Le plan de paix pour l’Ukraine se profile. La réunion entre responsables américains et ukrainiens, qui s’est tenue dimanche 30 décembre en Floride, a été « très productive », a déclaré le secrétaire d’État américain Marco Rubio, ajoutant qu’il restait encore du travail pour mettre fin à la guerre menée par la Russie en Ukraine.
« Il y a beaucoup d’éléments mouvants, et évidemment, il y a une autre partie impliquée ici qui devra faire partie de l’équation. Cela continuera plus tard cette semaine, lorsque M. Witkoff se rendra à Moscou. Nous avons également été en contact à des degrés divers avec la partie russe, nous comprenons également assez bien leurs points de vue », a déclaré Marco Rubio aux journalistes à Hallandale Beach, en Floride, où s’est tenue la réunion.
Au début de la réunion, Roustem Oumierov a remercié les États-Unis et leurs représentants pour leur soutien. « Les États-Unis nous entendent, les États-Unis nous soutiennent, les États-Unis marchent à nos côtés », a-t-il déclaré en anglais. L’envoyé spécial de la Maison-Blanche, Steve Witkoff, et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, étaient également présents pour représenter les États-Unis.
Un scandale de corruption
Depuis deux semaines, les négociations vont bon train à propos d’un plan de paix américain, initialement jugé par ses détracteurs trop favorables aux Russes. Les pourparlers ont connu un tournant avec un changement de chef de file du côté ukrainien. Roustem Oumierov, secrétaire du Conseil national de sécurité, a en effet remplacé le chef de cabinet du président ukrainien Volodymyr Zelensky, Andriy Yermak, qui a démissionné vendredi dans un contexte de scandale de corruption en Ukraine dans le secteur énergétique.
Serhiy Kyslytsya, premier vice-ministre des Affaires étrangères de Kiev, était également présent en Floride. Confronté à une crise politique intérieure, Kiev cherche à limiter les revendications de Moscou, alors que les forces russes progressent sur le front. La semaine dernière, Volodymyr Zelensky a dit aux Ukrainiens, confrontés en ce début d’hiver à des coupures de courant dues aux frappes russes sur le réseau énergétique, que leur pays traversait sa période la plus difficile à ce jour. Il s’est aussi engagé à ne pas conclure un mauvais accord.
À LIRE AUSSI « L’humeur n’était pas bonne » : les coulisses du plan de paix de Trump racontées par un négociateur ukrainienLe président ukrainien s’est entretenu dimanche avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qu’il a remerciée pour son soutien. « Ursula est très attentive à la nécessité de renforcer notre résilience face aux attaques constantes de la Russie contre nos infrastructures et le secteur énergétique », a-t-il écrit sur le réseau X.
Zelensky attendu à Paris
Volodymyr Zelensky est attendu lundi à Paris, où il s’entretiendra dans la matinée avec son homologue français Emmanuel Macron. « Les deux dirigeants échangeront sur la situation et sur les conditions d’une paix juste durable, dans la continuité des discussions de Genève et du plan américain et d’une concertation étroite avec nos partenaires européens », a indiqué la présidence française dans un communiqué.
« Ils feront également le point sur le travail engagé sur les garanties de sécurité dans le cadre de la coalition des volontaires » qui s’est réunie le 25 novembre. Lors de son séjour parisien, Volodymyr Zelensky et son épouse Olena Zelenska déjeuneront à l’Élysée. Le président ukrainien doit également rencontrer le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot.
À LIRE AUSSI Étienne Gernelle : « L’affreux spectacle des courbettes des Européens devant Trump (et donc Poutine) » « La paix est à portée de main, si toutefois Vladimir Poutine renonce à l’espoir fou de reconstituer l’Empire soviétique en commençant par soumettre l’Ukraine. L’Ukraine appartient aux Ukrainiens et à eux seuls », déclare le chef de la diplomatie française dans un entretien à La Tribune dimanche. Volodymyr Zelensky a déclaré s’attendre à une finalisation des résultats des réunions précédentes tenues à Genève, où l’Ukraine et a présenté des contre-propositions à celles formulées par le secrétaire américain à l’Armée de terre, Dan Driscoll.

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