L’Afrique n’attend plus les investisseurs. Ce sont les investisseurs qui se battent pour y entrer.
Selon le rapport Africa’s Climatetech Capital Inflection Point publié en mars 2026 par TechCabal Insights, les startups africaines spécialisées dans la technologie climatique ont levé 1,18 milliard de dollars en 2025. C’est un record historique. C’est aussi une hausse de 57 % en un an.
Le marché a changé de nature. Il ne s’agit plus de promettre. Il s’agit de livrer.
Moins de deals, mais des chèques beaucoup plus gros
Le nombre de transactions a baissé pour la troisième année de suite. Seulement 151 deals ont été conclus en 2025. Pourtant, l’argent n’a jamais été aussi abondant.
Pourquoi ? Parce que les investisseurs misent désormais sur des entreprises qui ont déjà fait leurs preuves. Les petits tickets disparaissent. Les gros rounds dominent. C’est le signe d’un marché adulte, pas d’un marché en difficulté.
La dette a remplacé les fonds propres
C’est le changement le plus important que documente le rapport. En 2025, plus de la moitié du financement total — 54 % — est venue sous forme de dette. En 2022, cette part n’était que de 30 %.
Les entreprises les plus financées du continent, comme Sun King (957 millions cumulés) ou M-KOPA (408 millions), sont des acteurs établis avec des revenus stables. Pour elles, emprunter coûte moins cher que de céder des parts. C’est une logique d’entreprise mature, pas de startup en démarrage.
L’énergie capte tout, le reste attend
Le secteur énergie et eau a absorbé 76 % du financement total en 2025. Tout le reste — agriculture, déchets, santé climatique — se partage les miettes.
C’est un problème. L’agriculture africaine de subsistance et la gestion des déchets sont en première ligne face au changement climatique. Mais les capitaux ne suivent pas encore. Le rapport identifie cet écart comme une opportunité majeure pour les décideurs publics et les bailleurs de fonds.
L’Afrique de l’Ouest, le grand absent
Depuis 2019, l’Afrique de l’Est a capté 62 % de tous les financements climatetech du continent. L’Afrique de l’Ouest, malgré le poids du Nigeria, du Ghana et du Sénégal, n’en représente que 20 %.
Ce n’est pas un manque de potentiel. C’est un manque d’histoire de déploiement. Les fondamentaux sont là. Les investisseurs commencent à le voir.
2026 démarre sur les chapeaux de roue
En seulement janvier et février 2026, le marché a déjà levé 201 millions de dollars en 12 transactions. Le ticket moyen dépasse désormais 16 millions de dollars par deal. Si ce rythme se maintient, 2026 battra le record de 2025.
Le message du rapport est simple : l’Afrique de la climatetech est entrée dans une nouvelle ère. Le capital est là, les modèles économiques ont fait leurs preuves, et les grandes manœuvres ont commencé. La vraie question, pour les investisseurs comme pour les gouvernements, est de savoir s’ils sont prêts à suivre le rythme.

Partager :