Les compagnies d’assurance maritimes s’apprêtent à annuler ou à renégocier les tarifs des contrats couvrant les navires opérant au Moyen-Orient à la suite des frappes américaines et israéliennes contre des cibles en Iran. Les assureurs réévaluent leurs expositions dans ce qui est désormais largement considéré comme une zone de guerre, les primes additionnelles pour certains voyages devant significativement augmenter.
Pour leur part, les armateurs évaluent s’ils doivent dérouter leurs navires pour éviter le détroit d’Ormuz afin de réduire les risques pour les équipages et la cargaison, même s’ils sont confrontés à des coûts croissants et à des retards sur des routes commerciales mondiales déjà sous tension. Environ 20% de l’approvisionnement mondial en pétrole transite par le détroit d’Ormuz, ainsi qu’une part significative des exportations mondiales de gaz naturel liquéfié (GNL). Toute perturbation durable du trafic dans cette voie navigable aurait des implications directes sur les marchés de l’énergie, l’assurance et la réassurance maritimes, et les chaînes d’approvisionnement au sens large.
Les augmentations de taux à court terme pour l’assurance Corps de navire (Coque) dans le Golfe pourraient aller de 25 à 50%, même en l’absence d’une attaque directe contre la marine marchande. Cela aurait des répercussions majeures sur les taux d’assurance de guerre.
Les risques de guerre sont généralement exclus des polices Coque standard, ce qui fait que les armateurs doivent acheter une couverture séparée pour les risques de guerre et les grèves/terrorisme. Face à la hausse des taux et à l’augmentation du risque opérationnel, certains armateurs envisagent désormais des routes alternatives plus longues pour éviter le détroit d’Ormuz, bien que le contournement du Golfe ajoute des jours ou des semaines aux voyages et puisse ne pas être commercialement viable pour tous les types de commerce.
Ces derniers développements militaires surviennent alors que les principales compagnies maritimes avaient déjà dérouté leurs navires loin de la mer Rouge et du canal de Suez en raison d’incidents de sécurité antérieurs, empruntant à la place la route du cap de Bonne-Espérance. Ce détour a augmenté les temps de trajet, la consommation de carburant et les coûts d’affrètement, et a déjà resserré l’offre effective de navires.

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