L’aéroport de Tunis-Carthage restera à sa place. Et il va presque quadrupler sa capacité d’accueil.
Le ministère du Transport n’a pas publié de communiqué officiel sur le sujet. Selon la TAP, la décision a été confirmée en réponse à une question parlementaire du député Helmi Bou Sema à l’Assemblée des représentants du peuple.
C’est tranché. Le projet de construire un tout nouvel aéroport est abandonné. L’extension de Tunis-Carthage est retenue comme la solution pour les prochaines décennies.
Un chantier à 3 milliards de dinars
L’ambition est claire: passer de 5 à 18,5 millions de passagers par an d’ici 2031. L’aéroport pourrait rester en service bien au-delà de 2050.
Le projet est inscrit au budget de l’OACA pour 2026. L’enveloppe estimée est de 3 milliards de dinars tunisiens.
Concrètement, voici ce qui est prévu: une nouvelle salle d’embarquement de 11 millions de passagers, la rénovation et l’agrandissement de la salle actuelle pour atteindre 7 millions, une nouvelle tour de contrôle, un bâtiment technique, une unité anti-incendie, une centrale électrique et une station de pompage.
Le ministère envisage aussi de récupérer l’aéroport Enfidha-Hammamet à l’expiration de sa concession en 2047. Et de le relier à Tunis-Carthage par un train rapide.
Et les habitants autour de l’aéroport?
La question mérite d’être posée clairement.
Tripler la capacité d’un aéroport, c’est aussi tripler le nombre de vols. Pour les personnes qui vivent à proximité, cela veut dire plus de bruit — aux heures matinales, la nuit, toute l’année. Certaines familles subissent déjà des nuisances sonores quotidiennes importantes.
Aucun document officiel ne précise, pour l’heure, si le projet prévoit des mesures concrètes pour les protéger. Isolation des habitations, restrictions d’horaires de vols, mécanismes d’indemnisation — rien n’est encore mentionné. C’est une lacune que les autorités devront combler avant le lancement des travaux.
Sur le plan économique, le tableau est différent. Un aéroport plus grand, c’est plus d’emplois dans les métiers de l’aviation. Mais aussi plus d’activité pour les commerces, les hôtels, les transports et les entreprises de la région. L’extension représente une opportunité réelle, à condition qu’elle soit pensée pour tout le monde.

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