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UN JOUR, UNE CAN #5 : LE SACRE

UN JOUR, UNE CAN #5 : LE SACRE - Tunisie-Foot

14 février 2004 : Le jour où la Tunisie a touché le ciel

Automne 2002. Roger Lemerre traverse la Méditerranée avec ses blessures encore à vif. Quelques mois plus tôt, il était l’homme le plus détesté de France. Champion d’Europe en 2000, limogé après la débâcle du Mondial 2002. Le football peut être d’une cruauté infinie. Mais Lemerre n’est pas un homme à s’apitoyer. Il a 61 ans, une carrière bien remplie, et surtout une revanche à prendre.

Quand la Fédération Tunisienne de Football l’appelle, il hésite à peine. Le projet est clair, presque fou : gagner la CAN 2004 à domicile. La Tunisie, pays qui n’a jamais remporté le titre continental. La Tunisie, finaliste malheureuse en 1965 et 1996. La pression sera énorme. Mais Lemerre aime la pression. Il accepte. Contrat de deux ans. Un objectif : l’or.

Dans les cafés de Tunis, quand la nouvelle tombe, les réactions sont mitigées. Lemerre ? Le type viré après la Coupe du Monde ? Celui qui a coulé les Bleus ? D’autres, plus optimistes, se souviennent de l’Euro 2000. De cette France irrésistible qui avait tout gagné. Si cet homme a su transformer les Bleus en champions d’Europe, peut-être…

Lemerre arrive en Tunisie et comprend immédiatement l’enjeu. Ce pays vit pour le football. Cette sélection porte les espoirs de millions de personnes. L’échec n’est pas une option. Il décide de tout changer. Tout remettre à plat. Faire des choix radicaux.

Première décision controversée : écarter des cadres au profit de jeunes. Karim Haggui, 19 ans à peine, défenseur de l’Étoile du Sahel. Inconnu du grand public. Lemerre en fait un titulaire. Najeh Braham, qui joue en deuxième division allemande à Eintracht Trier. Personne ne le connaît. Lemerre le convoque. Les critiques fusent : comment peut-on écarter des joueurs expérimentés pour des gamins ?

Deuxième décision encore plus controversée : naturaliser Francileudo dos Santos, attaquant brésilien de 29 ans qui évolue à l’Étoile du Sahel. Santos a refusé plusieurs fois l’offre tunisienne. Mais en décembre 2003, il accepte. Il devient tunisien. Les puristes crient au scandale. Un Brésilien dans la sélection tunisienne ? Où va-t-on ?

Roger Lemerre

Lemerre ne répond pas aux critiques. Il boycotte même la presse locale. Il travaille dans l’ombre, construit son équipe, prépare son plan. Il sait qu’il ne sera jugé que sur un seul critère : le résultat. Gagner ou partir. Il n’y a pas de milieu.

Les mois passent. La préparation s’intensifie. Lemerre fait travailler son équipe sur les tirs au but. Chaque fin d’entraînement, séance de penalties. Encore et encore. Haggui, le gamin de 19 ans, ne rate jamais. Badra, le capitaine, non plus. Le coach note tout. Il sait qu’un tournoi continental se joue souvent aux détails.

24 janvier 2004. Stade de Radès. 60 000 spectateurs.

Match d’ouverture. Tunisie-Rwanda. Le pays entier retient son souffle. Treize ans après l’humiliation de 1994, les Aigles ont une revanche à prendre. Mais le stress est palpable. On sent la peur de rater, de décevoir.

À la 26ème minute, Ziad Jaziri ouvre le score. 1-0. Le stade explose. Le Rwanda égalise 5 minutes après. Enfin ! À la 56ème, Francileudo dos Santos, le Brésilien naturalisé, double la mise. On respire. Mais à la 60ème minute, le drame : Selim Benachour, expulsé pour un carton rouge. La Tunisie à dix pendant trente minutes. 2-1. Score final. Victoire, certes, mais quelle frayeur !

Dans le vestiaire, Lemerre reste calme. « C’est normal d’être tendus. Mais ça va passer. Le prochain match sera meilleur. » Les joueurs le croient. Ils ont confiance en cet homme qui a gagné l’Euro.

