INTERVIEW. La grand reporter du « Monde » raconte comment les géants de la tech ont conquis un pouvoir inédit, se sont rapprochés de Donald Trump et pèsent désormais sur les guerres, les élections et nos démocraties.
Ils sont reçus comme des chefs d’État, pèsent sur les guerres, les élections, l’information, nos vies quotidiennes. Dans Nos nouveaux maîtres (Albin Michel), enquête saisissante sur l’ascension des géants de la tech, Raphaëlle Bacqué, Damien Leloup et Alexandre Piquard racontent comment les grands patrons de la Silicon Valley, fondateurs et dirigeants de Google, Meta, Amazon, X, Palantir ou SpaceX, ont accumulé un pouvoir sans équivalent en l’espace de quelques années.
Sans que l’on en soit forcément conscient, ils détiennent désormais des réseaux de satellites, signent des contrats avec des armées, financent des responsables politiques qui servent leurs intérêts, se sont rangés derrière Donald Trump sans état d’âme et s’appuient sur lui pour faire sauter les freins, contourner les règles et affaiblir le rôle des États.
Pour Le Point, la grand reporter du Monde Raphaëlle Bacqué revient sur ce basculement silencieux, l’alignement croissant entre la Maison-Blanche et la Big Tech, leur fascination pour des visions parfois antidémocratiques et l’impuissance grandissante des pouvoirs publics.
Le Point : Vous avez passé des années à suivre présidents, ministres, grands patrons. À quel moment avez-vous eu le sentiment que le vrai centre de gravité se déplaçait vers la tech ?
Raphaëlle Bacqué : Depuis au moins cinq ans. On voit très clairement que les responsables politiques, et même les dirigeants traditionnels, ont perdu une partie de leur capacité d’action. À l’inverse, le pouvoir s’est déplacé vers d’autres acteurs, qui ont désormais une emprise sur un éventail incroyablement large : la défense, l’économie, la communication, l’information… et, au fond, la formation des opinions.
L’investiture de Donald Trump a été, en quelque sorte, le point d’orgue de ce mouvement. Le 20 janvier 2025, les patrons d’Amazon, de Google ou de Meta étaient là, en rangs serrés, autour du nouveau président des États-Unis, se ralliant au nouveau pouvoir pour mieux préserver le leur et l’expansion de leurs entreprises.
Qu’avez-vous ressenti en voyant ces images ?
C’était à la fois une scène archaïque, un fonctionnement de cour d’Ancien Régime, semblable aux descriptions de Saint-Simon sous Louis XIV. Mais avec des personnages indéniablement différents. D’abord parce que la matière sur laquelle ils ont bâti leur fortune est nouvelle : la tech. Mais aussi parce que cette nouvelle élite n’a pas les mêmes références que celles que nous connaissions jusqu’ici. Bien sûr, ils ont encore souvent fréquenté les grandes universités américaines.
Pour la première fois émerge une élite qui se projette dans un avenir parfois dystopique, sur d’autres planètes, d’autres réalités.
Mais ce sont d’abord des ingénieurs, nourris de culture « geek », de jeux vidéo et surtout de science-fiction. Les élites classiques, aux États-Unis ou en Europe, se sont souvent construites sur la maîtrise du droit, la connaissance de la littérature ou de l’Histoire. Pour la première fois émerge une élite qui se projette dans un avenir parfois dystopique, sur d’autres planètes, d’autres réalités, où l’humain se voit augmenté et peut-être dépassé par la machine.
Mieux, si l’on ose dire, cette élite est aujourd’hui d’une puissance inédite. Pas seulement parce que ses acteurs sont parmi les plus riches du monde, mais aussi parce qu’ils gèrent désormais une grande partie de nos vies et disposent d’une quantité vertigineuse de données sur chacun d’entre nous.
En tant que journaliste politique, qu’est-ce qui vous a le plus déstabilisée dans ce basculement ?
