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Donald Trump voudrait renverser le régime cubain d’ici la fin de l’année

Donald Trump voudrait renverser le régime cubain d’ici la fin de l’année

L’administration Trump intensifie sa pression sur Cuba, privée de son allié vénézuélien et confrontée à une crise économique sans précédent depuis 1991.

Après avoir enlevé le président vénézuélien Nicolas Maduro et menacé d’annexer le Groenland par la force, Donald Trump n’en a pas fini avec ses visées impérialistes. Cette fois, c’est à Cuba que le président américain souhaiterait agir. Selon des informations du Wall Street Journal, il souhaiterait renverser le régime d’ici la fin de l’année.

À l’instar de l’attaque sur Caracas, qui aurait été facilitée par des contacts au sein du gouvernement de Nicolas Maduro, l’administration Trump chercherait à nouer des liens avec des Cubains qui seraient « capables d’aider à conclure un accord visant à évincer le régime communiste », selon des sources proches du dossier citées par le quotidien.

Des menaces qu’avait déjà formulées Donald Trump, à la mi-janvier. En privé, il aurait assuré que le raid mené au Venezuela devrait servir « d’avertissement » à la Havane. « IL N’Y AURA PLUS DE PÉTROLE NI D’ARGENT POUR CUBA – ZÉRO ! Je leur recommande vivement de conclure un accord AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD », a-t-il également écrit sur Truth Social, le 11 janvier.

En voulant imposer sa vision sur Cuba, Donald Trump mettrait de nouveau en action ce qu’il a appelé la « doctrine Donroe », mise à jour de la doctrine Monroe (Donald Trump accole son prénom au patronyme de son prédécesseur). Le 2 décembre 1823, le président des États-Unis James Monroe proclamait devant le Congrès son opposition à toute intervention de puissances européennes sur le continent américain.

Une crise croissante à Cuba

Jusqu’ici, Cuba a toujours su résister aux pressions américaines, depuis l’invasion de la baie des Cochons soutenue par la CIA en 1961 et le début de l’embargo instauré en 1962, qui s’est depuis renforcé. Mais avec la chute de Nicolas Maduro, l’île a perdu un allié idéologique et voit donc se tarir l’artère énergétique qui, depuis vingt ans, la maintenait debout.

Jamais Cuba n’avait connu une crise si importante depuis 1991 et la chute de l’Union soviétique. Entre les pénuries alimentaires, les hôpitaux qui manquent de médicaments, les coupures d’électricité quasi quotidienne et un tourisme encore dans un marasme post-Covid, la situation est de plus en plus difficile.

L’administration Trump estime même que l’économie cubaine est proche de l’effondrement et que le gouvernement n’a jamais été aussi fragile. En coupant l’approvisionnement en pétrole, elle espère ainsi affaiblir encore un peu plus le régime.

Le Washington Post indique également que l’administration s’en prend « aux missions médicales cubaines à l’étranger, la principale source de devises fortes de La Havane, notamment en interdisant les visas aux responsables cubains et étrangers accusés de faciliter le programme ». Une autre manière de faire pression sur le régime.

Cuba devra désormais se tourner vers ses autres alliés : la Chine et la Russie. Pékin a déjà annoncé une enveloppe de 80 millions de dollars pour venir en aide à l’île, a indiqué la présidence cubaine. Moscou, de son côté, a envoyé son ministre de l’Intérieur, Vladimir Kolokoltsev, en visite, cette semaine, a révélé l’agence de presse russe Tass.

Selon l’entourage de Donald Trump, cité par le quotidien conservateur, le président républicain souhaiterait d’abord tenter la voie diplomatique, en essayant de conclure un accord avec le régime cubain.

Mais depuis des décennies, jamais le gouvernement cubain n’a été ouvert à la négociation. Une position qu’a confirmée le président Miguel Díaz‑Canel ces derniers jours. « Il n’y a ni reddition, ni capitulation possibles, ni aucune forme d’entente fondée sur la coercition ou l’intimidation », a-t-il déclaré.

Cuba prône la préparation militaire comme moyen de dissuasion face aux États-Unis

Au-delà des discours, le chef de l’État a montré sa détermination. Ce samedi, il a prôné la préparation militaire du pays comme un moyen de dissuasion face à une éventuelle agression des États-Unis, à l’occasion d’un exercice militaire dans une unité de chars des Forces armées révolutionnaires (FAR).

« La meilleure façon d’éviter une agression, c’est que l’impérialisme [les États-Unis, NDLR] soit contraint de calculer quel serait le prix à payer pour agresser notre pays », a-t-il assuré. « Et cela dépend beaucoup de notre préparation à ce type d’actions militaires. »

Le Conseil de défense nationale s’est également réuni, la semaine passée, afin « d’accroître et d’améliorer le niveau de préparation et de cohésion des organes de direction et du personnel », selon un communiqué officiel publié par les médias d’État. Cette réunion visait à analyser et d’approuver « les plans et les mesures de passage à l’état de guerre » en cas de conflit avec un autre pays, d’après le document, qui ne fournit pas davantage de détails.