28 janvier. Tunisie-RD Congo. 60 000 spectateurs.

Le stade de Radès affiche complet à nouveau. Les Tunisiens sont venus en masse pour soutenir leurs Aigles. Le match est difficile, fermé. Puis, le tournant : Lomana LuaLua, l’attaquant congolais, est expulsé. La Tunisie joue à onze contre dix. Elle en profite.

À la 55ème minute, Santos ouvre le score. À la 65ème, Najeh Braham, l’inconnu de D2 allemande, inscrit le deuxième but. Et à la 87ème, Santos clôt le festival avec son deuxième but du match, son troisième du tournoi. Victoire 3-0. Cette fois, c’est convaincant.

Santos est en feu. Trois buts en deux matchs. Le Brésilien naturalisé fait taire les critiques. Il est déjà le meilleur buteur du tournoi. Lemerre sourit. Son pari est en train de payer.

1er février. Tunisie-Guinée. 35 000 spectateurs.

Le jour de l’Aïd el-Kébir. Malgré la fête, 35 000 personnes se déplacent au stade de Radès. La Tunisie est déjà qualifiée, mais elle veut finir première du groupe. Le match est équilibré. À la 58ème minute, Selim Benachour, qui a purgé sa suspension après l’expulsion contre le Rwanda, marque. 1-0. On tient la victoire. Mais dans les derniers instants, la Guinée égalise. 1-1. Match nul.

Qu’importe. La Tunisie termine première du Groupe A avec 7 points (2 victoires, 1 nul). Direction les quarts de finale. Premier objectif atteint.

Mais le parcours ne fait que commencer. Car maintenant, c’est le vrai test. Les matchs à élimination directe. Les matchs où tout se joue. Les matchs où on ne pardonne rien.

7 février 2004. Stade de Radès. 65 000 spectateurs. Quart de finale contre le Sénégal.

Les Lions de la Téranga. Finalistes de la CAN 2002. Quart de finalistes du Mondial 2002 où ils avaient battu… la France de Roger Lemerre (1-0). Une revanche dans la revanche pour le coach français.

Le match est tendu, haché, nerveux. Les deux équipes se neutralisent. El Hadji Diouf, la star sénégalaise, est muselé par la défense tunisienne. À la mi-temps, 0-0. Le stade est silencieux, anxieux.

Et puis, à la 65ème minute, la magie opère. Ziad Jaziri, sur le côté droit, réalise une passe décisive aux ciseaux magistrale pour Jawhar Mnari qui surgit et trompe le gardien sénégalais. 1-0 ! Le stade explose. Les joueurs se jettent sur Mnari. Lemerre lève les bras au ciel.

Le match se poursuit. Les supporters tunisiens, dans une ambiance de folie, allument des fumigènes de toutes parts. Une fumée épaisse envahit progressivement le stade, créant une atmosphère surréaliste, presque mystique. Le match se termine dans ce brouillard artificiel, symbole de cette ferveur populaire qui porte les Aigles. Au coup de sifflet final, c’est la délivrance. La Tunisie est en demi-finale ! À domicile ! Quatre ans après 2000, huit ans après 1996, les Aigles retrouvent le dernier carré.

Dans les rues de Tunis, c’est déjà la fête. Les klaxons résonnent. Les drapeaux flottent. On n’ose pas encore y croire, mais on commence à rêver. Et si…

11 février 2004. Stade de Radès. 65 000 spectateurs. Demi-finale contre le Nigeria.

Le match de tous les dangers. Les Super Eagles. Jay-Jay Okocha. Nwankwo Kanu. Une équipe bourrée de talents qui évolue en Premier League anglaise. Les favoris du tournoi avec le Cameroun.

Le match commence. Dès les premières minutes, on sent que ce sera une bataille. Le Nigeria domine. Les Super Eagles mettent la pression. Et à la 21ème minute, le drame : Karim Haggui, le jeune défenseur de 20 ans, accroche Kanu dans la surface. Penalty pour le Nigeria. Okocha s’avance. Il transforme. 1-0 pour le Nigeria. Le stade se fige.

