L’intelligence artificielle (IA), et plus particulièrement l’IA générative, n’est plus une simple tendance technologique. Elle devient un levier stratégique pour les entreprises et les décideurs. Ses applications se multiplient dans de nombreux secteurs, mais son adoption reste progressive, conditionnée à une compréhension fine des enjeux opérationnels, humains et éthiques.
C’est dans ce contexte que le CJD Tunis Horizon a organisé l’événement « IA pour l’assurance: De l’IA générative à la transformation d’entreprise », réunissant plus de 300 participants autour d’échanges concrets sur l’impact de l’IA dans le secteur de l’assurance. Experts et dirigeants, dont Firas Ben Hassen (Allianz), Chouaieb Nemri (Google), Razi Miliani (Cogepha) et Skander Naija (EY), ont exploré trois axes principaux: la création de valeur, la gouvernance et l’intégration à grande échelle des solutions IA.
L’IA, moteur de transformation métier
Le secteur de l’assurance est particulièrement concerné par l’IA en raison de la richesse des données générées au quotidien et de la complexité de ses processus, notamment dans la gestion des sinistres. Nouha Younes, présidente fondatrice du CJD Tunis Horizon et Ceo de Prev-ex Africa, rappelle: “Au lieu de se concentrer uniquement sur l’efficacité ou l’optimisation (excellence opérationnelle), l’IA permet de créer une singularité métier. Et ce, en multipliant par 100 l’efficacité du travail humain et en réalisant des tâches à grande échelle.”
Les technologies actuelles permettent d’automatiser les tâches répétitives, d’analyser rapidement de vastes volumes de données et de pré-remplir, classer ou prioriser les dossiers, tout en réduisant les erreurs et les délais de traitement. Et d’enchaîner: concrètement, le rôle de l’expert évolue. Il se concentre désormais sur l’analyse, la prise de décision et le contrôle, et sa valeur ajoutée réside dans le jugement humain plutôt que dans la quantité de tâches accomplies.
L’IA ouvre également la voie à des applications concrètes comme la personnalisation des services, l’optimisation des processus et la compréhension fine des besoins clients grâce à l’analyse de données comportementales et historiques. “Ces innovations n’excluent pas l’humain, qui reste indispensable pour valider les décisions et contrôler les résultats“, insiste Nouha Younes.
Une adoption progressive et encadrée
L’événement sur l’IA s’inscrit dans un effort plus large du CJD Tunis Horizon, qui depuis plus de deux ans explore les opportunités et impacts de l’IA dans différents secteurs. L’objectif est de préparer les professionnels à intégrer ces technologies de manière consciente et structurée, tout en sensibilisant aux changements liés aux métiers et aux processus internes. Fidèle à son ADN, “se distinguer et toujours chercher l’innovation“, le réseau place la jeunesse au cœur de ses actions. Les jeunes ne sont pas seulement l’avenir, ils sont les acteurs présents de l’écosystème entrepreneurial tunisien.
Innovation et durabilité: l’exemple de l’eau
Parmi les initiatives phares de 2025, le CJD Tunis Horizon a organisé “No Water No Us“, le premier talk africain sur la gestion durable de l’eau, en collaboration avec une ONG. Quatre étudiants, choisis par ONG, ont même entrepris un tour du monde à vélo sur 17 mois pour promouvoir l’accès à l’eau potable et soutenir l’installation d’équipements de traitement dans des zones défavorisées. Parti de Nouvelle-Zélande, le projet a impliqué des partenariats avec les gouvernements locaux de chaque pays traversé. Cette initiative souligne une réalité locale! “La Tunisie fait partie des pays les plus exposés à la sécheresse dans les cinq prochaines années, rendant la sensibilisation et l’action sur l’eau essentielles“, déclare-t-elle.
En effet, le CJD a également co-organisé le hackathon AI 4 the Blue Horizons avec l’Université Ibn Khaldoun, mobilisant étudiants et jeunes talents autour de projets d’IA appliquée à la durabilité. Objectif? Démontrer que technologie et responsabilité environnementale peuvent aller de pair.
Diplomatie et leadership international
2025 a aussi été marquée par l’internationalisation des actions du réseau. Le premier dialogue entre les jeunes dirigeants tunisiens et le Tunisia Young Leaders Dialogue (TYLD) s’est tenu à l’Ambassade de Tunisie à New Delhi. Cette rencontre a permis de créer des liens avec les jeunes leaders indiens, d’échanger sur l’entrepreneuriat et l’innovation, et de mobiliser le ministère tunisien de l’Industrie dans un cadre de coopération bilatérale.
Sur le plan interne, le CJD prépare sa transition de leadership. “Ahmed Cherif prendra officiellement la présidence du réseau à partir de juillet 2026“, confesse la présidente. Pour 2026, le CJD Tunis Horizon se projette sur plusieurs axes: renforcer le lien avec les étudiants, étendre l’usage de l’IA à d’autres secteurs stratégiques (santé, énergie, logistique, agriculture…), poursuivre la sensibilisation autour de l’eau, mettre en place des programmes de formation pour ses membres et organiser de nouvelles missions diplomatiques.
L’année 2026 s’annonce ainsi comme une étape de consolidation, transmission et élargissement de l’impact, avec une ambition claire : entreprendre autrement, agir collectivement et construire des projets à fort impact social et environnemental.

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