Porte-avions nucléaire, escorte de contre-torpilleurs, capacités de frappe et d’interception : la puissance navale américaine se rapproche de plus en plus de l’Iran.
Attaque à venir, ou simple démonstration de force ? le porte-avions Abraham Lincoln et son escorte sont arrivés au Moyen-Orient, a annoncé lundi l’armée américaine, qui renforce ainsi sa présence dans la région à une période de fortes tensions avec l’Iran. Le groupe naval est « actuellement déployé au Moyen-Orient pour promouvoir la sécurité et la stabilité régionales », a déclaré sur X le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom). Ces navires de guerre américains avaient quitté la mer de Chine méridionale il y a quelques jours, pour se diriger vers le Moyen-Orient, et plus précisément en direction de l’Iran.
Sur Vessel Finder, outil de suivi des navires et des conteneurs, l’USS Abraham Lincoln, un porte-avions polyvalent américain à propulsion nucléaire, avait traversé le détroit de Malacca, en Malaisie, le dimanche 19 janvier, avant de passer au large de Singapour. Le porte-avions est escorté par des contre-torpilleurs (ou destroyers) USS Frank E. Petersen JR, USS Spruance et USS Michael Murphy.
La semaine dernière déjà, Donald Trump prévenait que ce déplacement était une possibilité. « Nous avons beaucoup de navires qui se dirigent dans cette direction, au cas où […] je préférerais que rien ne se passe, mais nous les surveillons de très près. » La flotte mise à contribution est très puissante. L’USS Abraham Lincoln, d’un déplacement de 880 000 tonnes et d’une longueur maximale de 332,8 mètres, est l’une des plateformes navales les plus puissantes au monde.
Les trois contre-torpilleurs qui l’accompagnent « partagent le même armement » selon Euronews. Le système à plus longue portée peut atteindre entre 240 et 463 kilomètres, selon les sources. Ils peuvent s’attaquer à des cibles de surface, des missiles de croisière ou des menaces aériennes.
« La rapidité du redéploiement, qui a interrompu les opérations prévues dans le Pacifique, suggère que les décideurs militaires font du renforcement des capacités de réaction au Moyen-Orient une priorité », est-il encore expliqué. En fin de semaine, la flotte avait désactivé son système de localisation.
Que va décider Donald Trump ?
Néanmoins, ce déploiement tiendrait, pour l’heure, plus de la démonstration de force que d’une prémisse à une attaque. Comme le rapporte le Wall Street Journal, si l’une des options envisagées est une frappe aérienne de grande envergure contre plusieurs cibles militaires iraniennes, « aucun consensus n’a été trouvé quant à la marche à suivre et aucun matériel ni personnel militaire n’a été déployé en vue d’une telle frappe ».
Au-delà d’une possible riposte militaire iranienne, les États-Unis ne veulent pas qu’une attaque contre l’Iran pousse les Iraniens à se rallier à leur gouvernement, par patriotisme.
En réponse, comme le rapporte le spécialiste américain Ryan Rozbiani, l’Iran aurait diffusé des images de drones montrant l’USS Abraham Lincoln, ainsi qu’une vidéo réalisée par intelligence artificielle les montrant attaquant le navire. « Toute tentative de déstabilisation de la région ne se limitera pas à l’Iran, mais aura des répercussions qui s’étendront également à d’autres régions » aurait également prévenu le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghtchi.
C’est la troisième fois en un peu plus d’un an qu’un groupe d’intervention déployé dans l’Indo-Pacifique reçoit l’ordre de se rediriger vers le Golfe. La seule question qui demeure, c’est ce qu’ordonnera désormais Donald Trump à cette flotte, lui qui a fait un surprenant volte-face sur l’Iran, il y a quelques jours.

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