L’USS Gérald R. Ford, qui participe à l’opération Epic Fury contre l’Iran, fait route vers la Crète pour y effectuer des réparations.
Mais que se passe-t-il à bord de l’USS Gérald R. Ford ? Le plus grand porte-avions du monde, achevé en 2017, fait route vers la baie de Souda, en Crète. Une escale non prévue pour ce géant des mers de 337 mètres de long et de 112 000 tonnes, qui doit effectuer des réparations. Engagé en mer Rouge dans l’opération Epic Fury lancée le 28 février par les États-Unis contre l’Iran, le porte-avions n’a pourtant pas été la victime de drones ou de missiles.
Le 12 mars, le compte X de la Cinquième flotte américaine, chargée des actions navales au Moyen-Orient, indique qu’« un incendie s’est déclaré dans la buanderie principale du porte-avions USS Gerald R. Ford (CVN 78). L’incendie, qui n’est pas lié aux combats, est désormais maîtrisé. L’appareil propulsif du navire n’a subi aucun dommage et le porte-avions demeure pleinement opérationnel. »
Deux marins ont été blessés mais sans gravité. En réalité, selon le forum de l’United States Naval Institute (USNI News), 200 marins, sur un équipage total de 4 000 personnes, ont été traités pour des inhalations de fumées.
Outre la buanderie, plus d’une centaine de matelas ont été détruits dans l’incendie. Toujours selon USNI News, 1 000 matelas ont été retirés du futur USS John F. Kennedy (CVN 79), deuxième porte-avions de la classe Ford qui doit entrer en service en 2027 dans la marine américaine. « La Marine a également collecté près de 2 000 survêtements et autres vêtements à distribuer à l’équipage, car de nombreux marins ne peuvent pas laver leur linge, la plupart des blanchisseries étant hors service », ajoute l’USNI News.
Toilettes bouchées
L’USS Gérald R. Ford connaît également des problèmes à répétition de toilettes bouchées et hors d’usage. Un incident déjà souligné en 2020 dans un rapport du Government Accountability Office (GAO), l’organisme chargé du contrôle des dépenses publiques américaines.
Le système d’évacuation des eaux usées est similaire à celui que l’on retrouve dans les avions commerciaux, dimensionnée pour 4 000 marins. « Afin de remédier aux colmatages fréquents et inattendus du système, la Marine a déterminé qu’il est nécessaire de procéder régulièrement à un nettoyage à l’acide du système d’égouts des CVN 77 (USS George H. W. Bush) et 78 (USS Gérald R. Ford), une opération de maintenance non planifiée pour toute la durée de vie du navire. » De fréquents nettoyages à acide, coûtant chacun 400 000 dollars, sont donc prévus.
Toilettes inutilisables, impossibilité de laver les vêtements, absence de lits pour plusieurs centaines de marins… Autant d’éléments qui ont donc conduit le porte-avions et son groupe aéronaval à se diriger vers la Crète, sans qu’il n’ait été atteint par un seul missile iranien.
Cela fait dix mois que le porte-avions et son équipage sont engagés dans diverses opérations militaires et déploiements. Ils ont notamment participé à l’opération Absolute Resolve qui a abouti à la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026. Le porte-avions était arrivé en mer des Caraïbes dès octobre 2025 et avait participé à la campagne de frappe visant de potentiels navires transportant de la drogue vers les États-Unis.
Absence de taille
Le départ de l’USS Gérald R. Ford de la zone d’opération sonne aussi celui des 75 chasseurs F/A-18 Super Hornet qu’il transporte, limitant d’un coup les capacités de frappes américaines sur l’Iran et de défense des pays alliés de la région contre les drones Shahed.
Une absence qui serait compensée par le groupe aéronaval du porte-avions USS George H. W. Bush. Un Amphibious Ready Group (ARG) composé du porte-hélicoptères d’assaut amphibie USS Tripoli et de deux navires de transport amphibie a franchi le détroit de Singapour le 18 mars, direction le Moyen-Orient.
À quai à l’arrêt et donc plus vulnérable, l’USS Gérald R. Ford serait théoriquement à portée de certains missiles balistiques iraniens, Sejil, Ghadr ou Kheibar, qui ont plus de 2 000 km de portée. Le porte-avions sera couvert par les destroyers qui composent son groupe aéronaval, disposant du système de défense AEGIS. Cible symbolique, le frapper impliquerait de viser la Grèce, soit un membre de l’Union européenne et de l’Otan comme lors des frappes iraniennes visant l’île de Chypre début mars.

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