Delcy Rodriguez a été désignée présidente par intérim, samedi 3 janvier, après l’arrestation par les États-Unis de Nicolas Maduro. Ancienne ministre à plusieurs reprises, elle est une « figure clé » du régime au pouvoir.
La Cour suprême du Venezuela a ordonné, samedi 3 janvier, à la vice-présidente Delcy Rodriguez d’assurer l’intérim du pouvoir. Le président Nicolas Maduro ayant été capturé la veille par les États-Unis et incarcéré dans la prison du Metropolitan Detention Center, à Brooklyn. Première dans l’ordre de succession au pouvoir, elle a déclaré depuis Caracas, lors d’un direct à la télévision d’État, que le gouvernement était prêt « à défendre le Venezuela » et que « l’unique président » restait Nicolas Maduro.
Née à Caracas, Delcy Rodriguez, 56 ans, est la fille du guérillero de gauche Jorge Antonio Rodriguez, fondateur d’un parti révolutionnaire nommé Liga Socialista dans les années 1970. Avocate de formation, elle a étudié le droit à l’Université centrale du Venezuela. Elle est l’une des figures du chavisme (le mouvement politique dirigé par Nicolas Maduro). Selon Imdat Oner, analyste politique au Jack D. Gordon Institute, « elle n’est pas une alternative modérée à Maduro. Elle a été l’une des figures les plus puissantes et les plus intransigeantes de tout le système », a déclaré cet ancien diplomate turc en poste au Venezuela à CNN.
Une « influence considérable »
Ancienne ministre de la Communication et de l’Information (2013 à 2014), des Affaires étrangères (2014 à 2017), ensuite présidente de l’Assemblée constituante progouvernementale (2017), puis vice-présidente à deux reprises en 2018 et 2025 – lors des nouveaux mandats de Nicolas Maduro, elle occupe des postes clés au sein du gouvernement. L’homme d’État vénézuélien l’avait même qualifiée de « tigresse » pour sa défense du gouvernement socialiste en 2017.
Elle travaille également en collaboration avec son frère, Jorge Rodriguez, qui est le président de l’Assemblée nationale. Vendredi, elle était encore ministre des Finances et du Pétrole et chargée de gérer l’escalade des sanctions américaines sur l’industrie la plus importante du pays, dont les réserves sont les plus importantes au monde.
« Elle est très axée sur les résultats et exerce une influence considérable sur l’ensemble de l’appareil gouvernemental, y compris le ministère de la Défense. C’est un point très important à souligner dans le contexte actuel », a expliqué José Manuel Romano, avocat constitutionnaliste et analyste politique, à nos confrères.

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