parfaitement consciente, et pour cause : « Les Tesla Files contiennent plus de 2 400 plaintes portant sur des accélérations involontaires et plus de 1 500 problèmes de freinage », est-il indiqué dans l’ouvrage.

Au moins douze personnes seraient mortes à cause des erreurs du logiciel. Dans la plupart des cas, l’entreprise n’a pas fourni d’informations sur les circonstances des accidents, y compris à la justice. En octobre 2024, le régulateur américain des routes, la NHTSA, a lancé une enquête. En étudiant 953 cas d’accidents entre 2018 et 2023, il aurait conclu que le système Autopilot ne s’assurait pas « de manière adéquate » que les conducteurs impliqués étaient suffisamment attentifs et engagés dans l’acte de conduite.

À LIRE AUSSI Les dessous du bras de fer entre Sam Altman et Elon Musk à la tête d’OpenAICes révélations sont d’autant plus importantes que Tesla était parfaitement consciente du potentiel explosif de ces critiques. « NE FOURNISSEZ PAS les données d’un véhicule au client sans permission explicite », exige l’entreprise, qui demande à ses employés de partager les informations réellement, pour ne pas laisser de traces. Ni Tesla ni Elon Musk n’ont répondu aux questions des auteurs.