Le verrouillage de l’information. On connaît d’autres univers où il est difficile de pénétrer, bien sûr. Qui peut enquêter sur Vladimir Poutine ou Xi Jinping ? Mais nous sommes là face à un monde qui joue très largement sur le désir d’une expression sans limite et d’une exposition sans frein afin d’exploiter notamment les données de tous à des fins commerciales, tout en rechignant lui-même à la transparence.
Avez-vous malgré tout retrouvé des ressorts que vous connaissiez déjà en travaillant sur le pouvoir politique ou économique ?
Oui. Les mécanismes du pouvoir sont les mêmes. Ils traversent les époques et les milieux. C’est même très frappant. Enquêter avec Damien Leloup et Alexandre Piquard a été, en ce sens, vraiment stimulant. Mes deux confrères maîtrisent parfaitement les évolutions de la tech, je connais bien les ressorts profonds du pouvoir : nous étions très complémentaires. Or c’est cela qui frappe aujourd’hui. Nous n’assistons pas seulement à une nouvelle révolution industrielle, mais à un véritable changement d’acteurs parmi les puissants du monde.
Le retour de Trump semble accélérer l’alignement entre la Maison-Blanche et la Big Tech. Est-ce une rupture ou l’aboutissement d’une longue histoire ?
À première vue, c’est une rupture, mais quand on y regarde de plus près, nos seigneurs de la tech ont toujours été du côté du pouvoir. C’est vrai que, longtemps, la majorité d’entre eux ont professé une forme de progressisme. On avait oublié ce que les débuts de l’internet devaient aux investissements de la défense américaine pour ne conserver que l’image « cool » et idéaliste de ces jeunes ingénieurs en jean et tee-shirt bidouillant des ordinateurs dans leur garage.
Avec un sens aigu du marketing mais aussi une adéquation à l’héritage hippie des années 1970 et 1980, les patrons de la tech ont longtemps affirmé vouloir partager la connaissance et étendre la communication dans le monde, comme si la fraternité était leur motivation première.
Devenus très riches, parfois en moins de vingt ans, ils ont aussi très largement financé les démocrates qui, de Bill Clinton à Barack Obama, se sont appuyés sur eux. Seulement, les démocrates se sont complètement trompés en pensant que ces patrons seraient des soutiens fidèles ad vitam aeternam.
Vous revenez sur un épisode qu’on a un peu occulté : l’humiliation de Mark Zuckerberg lors de son audition en 2018 devant le Sénat américain, où il apparaît tétanisé, presque sidéré, notamment sur les questions de vie privée et de protection des données. Est-ce que cela a joué dans son basculement vers le camp républicain ?
Oui, cela a indéniablement joué. De hauts cadres de Meta, qui ne souhaitent pas apparaître nommément, nous l’ont clairement raconté. Impulsée par les démocrates, cette commission d’enquête sénatoriale s’est constituée après la victoire de Trump en 2016 et celle du Brexit au Royaume-Uni, alors que la société britannique Cambridge Analytica, qui a dérobé les données personnelles de millions d’Américains et de Britanniques, se vante d’avoir développé une technique de profilage psychologique des électeurs.
Et pour la première fois, face à ce soupçon largement exagéré de manipulation de l’opinion, Zuckerberg se retrouve pris de court, et bientôt terrifié à l’idée d’être mis en cause et de perdre peut-être son entreprise et son pouvoir.
On le voit comme un enfant sous les phares d’une voiture, alors qu’il est interrogé précisément sur la manière dont Facebook collecte, exploite et protège les données personnelles, sur les failles de confidentialité, sur sa responsabilité dans ces dérives et les défaillances des instruments de modération. Le voilà maladroit, incapable de se défendre, déstabilisé.
Le fait qu’il soit attaqué sur sa responsabilité morale, qui était précisément le registre dans lequel il s’était toujours drapé, l’a profondément ébranlé.