La Tunisie subit, encaisse les coups, mais ne rompt pas. À la mi-temps, dans le vestiaire, la tension est insupportable. Les joueurs sont tendus, crispés. Khaled Badra, rongé par l’anxiété, sort une cigarette et l’allume. Il fume tranquillement devant ses coéquipiers. Roger Lemerre entre dans le vestiaire et voit son capitaine en train de fumer. Il reste figé quelques secondes, médusé. Puis, avec l’intelligence qui le caractérise, il ne dit rien. Il laisse faire. Badra a besoin de ça pour se détendre.

Khaled Badra célébrant son but sur penalty face au Nigeria

La seconde mi-temps démarre. La Tunisie pousse. À la 82ème minute, Seyi Olofinjana, défenseur nigérian, commet une faute sur Ziad Jaziri dans la surface de réparation. Penalty pour la Tunisie ! Badra, celui qui fumait dans le vestiaire pour gérer son stress, s’avance. C’est lui qui va tirer. Le capitaine. Il transforme. 1-1. Le stade explose à nouveau. Le fumeur vient de sauver son équipe !

Le temps réglementaire se termine sur ce score. 1-1. Prolongation. Trente minutes de plus. Les jambes sont lourdes. Les deux équipes s’épuisent mais ne parviennent plus à se départager. Toujours 1-1. Il faudra passer par les tirs au but.

Les supporters tunisiens tremblent. Après 1998 (perdu 7-8 face au Burkina), après 2000 (perdu 3-4 face à l’Afrique du Sud), va-t-on encore échouer aux penalties ? Le traumatisme est là, bien présent.

Lemerre rassemble ses tireurs. Badra sera le premier. Haggui tirera aussi. Le coach a confiance en ses hommes. « Vous vous êtes préparés pendant des mois pour ça. Allez-y avec confiance. »

La séance commence. Badra tire en premier. But. 1-0. Le premier tireur nigérian s’avance. But. 1-1. Puis c’est au tour du deuxième tireur nigérian : Peter Odemwingie. Ali Boumnijel, le gardien tunisien de 38 ans surnommé « 3am Ali », plonge. Arrêt ! Le stade explose ! La Tunisie prend l’avantage !

Les tireurs tunisiens continuent de marquer. Un, deux, trois, quatre. Tous marquent. De l’autre côté, le Nigeria, privé du but d’Odemwingie, suivent quand même le rythme. Puis c’est au tour de Haggui de tirer le 5ème et sans trembler, le numéro 3 loge le ballon au fond. Score final des tirs au but : 5-3 pour la Tunisie !

Les joueurs se jettent les uns sur les autres. Badra, le capitaine qui a transformé le penalty salvateur, est porté en triomphe. Mais il sait déjà qu’une épine lui transperce le cœur : il vient de récolter son deuxième carton jaune du tournoi (après celui contre le Sénégal en quart). Il sera suspendu pour la finale. Lui, le capitaine, le défenseur central clé depuis dix ans, ne jouera pas le match de sa vie. À 31 ans, à sa cinquième CAN consécutive, il va rater l’apothéose.

Haggui, le héros du penalty décisif, pleure de joie. Sans le savoir encore, c’est lui qui remplacera Badra en finale. Le gamin de 20 ans va devoir assumer. Boumnijel, le vieux gardien, lève les bras au ciel. Lemerre salue le public puis part embrasser ses joueurs. La Tunisie est en finale de sa CAN ! À domicile !

Dans les rues de Tunis, c’est l’hystérie totale. Les voitures klaxonnent. Les gens dansent. Les youyous résonnent partout. On n’y croit pas. On est en finale. FINALE !

L’adversaire ? Le Maroc. Les Lions de l’Atlas. Le derby maghrébin. La première finale 100% nord-africaine de l’histoire de la CAN. Le choc tant attendu.

14 février 2004. Stade de Radès. 60 000 spectateurs (officiellement). 70 000 en réalité.

