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Affaire Epstein : la transparence proclamée par Pam Bondi déjà contestée

Affaire Epstein : la transparence proclamée par Pam Bondi déjà contestée

La procureure générale affirme que l’intégralité des « Epstein Files » a été publiée. C’est faux, affirment des républicains frondeurs.

Mission accomplie ? La procureure générale Pam Bondi assure avoir livré l’intégralité des dossiers relatifs à Jeffrey Epstein. Des millions de pages, des listes de noms, des annexes, des catégories entières versées au domaine public : l’administration revendique la transparence absolue. Affaire classée ? Pas vraiment. Les critiques redoublent, et elles ne viennent pas seulement des démocrates.

Dans une lettre transmise au Congrès, Pam Bondi affirme que le département de la Justice a publié « tous les documents, dossiers, communications et éléments d’enquête » en sa possession, conformément à l’« Epstein Files Transparency Act », la loi adoptée l’an dernier pour imposer la divulgation des pièces accumulées sur le pédocriminel et son réseau.

Mais pour le représentant républicain Thomas Massie, coauteur du texte avec le démocrate Ro Khanna, la version officielle ne tient pas. Selon lui, le ministère invoque le « privilège du processus délibératif » pour retenir des éléments clés : notes internes, courriels, arbitrages sur les poursuites. En bref, le cœur des décisions.

Le « privilège du processus délibératif »

« Ils invoquent le “privilège du processus délibératif” pour ne pas publier certains documents. Le problème, c’est que le texte que Ro Khanna et moi avons rédigé stipule qu’ils doivent publier les mémos internes, les notes et les courriels relatifs à leurs décisions de poursuivre ou non, d’enquêter ou non », a déclaré le député républicain sur ABC.

L’enjeu est politique autant que judiciaire : comprendre pourquoi certaines figures mentionnées dans les dossiers n’ont jamais été inquiétées. « Nous pourrions alors comprendre pourquoi ils n’ont pas poursuivi Leslie Wexner. Quelle a été la logique décisionnelle ? », a-t-il ajouté.

Le nom de Leslie Wexner, milliardaire et ancien client d’Epstein, apparaît à plusieurs reprises dans les documents. Longtemps dissimulé parmi les « hommes riches et puissants », il figure dans un document du FBI de 2019 listant des « co-conspirateurs » potentiels, aux côtés de Ghislaine Maxwell, condamnée à vingt ans de prison pour trafic sexuel de mineures. Wexner affirme avoir rompu avec Epstein après la découverte d’abus financiers et n’avoir jamais été considéré comme une cible. Mais les documents publiés n’expliquent pas l’absence de poursuites.

Thomas Massie est un « politicien raté »

La tension a culminé lors de l’audition de Bondi devant la commission judiciaire de la Chambre. Plutôt que de détailler les choix passés, la ministre a opté pour l’affrontement. À Thomas Massie, elle a lancé qu’il était un « politicien raté » atteint du « syndrome de dérangement anti-Trump ».

Dans la salle, des victimes d’Epstein assistaient aux échanges. Interpellée par la représentante démocrate Pramila Jayapal, qui lui demandait de se tourner vers elles et de présenter des excuses, la ministre a refusé. Plusieurs survivantes ont levé la main pour indiquer qu’elles n’avaient jamais été reçues par le département de la Justice.

Sur X, la représentante républicaine Nancy Mace a écrit dimanche 15 février : « Malgré la note publiée hier soir par le ministère de la Justice, tous les dossiers Epstein n’ont pas été rendus publics. Et les excuses avancées pour ne pas tout divulguer ne résisteront pas devant un tribunal. Cela ne s’arrêtera pas tant que des gens n’iront pas en prison. »