Vous racontez que Mark Zuckerberg a ensuite sillonné les États-Unis, et que cela a aussi profondément changé son regard…
Oui. Il a entrepris ensuite une tournée à travers le pays, à la fois pour « raccrocher » avec l’opinion et les utilisateurs de Facebook, montrer qu’il se préoccupait des gens. Et ce qui l’a frappé, c’est qu’il a découvert non seulement l’électorat trumpiste, mais plus largement ces catégories populaires qui sont, au fond, les véritables usagers de Facebook.
Et ceux-là se moquent bien des efforts de modération du réseau social. Mieux, ils n’en veulent pas, convaincus que les élites veulent les empêcher de s’exprimer. Rien n’est plus coûteux ni plus complexe, pour un réseau social, que de supprimer les messages de haine, racistes ou pornographiques. Pourquoi y consacrer tant d’énergie et d’argent si c’est pour se retrouver mis en cause par une commission sénatoriale ? Cette tournée a largement contribué à l’ébranler.
La plupart des patrons de la tech se sont ralliés à Trump par intérêt, et Zuckerberg incarne sans doute le basculement opportuniste le plus éclatant.
Ajoutez à cela les menaces répétées de Donald Trump, jurant de traîner en prison et de ruiner Zuckerberg, mais aussi Jeff Bezos, attaqué sur les positions de quasi-monopole d’Amazon dans certains secteurs, ajoutées à la promesse de déréguler le secteur, et vous avez là l’une des raisons de leur ralliement.
Hormis Peter Thiel, cofondateur de PayPal et de Palantir, soutien trumpiste de la première heure, Larry Ellison (Oracle) et quelques autres, la plupart des patrons de la tech ne sont pas des trumpistes de conviction. Mais ils se sont ralliés à Trump par intérêt, et Zuckerberg incarne sans doute le basculement opportuniste le plus éclatant.
Vous montrez que certains géants disposent aujourd’hui d’un pouvoir comparable à celui des États. Ils sont d’ailleurs souvent reçus comme des chefs d’État. Qu’est-ce qui a rendu ça possible ?
Ils ont grossi sans entrave. Y compris aux États-Unis. D’ailleurs, la rupture avec les démocrates vient aussi du fait que, sous Biden, ils ont commencé à parler de régulation. Ils n’en veulent pas. Et Trump est aujourd’hui leur bras armé pour combattre les tentatives de régulation européenne.
Aujourd’hui, ils sont plus puissants que bien des États. Pas seulement parce qu’ils pèsent des centaines de milliards, mais par la diversité du pouvoir de leurs entreprises : réseaux satellites, commerce, information, données et même dans des secteurs ressortissant jusque-là du pouvoir régalien, comme la défense par exemple.
Le Parti démocrate a-t-il perdu la Silicon Valley, ou est-ce la Silicon Valley qui a changé plus vite que le Parti démocrate ?
On ne peut qu’être frappé lorsqu’on se rend dans la Silicon Valley, comme je l’ai fait pour cette enquête, par l’extrême homogénéité de ce petit bout de Californie. C’est encore une terre majoritairement démocrate et un milieu très particulier.
Beaucoup d’ingénieurs, un nombre spectaculaire de millionnaires – il est très difficile de vivre là-bas sans les gros salaires de la tech –, mais il n’y a ni musée ni restaurant gastronomique à Palo Alto. Les personnels de service, les infirmiers, les soignants, les employés en général vivent à deux heures de route. La transhumance quotidienne, matin et soir, avec des embouteillages géants, est saisissante.
On voit toujours beaucoup d’endroits de petites pancartes en faveur de George Floyd, cet Afro-Américain dont la mort, à la suite de violences policières, avait déclenché des émeutes, mais aucun cadre des grandes boîtes de la tech n’oserait désormais tenir un discours politique critique, d’autant que tous ont signé des contrats de confidentialité à rallonge.
Les seigneurs de la tech ne sont plus seulement des entrepreneurs qui innovent. Ils exercent désormais un pouvoir politique sur des pans entiers de nos vies.