Le jour de la Saint-Valentin. Le jour de l’amour. Le jour où la Tunisie va épouser son destin. Le stade de Radès affiche complet. Officiellement, 60 000 places. En réalité, 70 000 personnes sont entrées. On se serre, on se tasse, on veut tous être là. Pour ce moment historique. 10 000 Marocains ont fait le déplacement. Mais le reste du stade est rouge et blanc. Tunisien.

Les joueurs entrent sur la pelouse. Le capitaine n’est plus là. Badra, suspendu, regarde depuis les tribunes, le cœur serré. À sa place en défense centrale, Karim Haggui, 20 ans, fait équipe avec Radhi Jaïdi. Le gamin va jouer le match de sa vie. Clayton et Trabelsi complètent la défense. Bouazizi au milieu. Santos et Jaziri devant. Lemerre est sur le banc, concentré. Il sait que dans deux heures, il sera soit héros soit coupable. Il n’y a pas de milieu.

Le coup d’envoi est donné. Dès les premières minutes, la Tunisie impose son jeu. Pressing haut, intensité, agressivité. Le Maroc recule. À la 5ème minute, Mehdi Nafti centre depuis la gauche. Le ballon traverse la surface. Santos, le Brésilien, surgit et catapulte le ballon au fond des filets. 1-0 ! Cinq minutes ! Le stade explose ! Radès tremble sur ses fondations ! Les joueurs se jettent sur Santos. Le plan de Lemerre fonctionne à la perfection !

La Tunisie continue de dominer. Occasions sur occasions. Mais à la 38ème minute, sur un corner marocain, Youssef Mokhtari s’élève plus haut que tout le monde et égalise d’une tête puissante. 1-1. Coup de massue. Le stade se tait. Les joueurs tunisiens accusent le coup. On avait tout fait. On menait. Et maintenant…

À la mi-temps, Lemerre reste calme. « On a fait le plus dur. On a marqué. Ils ont eu de la chance. En deuxième mi-temps, on va les tuer. » Les joueurs reprennent confiance. Ils y croient encore.

La seconde période commence. Le Maroc pousse un peu plus. Badou Zaki, leur coach, leur a demandé plus d’agressivité. Mais la Tunisie tient bon. Et à la 52ème minute, le moment qui va entrer dans l’histoire.

Khalid Fouhami, le gardien marocain, sort de ses buts pour capter un tir anodin de Clayton. Mais il commet une terrible erreur. Il le repousse des mains. Ziad Jaziri, attaquant opportuniste, surgit comme un diable et pousse le ballon au fond des filets ! 2-1 ! BUUUUUUUT !

Zied Jaziri fêtant son but face au Maroc

Le stade explose littéralement. 60 000 personnes hurlent en même temps. Les joueurs tunisiens se jettent sur Jaziri. Le banc se vide. Lemerre lève les bras au ciel. Le but le plus important de l’histoire du football tunisien vient d’être inscrit. Par Jaziri. Celui qui avait marqué le premier but du tournoi (contre le Rwanda). Il vient d’inscrire le dernier. Le but du sacre.

Les trente-huit minutes restantes sont une éternité. Le Maroc pousse. La Tunisie défend. Boumnijel multiplie les arrêts. Trabelsi, Jaïdi, Haggui, Clayton forment un mur infranchissable. Minute après minute. Seconde après seconde.

À la 90ème minute, l’arbitre sénégalais Falla Ndoye regarde sa montre. Il va siffler. Le stade retient son souffle. Encore quelques secondes. Encore…

Coup de sifflet final. C’EST FINI ! LA TUNISIE EST CHAMPIONNE D’AFRIQUE !

Les joueurs explosent de joie. Haggui, qui a remplacé Badra à la perfection, court partout, sourire aux lèvres. Bouazizi lève les bras au ciel. Santos, le Brésilien devenu tunisien, hurle de bonheur. Jaziri, l’homme du match, saute de joie. Jaïdi serre ses coéquipiers dans ses bras. Boumnijel fait des sauts sur place. C’est l’explosion de bonheur. L’euphorie totale.

