Leur startup Asendia AI vient d’être admise dans la promotion Summer 2026 de Y Combinator. Rihab devient ainsi la première fondatrice tunisienne à rejoindre l’accélérateur mythique de la Silicon Valley.
Ils ont grandi en Tunisie, étudié et travaillé en Allemagne, avant de s’installer à San Francisco pour bâtir leur entreprise. Aujourd’hui, Rihab Lajmi et Badis Zormati franchissent une étape décisive : leur startup, Asendia AI, a été sélectionnée pour intégrer la promotion Summer 2026 de Y Combinator, l’un des accélérateurs les plus influents au monde, à l’origine de géants comme Airbnb, Stripe ou Dropbox. Une reconnaissance qui s’accompagne d’un record historique : Rihab Lajmi est la première femme fondatrice tunisienne à avoir jamais décroché une place dans ce programme d’élite.
Une ingénieure aguerrie par Microsoft et Google
Avant de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale, Lajmi a forgé son expertise au sein de deux géants de la technologie mondiale. Après plusieurs années chez Microsoft, elle rejoint Google, où elle se spécialise dans le cloud computing et les infrastructures à grande échelle. C’est là, au cœur de l’innovation technologique, qu’elle prend conscience d’un paradoxe frappant.
« J’ai vu la technologie transformer des industries entières à une vitesse vertigineuse », confie-t-elle et d’ajouter « Mais le recrutement, lui, n’avait quasiment pas bougé. Les recruteurs passaient encore des heures à trier des CV à la main, à enchaîner les entretiens répétitifs, à jongler entre des outils fragmentés qui ne se parlaient pas. Ce décalage m’a frappée».
Son associé et époux, Badis Zormati , apporte une complémentarité précieuse à ce constat : spécialisé en systèmes d’intelligence artificielle, il partage cette conviction que la technologie peut — et doit — transformer radicalement la façon dont les organisations trouvent leurs talents.
Asendia IA
Fondée officiellement fin 2024, Asendia AI développe des agents d’intelligence artificielle sur mesure capables d’automatiser les étapes les plus chronophages du processus de recrutement : sourcing de candidats, analyse des profils, présélection intelligente. Le résultat affiché est ambitieux — et vérifiable : les entreprises clientes recrutent jusqu’à dix fois plus vite, tout en accédant à des profils qu’elles n’auraient pas nécessairement détectés via les méthodes traditionnelles.
La startup ne part pas de zéro. Elle est déjà financée et compte une dizaine de clients significatifs, principalement sur le marché américain et en Amérique latine — une traction que le passage par Y Combinator devrait considérablement amplifier. « Y Combinator, c’est avant tout un réseau », explique Rihab Lajmi . « L’accès aux fondateurs et aux investisseurs les plus influents de la Silicon Valley, c’est ce qui va nous permettre d’accélérer vraiment notre développement et de préparer notre prochain tour de financement dans les meilleures conditions. »
Un parcours de Tunis à San Francisco, via Berlin
Leur trajectoire est celle de deux ingénieurs qui n’ont jamais cessé de se remettre en question. Partis de Tunisie pour poursuivre leurs études et leur carrière en Allemagne, ils travaillent plusieurs années dans des entreprises technologiques germaniques avant de prendre une décision radicale : tout quitter pour créer leur propre startup. Ils s’installent à San Francisco, lèvent un premier tour de financement auprès d’investisseurs européens, puis plongent dans le vif du sujet.
C’est précisément leur expérience antérieure dans le domaine des ressources humaines — tous deux avaient déjà été impliqués dans des processus de recrutement — qui les a convaincus de cibler ce secteur. « On savait exactement ce qui ne fonctionnait pas », résume Lajmi . « On n’avait pas besoin de valider le problème. On l’avait vécu de l’intérieur».

Partager :