J’ai fait un grand nombre d’entretiens, dans la chambre de mon modeste − mais très cher − motel à Palo Alto, avec des cadres qui refusaient de me retrouver ne serait-ce que dans un Starbucks, de peur d’être vus en compagnie d’une journaliste. Ils étaient littéralement terrifiés.
Chez Meta, une sorte d’immense Facebook interne est depuis toujours réservé aux quelque 72 000 employés. Un compte, auquel presque tous sont abonnés, Mark Zuckerberg compris, est même traditionnellement consacré à charrier gentiment « Zuck ».
Le jour de son ralliement à Trump, personne n’a cependant osé le critiquer. Tout juste a-t-on posté la photo où, sous la coupole du Capitole, on voit Zuckerberg, en costume cravate, loucher sur le décolleté spectaculaire de l’épouse de Jeff Bezos, à ses côtés…
Avez-vous le sentiment que les responsables politiques et économiques ont trop longtemps sous-estimé ce qu’allait devenir Internet, un espace que l’on imaginait émancipateur, mais qui s’est transformé en machine de captation et de domination ?
Souvenez-vous comme, dans les journaux, nous avons nous-mêmes vécu ces moments de naïveté. Au début des années 2000, les Français qui revenaient de la Silicon Valley défendaient l’idée d’offrir l’intégralité de nos informations gratuitement sur Internet, en pensant se rémunérer par la publicité.
Ils répétaient le mantra de la tech des années 1980 sur le partage gratuit du savoir, sans voir que ce partage de contenus profitait bien plus aux géants comme Google qu’aux producteurs d’information.
Les yeux se sont donc dessillés sur cette divergence d’intérêts au tournant de 2010. Aujourd’hui, chacun mesure la révolution anthropologique qui va accompagner l’essor de l’intelligence artificielle. C’est une deuxième étape de prise de conscience, à la fois des progrès formidables qu’elle permet et des dangers immenses qu’elle charrie.
Est-ce que cela vous fait peur quand vous voyez que les modes de consommation basculent vers la vidéo, que le temps d’attention se raréfie, et que l’on peut désormais reproduire un article en empruntant votre style d’écriture ?
Ce qui me frappe, c’est l’absence de frein. C’est-à-dire qu’on peut aujourd’hui manipuler, réinventer la réalité, décupler la haine sans aucun garde-fou. Ce n’est pas le progrès en soi qui inquiète. L’innovation, l’IA peuvent nous faire faire des progrès extraordinaires, notamment dans la santé, dans des domaines tout à fait louables. Mais ce qui caractérise notre époque, c’est l’absence de limites, y compris quand la démocratie et même l’humanité peuvent être menacées.
Une partie de ces élites, on le voit avec Peter Thiel, le cofondateur de PayPal, ne soutient plus la démocratie. Elles défendent l’idée que liberté et démocratie ne sont pas forcément compatibles…
Exactement. Jusqu’ici, lorsque Peter Thiel tenait ce discours, il restait marginal. Il soutenait qu’il était préférable qu’un État soit administré par des « initiés » : des entrepreneurs, une petite aristocratie, en quelque sorte. Il allait jusqu’à soutenir que le vote des femmes n’était pas une bonne chose, ni d’ailleurs la démocratie tout court, sans que cela ne suscite le moindre scandale.
Aujourd’hui, il a acquis une importance inédite puisque son « poulain », J. D. Vance, est désormais vice-président des États-Unis. Sans que le grand public ne voie encore la contradiction entre un pouvoir trumpiste largement élu sur la rage du peuple « Maga » [« Make America great again », NDLR] et les intérêts de cette élite économique qui cherche avant tout à faire prospérer ses affaires.
C’est aussi pour cela que nous avons intitulé le livre Nos nouveaux maîtres. Les seigneurs de la tech ne sont plus seulement des entrepreneurs qui innovent. Ils exercent désormais un pouvoir politique sur des pans entiers de nos vies.
Cette contradiction peut-elle éclater ? Ou Trump est-il assez habile pour tenir ensemble ces deux blocs ?
