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Des images satellites révèlent un possible déploiement de missiles hypersoniques russes en Biélorussie

Des images satellites révèlent un possible déploiement de missiles hypersoniques russes en Biélorussie

Selon des images satellites analysées par des chercheurs, la Russie pourrait avoir commencé à déployer des missiles hypersoniques à capacité nucléaire sur une ancienne base aérienne en Biélorussie, près de la frontière russe.

Selon Reuters, la Russie serait sur le point de stationner de nouveaux missiles hypersoniques à capacité nucléaire sur une ancienne base aérienne située à l’est de la Biélorussie. Cette information repose sur l’analyse d’images satellites fournies par la société américaine Planet Labs, étudiées par deux chercheurs spécialisés dans les questions de défense, cités par Reuters.

D’après l’agence, les images montrent des installations compatibles avec l’accueil de missiles Oreshnik, un nouveau système balistique hypersonique russe capable de transporter une charge nucléaire. Ces missiles pourraient être déployés sur l’ancienne base de Krichev, à environ 300 kilomètres de Minsk et à moins de 500 kilomètres de Moscou. Une source proche du renseignement américain, citée par Reuters, indique que ces conclusions correspondent largement aux évaluations des services américains.

Une stratégie assumée de dissuasion nucléaire

Vladimir Poutine avait déjà annoncé son intention de déployer ces missiles en Biélorussie, sans jamais en préciser le lieu exact. L’Oreshnik, dont la portée pourrait atteindre 5 500 kilomètres, renforcerait la capacité de frappe russe sur l’ensemble du continent européen. Son déploiement s’inscrirait dans une stratégie assumée de dissuasion nucléaire, alors que Moscou cherche à dissuader les pays de l’Otan de livrer à l’Ukraine des armes capables de frapper le territoire russe en profondeur.

Les images de Planet Labs analysées par les chercheurs montrent notamment la présence d’infrastructures caractéristiques d’une base de missiles stratégiques : zones sécurisées, voies ferrées militaires et plateformes pouvant accueillir des lanceurs mobiles. Reuters précise que les travaux auraient débuté dès le mois d’août et qu’ils ont été menés à un rythme soutenu. Un point de transfert ferroviaire sécurisé visible sur les clichés constitue, selon les experts cités, un « indice déterminant ».

D’après Reuters, Moscou aurait déjà testé une version conventionnelle de l’Oreshnik en Ukraine à l’automne 2024. Vladimir Poutine a affirmé à plusieurs reprises que ce missile était impossible à intercepter en raison de sa vitesse, supérieure à Mach 10. Son déploiement en Biélorussie marquerait une évolution stratégique majeure : ce serait la première fois depuis la fin de la guerre froide que la Russie stationnerait des armes nucléaires hors de son territoire.

Le président biélorusse Alexandre Loukachenko a récemment confirmé, selon Reuters, que des missiles avaient commencé à être déployés, sans en préciser l’emplacement. Il a évoqué la présence possible d’une dizaine d’unités. Les chercheurs estiment toutefois que la base identifiée ne pourrait accueillir que quelques lanceurs.

Un message politique

Selon Reuters, ce déploiement intervient alors que le traité New START, dernier accord encadrant les arsenaux nucléaires américains et russes, arrive à expiration. Dans le même temps, les États-Unis et leurs alliés renforcent leur soutien militaire à l’Ukraine, notamment via des missiles de longue portée.

Pour plusieurs experts cités par Reuters, l’intérêt de ce déploiement est avant tout politique. « Il s’agit d’un message », résume l’un d’eux : celui d’une Russie qui assume de plus en plus ouvertement le recours à la dissuasion nucléaire pour peser sur l’équilibre stratégique européen.