L’annonce du départ de Dan Bongino survient deux jours avant la date limite pour rendre publics les dossiers Epstein. Un sujet qui a cristallisé les tensions avec la procureure générale Pam Bondi.
Neuf petits mois et puis s’en va. Le directeur adjoint du FBI Dan Bongino, un fidèle de Donald Trump, a confirmé, mercredi 17 décembre, qu’il quitterait son poste en janvier après une année mouvementée. Critiqué au sein du « bureau » lors de sa nomination, Bongino va retrouver sa liberté de parole – et sans doute son lucratif podcast – alors que la date limite pour rendre publics les dossiers Epstein expire ce vendredi. Ce feuilleton a généré de vives tensions avec la procureur générale Pam Bondi, qui a promis la lune avant de rétropédaler, enrageant la base Maga.
« Je tiens à remercier le président Trump, la procureure générale Bondi et le directeur Patel pour l’opportunité de servir avec sens et engagement. Plus important encore, je souhaite remercier mes concitoyens américains pour l’honneur qui m’a été fait de vous servir », a écrit Bongino sur X. « Dan a fait du très bon travail. Je pense qu’il veut retourner à son émission », a réagi Donald Trump sur le tarmac de la Joint Base Andrews, avant son allocution télévisée pour faire le bilan de son année.
Une fortune de plus de 100 millions de dollars
Dan Bongino, 51 ans, a tour à tour été policier à New York puis membre du Secret Service, où il a notamment été assigné à la protection de George W. Bush puis de Barack Obama. Après avoir dû dire adieu – au moins temporairement – à ses ambitions politiques, avec trois échecs consécutifs, c’est derrière le micro comme podcasteur conservateur qu’il se fait un nom dans la galaxie Maga.
Début 2025, le Dan Bongino Show s’est hissé en 3e position des charts des podcasts politiques. Et selon Forbes, il possède 5 % de la plateforme vidéo conservatrice Rumble – des parts qui valent aujourd’hui plus de 100 millions de dollars.
Le fiasco Epstein
À l’antenne, Bongino a relayé maintes théories complotistes, notamment sur l’élection de 2020, affirmant que les deux bombes artisanales devant les sièges des comités nationaux démocrate et républicain relevaient d’un « inside job » (un coup monté de l’intérieur) par le FBI de Joe Biden, gangrené par le Deep state (État profond). L’arrestation, début décembre, d’un suspect qui semble avoir agi seul et a dit aux enquêteurs qu’il était « déçu » des résultats de 2020 – et donc de la défaite de Donald Trump – a fait voler en éclat sa théorie. Pas de quoi perturber l’adjoint au FBI qui s’est justifié auprès de Sean Hannity : « J’étais payé par le passé pour mes opinions. »
Mais c’est bien l’affaire Epstein qui semble avoir mis Dan Bongino dans une position inconfortable. Par le passé, il a remis en doute la thèse du suicide, assuré que l’administration démocrate cachait la supposée liste des clients d’Epstein, et que sa publication allait « secouer le monde politique ».
Après le rétropédalage spectaculaire de Pam Bondi, en juillet, un meeting a tourné, selon les médias américains, au clash avec Dan Bongino, qui reprochait à la procureure générale d’avoir promis des révélations qui ont finalement fait pschit. Bongino et Kash Patel ont dû reconnaître qu’Epstein s’était bien suicidé, et que la liste promise n’existait pas. Aux yeux des complotistes, ceux qui chargeaient autrefois le Deep state en font désormais partie.

Partager :