Dans les tribunes, c’est l’indescriptible. Les gens sautent, crient, s’embrassent. Des inconnus tombent dans les bras les uns des autres. Des hommes de 70 ans dansent comme des enfants. Ils ont attendu ça toute leur vie. Depuis 1965. Trente-neuf ans après la finale perdue à domicile. Huit ans après la finale perdue en Afrique du Sud. Et aujourd’hui, enfin, c’est fait. La Tunisie est championne d’Afrique.

Le président Ben Ali est dans les tribunes officielles. Sur la pelouse, les joueurs célèbrent. Dans les tribunes, Badra, le capitaine suspendu, explose de joie. Il aurait tellement voulu être là. Mais ses coéquipiers ont gagné. C’est tout ce qui compte.

Les joueurs vont chercher le trophée. Les joueurs soulèvent la coupe continentale. L’or. Enfin l’or. Plus d’argent. Plus de quatrième place. L’or. Le sacre.

Dans les rues de Tunis, dans toutes les villes de Tunisie, c’est l’hystérie. Des millions de personnes dans les rues. Les voitures ne peuvent plus avancer. Tout le monde danse, chante, crie. Les klaxons résonnent toute la nuit. Personne ne dort. Comment pourrait-on dormir après ça ?

Les jours suivants, c’est l’euphorie totale. Les joueurs sont accueillis en héros. Roger Lemerre, l’homme critiqué à son arrivée, devient « le Général ». Le meilleur sélectionneur de tous les temps. L’homme qui a transformé l’argent en or. L’homme qui a réalisé l’impossible.

Cette génération 2004 restera à jamais dans les cœurs. Ces hommes ont réalisé ce que personne avant eux n’avait fait. Ni la génération de 1965 (Chetali, Jedidi). Ni celle de 1978 (Kaabi, Dhiab). Ni celle de 1996 (El Ouaer, Beya, Ghodhbane). Eux, ils l’ont fait.

Trophée CAN 2004

Le 14 février 2004, la Tunisie a touché le ciel. Pour la première et, à ce jour, unique fois de son histoire. Ce jour-là, le petit pays d’Afrique du Nord a prouvé qu’il appartenait à l’élite continentale. Ce jour-là, des millions de Tunisiens ont pleuré de joie. Ce jour-là, Roger Lemerre a eu sa revanche sur le destin. Ce jour-là, l’impossible est devenu réalité.

Dans les années qui suivront, cette équipe représentera la Tunisie à la Coupe du Monde 2006 en Allemagne. Elle participera à la CAN 2006 (quart de finale), puis à la CAN 2008 (quart de finale). Lemerre restera sélectionneur jusqu’en 2008. Six ans. Le mandat le plus long de l’histoire depuis l’indépendance.

En 2008, Lemerre est remercié après une CAN décevante. Il part sans amertume. Il sait ce qu’il a accompli. Il sait qu’il restera à jamais dans le cœur des Tunisiens. En 2013, il revient entraîner l’Étoile du Sahel. À 72 ans. Il gagne la Coupe de Tunisie. Les supporters le portent en triomphe. Le Général est de retour.

Aujourd’hui encore, vingt et un ans après, quand on prononce le nom de Roger Lemerre en Tunisie, les yeux brillent. Les sourires apparaissent. Les souvenirs remontent. Le 14 février 2004. Santos qui marque dès la 5ème. Jaziri qui inscrit le but du sacre. Badra qui fume à la mi-temps. Haggui qui tire le penalty décisif. Boumnijel qui arrête Odemwingie. Le trophée soulevé à Radès. La nuit de folie qui a suivi.

Le football tunisien a connu des hauts et des bas depuis 2004. Des qualifications au Mondial (2006, 2018, 2022), des éliminations précoces en CAN, des espoirs déçus. Mais ce 14 février 2004 reste gravé à jamais. Comme le jour où tout était parfait. Où tout était possible. Où les Aigles de Carthage ont enfin touché l’or.

Ce jour-là, la Tunisie n’était pas seulement championne d’Afrique. Elle était championne des rêves. Championne de l’impossible. Championne de l’espoir. Et ça, personne ne pourra jamais le lui enlever.