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Investissements en Tunisie : L’objectif record de 4 milliards de dinars confirmé pour 2026

Investissements en Tunisie : L’objectif record de 4 milliards de dinars confirmé pour 2026 - Challenges TN

L’instabilité croissante au Moyen-Orient et les tensions persistantes entre les grandes puissances forcent les investisseurs internationaux à redessiner la carte de leurs actifs. Dans ce contexte, la Tunisie émerge comme une alternative de stabilité et de proximité. Selon Jalel Tebib, Directeur général de la FIPA (Agence de promotion de l’investissement extérieur), le pays se positionne désormais comme un véritable « refuge » pour les capitaux étrangers, particulièrement pour ceux ciblant le marché européen.

Cette attractivité ne repose plus uniquement sur des coûts compétitifs, mais sur la nécessité de « nearshoring » : rapprocher la production du consommateur final. Des flux en provenance d’Asie du Sud-Est et d’Europe de l’Est manifestent un intérêt croissant pour le site tunisien, y voyant un levier pour sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement face aux aléas logistiques mondiaux.

Cap sur 4 milliards de dinars : Des indicateurs au vert pour 2026

Les chiffres confirment cette dynamique de relance. Après avoir franchi la barre des 3,5 milliards de dinars fin 2025, les autorités tunisiennes affichent une ambition claire : atteindre 4 milliards de dinars d’IDE en 2026.

Cette croissance est portée par une diversification des partenaires. Si le trio historique — France, Allemagne, Italie — maintient son leadership, de nouveaux acteurs font leur entrée. L’objectif est d’augmenter la contribution de l’investissement étranger au Produit Intérieur Brut (PIB) pour qu’elle oscille entre 3 % et 4 %.

Les secteurs prioritaires à haute valeur ajoutée

Pour transformer l’essai, le gouvernement cible des industries stratégiques :

  • Automobile et Aéronautique : L’objectif est de porter le taux d’intégration du secteur automobile de 40 % à 55 % d’ici 2026.
  • Énergie et Tech : Les énergies renouvelables et l’économie numérique deviennent les nouveaux piliers de l’attractivité nationale.
  • Pharma et Textile : Des secteurs historiques en pleine montée en gamme technologique.

Résilience énergétique et réformes législatives : Rassurer pour convaincre

L’incertitude sur les prix du pétrole, exacerbée par les tensions entre l’Iran et les États-Unis, reste un point de vigilance. Wael Chouchane, secrétaire d’État chargé de la transition énergétique, assure que la Tunisie a anticipé ces chocs. Une coordination étroite avec le ministère des Finances a été mise en place pour garantir la stabilité logistique et financière face à la volatilité du baril.

Parallèlement, le cadre légal subit une cure de jouvence. Pour lever les barrières bureaucratiques, le gouvernement a déjà entamé la suppression de plusieurs autorisations préalables et finalise la révision de la Loi sur l’investissement. L’idée est simple : offrir un parcours « zéro obstacle » aux investisseurs, de l’octroi du visa à l’accès au foncier.

« Investir en Tunisie » : Une diplomatie économique digitale

Sous le slogan fédérateur « Investir en Tunisie », une nouvelle stratégie de communication numérique voit le jour. Elle ne se contente plus de promouvoir, mais d’accompagner. Des visites régulières en entreprise et une simplification du dédouanement font partie de cette approche « client-centric ».

En misant sur son capital humain qualifié et sa position géographique charnière entre l’Afrique et l’Europe, la Tunisie ne cherche plus seulement des capitaux, mais des partenariats durables capables de créer une valeur ajoutée partagée.