Incontestablement, le projet national de la facture électronique, baptisé ElFatoora, s’impose comme le grand chantier structurant de cette année pour les entreprises tunisiennes. Porté par la loi de finances 2026, ce vaste projet de modernisation vise à digitaliser les transactions commerciales et à renforcer la transparence.
Pourtant, lors de son entrée en vigueur, le débat s’est intensifié dans les sphères professionnelles et politiques, certains acteurs s’interrogeant sur la maturité du système et l’état de préparation des entreprises. Ce climat de réflexion a même conduit à l’élaboration d’un projet de loi visant à reporter l’échéance, signe que si l’objectif est partagé, le calendrier initial suscite des interrogations.
Malgré ces discussions, le processus suit son cours. Depuis hier, 15 février 2026, une étape clé a été franchie avec l’ouverture de la plateforme d’adhésion en ligne. Désormais, les entreprises concernées peuvent officiellement s’inscrire à distance et sans avoir besoin de se déplacer en se rendant sur le lien:
La procédure a été pensée pour être simple et entièrement dématérialisée. Une fois l’adhésion en ligne complétée, un récépissé électronique, comportant une référence unique, est immédiatement mis à la disposition de l’entreprise dans son espace client. Ce document officiel constitue la preuve de l’enregistrement et permettra de suivre l’avancement du dossier et de montrer son engagement dans le processus. Ce lancement marque donc le passage à la phase opérationnelle de la facturation électronique, indépendamment des débats parlementaires en cours.
Les entreprises sont bien dans une zone d’ombre. Est-ce qu’elles doivent adhérer dès maintenant ou attendre et profiter du report? Les autorités ont annoncé une approche d’atterrissage en douceur, notamment pour les petites structures. Il y a une certaine souplesse dans l’application des contrôles et des pénalités pour laisser le temps aux entreprises de se mettre en conformité.
Le processus est long et comporte notamment l’adaptation de son système d’information et l’obtention d’un certificat de signature électronique. En commençant les démarches dès maintenant, une entreprise se donne du temps pour maîtriser le dispositif sans stress. En l’absence d’une inscription, un opérateur économique s’expose, à terme, au risque que ses factures soient considérées comme non valides fiscalement, avec les conséquences que cela implique en cas de contrôle. Il vaut mieux donc se lancer dès aujourd’hui dans cette procédure.

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