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CAN 2025 : Sénégal–Maroc, la finale que l’Afrique attendait

CAN 2025 : Sénégal–Maroc, la finale que l’Afrique attendait

Le Sénégal et le Maroc ont tenu leur rang. Vainqueurs de l’Égypte et du Nigeria, les deux favoris se défient en finale pour un choc au sommet du football africain.

Au terme de deux demi-finales disputées sous haute tension, le Sénégal et le Maroc ont validé leur billet pour une finale attendue, presque logique, entre les deux sélections les plus constantes du continent.

Le Sénégal, maître de ses nerfs

Face à une Égypte fidèle à son ADN ultra-défensif, les Lions de la Teranga savaient à quoi s’attendre. Il leur fallait de la patience, de la maîtrise et une concentration de chaque instant. Le plan a été respecté.

« Nous n’avons pas douté. Nous avions la maîtrise face à une équipe qui défend parfaitement et qui a deux grands attaquants (Salah, Marmoush) qui pouvaient nous faire mal à tout moment. Il fallait garder un certain équilibre, et je pense que les joueurs ont respecté ça », a résumé Pape Thiaw.

Le sélectionneur sénégalais avait insisté sur la vigilance lors des transitions, où Omar Marmoush pouvait faire basculer le match. La sortie sur blessure de Kalidou Koulibaly, averti et suspendu pour la finale, aurait pu fragiliser l’édifice. Elle a finalement permis l’éclosion accélérée de Mouhamadou Sarr, impeccable pour sa première grande scène.

Avec cette victoire, le Sénégal confirme sa domination récente sur les Pharaons : cinq succès, quatre nuls et huit défaites au total, mais surtout un ascendant net depuis l’ère Sadio Mané.

« Je tiens vraiment à féliciter mes joueurs. Ils ont adhéré à ce projet. Ils ont respecté le jeu. Une mention spéciale aussi à notre monument Sadio Mané, qui nous a permis de débloquer la situation. »

Mané, encore et toujours décisif

Héros de la rencontre, Sadio Mané a une nouvelle fois répondu présent dans les grands rendez-vous.

« On sait que ça allait être un match compliqué, on connaissait bien cette équipe égyptienne. On a essayé de jouer avec maturité, en ne perdant pas les ballons au milieu de terrain (…) Je suis un attaquant, donc quand je marque un but pour mon équipe, je suis heureux pour l’équipe, et pour le peuple. »

Avec 2 buts et 3 passes décisives dans cette CAN, et désormais 11 buts et 8 passes décisives en 28 matchs disputés dans la compétition, Mané consolide un peu plus sa place parmi les légendes de la Coupe d’Afrique.

« J’ai eu un peu de chance aussi, il faut le reconnaître. C’est un ballon qui est venu de nulle part. Comme on le dit souvent, une finale ça se gagne. Personnellement je serai très heureux de jouer une dernière finale de Coupe d’Afrique. »

Une phrase lourde de sens, que son sélectionneur a tenu à nuancer. « La seule chose que je sache, c’est qu’on a besoin de lui, le Sénégal a besoin de lui. (…) Un monsieur comme Sadio Mané, on n’en trouve pas tout le temps. Il faut qu’on en profite. J’espère que ce ne sera pas sa dernière finale. »

Troisième finale sur les quatre dernières éditions : le Sénégal s’impose comme la référence africaine de la dernière décennie.

Hossam Hassan, la frustration égyptienne

Côté égyptien, l’élimination a laissé place à une frustration palpable. Hossam Hassan n’a pas vraiment cherché à reconnaître la supériorité adverse.

« Le Sénégal a bénéficié d’un jour de repos supplémentaire et est resté dans la même ville, tandis que nous avons été contraints de voyager depuis une autre ville, ce qui a affecté notre préparation pour le match. »

Avant de convoquer le glorieux passé des Pharaons. « L’Égypte n’a pas besoin d’excuses ni de justifications. Nous sommes les “Lions” d’Afrique, les héros. Le Sénégal a eu plus de chance. L’Égypte est une grande nation et personne n’égalera ses sept titres. »

Allant jusqu’à évoquer une forme d’acharnement. « Certaines personnes voulaient que l’équipe d’Égypte sorte dès les premiers tours (…) mais à la fin, nous allons travailler pour corriger la situation en préparation de la Coupe du Monde. »

À quelques mois du Mondial, l’Égypte devra surtout élever son niveau de jeu.

Le Maroc, au bout du suspense

Dans l’autre demi-finale, le Maroc a confirmé sa montée en puissance face à un Nigeria neutralisé, au terme d’un match longtemps verrouillé et conclu aux tirs au but.

« On est contents et fiers. Il n’y a pas de mots. On va profiter mais on n’a pas fini le travail », a confié Achraf Hakimi, auteur d’un match plein malgré un retour récent de blessure.« On savait que le Nigeria avait de grandes qualités mais l’équipe a été solide défensivement. On est resté concentrés tout le match. »

Osimhen et Lookman, pourtant Ballons d’or africains, n’ont jamais trouvé l’espace. Une victoire symbolique pour Walid Regragui, longtemps critiqué.

« Le groupe m’a vraiment protégé. (…) Au Maroc, la moindre défaite, c’est une catastrophe. On récolte l’âge d’or du foot marocain mais il ne faut pas oublier d’où on vient. »

Le Nigeria s’incline, lucide

Éric Chelle, annoncé en provocateur avant la rencontre, a reconnu la supériorité marocaine. « Nous avons manqué de beaucoup de choses : intensité, précision technique, mouvements. Le Maroc méritait cette victoire. »

Non qualifiés pour la Coupe du monde, les Super Eagles quittent la CAN avec l’espoir de construire sur la continuité.

Une finale au parfum d’évidence

Sénégal – Maroc, dimanche 18 janvier 2026. Deux équipes sûres de leurs forces, deux projets installés, deux nations en quête de confirmation ou de consécration. Cinquante ans après son dernier sacre, le Maroc est à une marche de l’histoire. Face à lui, un Sénégal qui refuse désormais de quitter les sommets. La CAN 2025 tient sa finale. Et elle promet.