Pour l’instant, elle n’éclate pas. Trump fait le show pour le peuple Maga, et en même temps il sert les intérêts de ces grands dirigeants de la tech. C’est la définition même du populisme. Il s’adapte au vent avec une flexibilité désarçonnante. Et il faut reconnaître qu’il y parvient très habilement.
La démocratie peut-elle survivre quand les infrastructures clés ne sont plus sous le contrôle des États ?
Des hommes et des régimes ont toujours cherché à manipuler l’opinion. Mais aujourd’hui, les capacités de manipulation sont devenues incroyablement sophistiquées, et très difficiles à démonter.
Le poids de ces plateformes dans la formation de l’opinion est immense. Ce n’est pas seulement Jeff Bezos qui rachète le Washington Post et réduit drastiquement sa rédaction, c’est surtout le rôle central des réseaux sociaux dans la fabrication, l’orientation et la transformation des opinions.
Elon Musk l’utilise très concrètement. En modifiant l’algorithme de X, il accentue la polarisation. Et ce n’est pas seulement à des fins politiques. On le voit aujourd’hui : il peut, sans respecter les limites de la loi française qui contraignent habituellement les éditeurs de presse, laisser prospérer des appels à la haine raciale, des images pornographiques ou permettre que Grok, l’assistant IA de son réseau X, devienne un outil de harcèlement, notamment des femmes, en déshabillant leur image.
Est-ce que vous pensiez, dans votre vie, assister à un tel retour en arrière ?
Lorsqu’on est européen, on a souvent peur du retour des totalitarismes. Nous avons tous été éduqués avec cette histoire qui a déchiré notre continent au siècle dernier. Mais là, nous percevons la possibilité nouvelle d’un basculement très rapide de nos démocraties, en partie lié à la sophistication technologique.
Et après Trump, que craignez-vous ? Peut-on encore imaginer qu’une transition démocratique soit encore possible ?
Il y a d’abord ce « deuxième niveau » de l’histoire Maga, incarné par J. D. Vance : une figure largement façonnée par les patrons de la tech – notamment Peter Thiel, mais pas seulement. Vance est un idéologue, presque un religieux, comme on en voit peu en France. À certains égards, il l’est même davantage que Trump. Et surtout, il est plus jeune, donc potentiellement installé pour longtemps.
On peut encore espérer dans la solidité historique de la démocratie américaine et de ses institutions. Mais tout dépendra aussi des Américains eux-mêmes. C’est là que le rôle des patrons de la tech est déterminant, puisqu’ils pèsent aujourd’hui si lourdement dans la fabrique de l’opinion.
Si vous étiez propulsée conseillère d’un gouvernement européen, que recommanderiez-vous en priorité face à ces « nouveaux maîtres » ?
L’Europe est face à un double défi. D’abord, elle n’est pas dans la course et dépend assez largement de la technologie américaine. Ensuite, elle est divisée, désordonnée. On aimerait des institutions plus fortes, une logique plus fédérale, ou au moins une capacité européenne à décider ensemble.
Il est vital de construire une autonomie industrielle et technologique européenne. Nous devons préserver notre liberté entre la puissance technologique de la Chine, qui est un État totalitaire, et celle des États-Unis, qui menacent de ne plus être nos alliés.
Sommes-nous entrés dans un âge post-westphalien, où les États ne seraient plus les acteurs centraux ?
Pour l’instant, on observe surtout un alignement clair entre un État – les États-Unis – et la tech américaine : une véritable convergence d’intérêts. On ne voit pas, aujourd’hui, d’acteurs qui se retournent contre leur État ; au contraire, ils s’en servent. C’est un « briquet » : chacun allume l’autre. Reste à savoir si, dans quelques années, ils auront encore besoin d’un président pour servir leurs intérêts, ou s’ils tenteront de s’en passer.
« Nos nouveaux maîtres », de Raphaëlle Bacqué, Damien Leloup et Alexandre Piquard (Albin Michel, 240 pages, 20,90 euros).

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