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Markwayne Mullin, le « guerrier MAGA » que Donald Trump veut mettre à la tête de la Sécurité intérieure

Markwayne Mullin, le « guerrier MAGA » que Donald Trump veut mettre à la tête de la Sécurité intérieure

PORTRAIT. Nommé par le président des États-Unis pour succéder à Kristi Noem, le très conservateur Markwayne Mullin, sénateur depuis 2023, est un ancien combattant de MMA. Il attend encore l’aval du Sénat.

Il sera « un spectaculaire ministre du Département de la Sécurité intérieure » d’après Donald Trump. Juste après avoir limogé Kristi Noem du DHS, le président des États-Unis a annoncé la nomination du sénateur républicain de l’Oklahoma Markwayne Mullin pour lui succéder. Le locataire de la Maison Blanche l’a assuré : « Il va travailler inlassablement pour maintenir la sécurité de nos frontières » et arrêter « les criminels qui entrent illégalement » sur le territoire.

Ces superlatifs, dont Donald Trump est coutumier lorsqu’il évoque ses proches, disent beaucoup de la relation entre les deux hommes. Mais avant de voir son allié conservateur accéder à ce poste clé, le chef d’État doit attendre la confirmation du Sénat… Celle-ci pourrait se heurter aux critiques croissantes visant l’ICE après les morts de Renee Good et d’Alex Pretti à Minneapolis, mais aussi au refus des sénateurs démocrates de voter le financement du DHS si des mesures de restriction des agents de l’ICE ne sont pas mises en place.

Markwayne Mullin a d’ores et déjà balayé ces critiques d’un revers de main : « L’obstruction à l’action des forces de l’ordre fédérales est un crime. La plupart des Américains obéissent aux instructions de l’ICE sans hésiter », a-t-il écrit sur ses réseaux sociaux après la mort d’Alex Pretti, tué par des agents fédéraux à Minneapolis. Ce membre de la tribu Cherokee a aussi assuré que « ces patriotes accomplissent un travail difficile » et font face à des menaces de mort, et qu’ils n’étaient pas « des méchants de Disney ».

Un ardent défenseur de Donald Trump

Ce fervent conservateur est notamment à l’origine d’un projet de loi visant à interdire la participation d’athlètes transgenres aux compétitions féminines. Positionné sur la ligne la plus dure du camp MAGA, il est fermement contre l’avortement, sans exception – même en cas de viol, d’inceste ou de danger pour la vie de la mère.

Proche allié de Donald Trump, il n’hésite pas à le défendre même lors de ses élucubrations sur les supposés truquages de l’élection de 2020. Il multiplie les apparitions médiatiques pour défendre le milliardaire républicain.

L’homme, qui avait abandonné ses études pour reprendre l’entreprise de plomberie familiale lorsque son père est tombé malade, et qui a depuis fondé plusieurs sociétés, a fait l’objet d’une enquête à la Chambre sur des arrangements financiers, au terme de laquelle il a été sommé de rendre « 40 000 dollars versés par erreur » à son entreprise familiale, Mullin West, suite à un examen concluant que le versement de cette somme était non conforme à la loi.

Un combattant de MMA qui a failli en venir aux mains au Sénat

Père de cinq enfants, dont deux filles adoptées, élu à la Chambre des représentants pendant dix ans jusqu’en 2023, il a été présenté comme un « guerrier MAGA » par Donald Trump sur son réseau social Truth Social. Connu pour son tempérament explosif, ce combattant de MMA – sport apprécié du président – s’est déjà illustré au Sénat. En novembre 2023, il a failli en venir aux mains avec Sean O’Brien, à la tête du puissant syndicat des Teamsters.

Le premier avait insulté le second sur ses réseaux sociaux, en le traitant de « cow-boy ». En pleine audition au Sénat, le républicain avait alors intimé à Sean O’Brien : « This is the time, this is the place » (« C’est le moment et l’endroit ») et l’avait invité à se battre immédiatement. Le président de la commission Bernie Sanders avait alors interrompu la scène en frappant du marteau et en ordonnant à Mullin de se rasseoir, rappelant : « Vous êtes un sénateur des États-Unis ! » Le républicain, qui possède par ailleurs un ranch, une compagnie de transport, et un restaurant, n’en était finalement pas venu aux mains.

En 2025, il a aussi assuré dans une vidéo : « On peut dire beaucoup de choses sur les journalistes et les articles qu’ils écrivent, mais je parie qu’ils écriraient beaucoup moins de fausses informations, ou, comme les appelle le président Trump, de “fake news”, si nous pouvions encore gérer nos différends de cette manière »… Il faisait référence au meurtre, en 1980, de l’ex-membre du Congrès du Kentucky William Taulbee par Charles Kincaid, un journaliste. Face au tollé déclenché par ses propos, le républicain avait, ensuite, minimisé ses propos et plaidé à la plaisanterie.