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Iran : Narges Mohammadi, prix Nobel de la paix 2023, de nouveau arrêtée

Iran : Narges Mohammadi, prix Nobel de la paix 2023, de nouveau arrêtée


Un an après sa libération de prison pour raison de santé, le Prix Nobel de la paix 2023, Narges Mohammadi, a été arrêtée par les forces de sécurité alors qu’elle participait aux commémorations de la mort de l’avocat iranien Khosrow Alikordi à Machhad, dans le nord-ouest de l’Iran, a révélé ce vendredi 12 décembre son comité de soutien. « Narges Mohammadi a été violemment interpellée par les forces de sécurité et de police il y a environ une heure, lors de la cérémonie du septième jour en mémoire de Khosrow Alikordi », a indiqué la Fondation Narges Mohammadi. Une information confirmée sur Instagram par son avocate française, Me Chirinne Ardakani.

Défenseur des droits de l’homme, connu pour avoir assisté des manifestants, des prisonniers politiques et autres victimes de la répression en Iran, Khosrow Alikordi avait été retrouvé mort dans des conditions suspectes le 6 décembre dernier dans son bureau à Machhad. Si les autorités iraniennes ont évoqué une crise cardiaque, les proches de la victime affirment que son corps portait des traces de contusions, un traumatisme crânien et des saignements du nez et de la bouche, selon l’ONG des droits de l’homme Iran Human Rights.

Opposée au voile obligatoire

Âgée de 53 ans, Narges Mohammadi a passé la majeure partie de ces dix dernières années en prison, pour son engagement contre le voile obligatoire pour les femmes et contre la peine de mort. Cet activisme effréné lui a valu d’être à nouveau condamnée en juin 2024 à un an de prison pour « propagande contre l’État ». Opérée pour une tumeur osseuse à la jambe, elle ne devait sa libération provisoire, le 4 décembre 2024, qu’à la dégradation de son état de santé.

Cela ne l’avait pas empêchée d’apparaître tête nue et en robe sur son brancard, à sa sortie de prison, en scandant « Femme, Vie, Liberté », la devise de la révolution des femmes en Iran. Ni de multiplier les interviews à la presse étrangère pour alerter sur le sort de la société civile iranienne, victime d’une répression accrue des autorités islamiques depuis la fin de la guerre des douze jours entre Israël et l’Iran.

Dans une vidéo des commémorations de la mort de l’avocat Khosrow Alikordi, diffusée ce vendredi par le site spécialisé Dadban, on aperçoit le Prix Nobel de la paix 2023, cheveux au vent et sans voile obligatoire, haranguer la foule en scandant le nom de Majidreza Rahnavard, un manifestant iranien exécuté en public à Machhad le 12 décembre 2022, il y a tout juste trois ans. À peine quelques instants plus tard, elle était violemment arrêtée par les forces de sécurité, affirme son comité de soutien.