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Production de pétrole brut en Tunisie : chute de 12% en janvier 2026

Production de pétrole brut en Tunisie : chute de 12% en janvier 2026 - Challenges TN

La production pétrolière nationale sous pression

La Tunisie produit de moins en moins de pétrole. En janvier 2026, la production nationale de brut a reculé de 12% en glissement annuel, pour atteindre 95 000 tonnes, contre un niveau supérieur un an auparavant. C’est ce que révèle le dernier bulletin de la Conjoncture énergétique publié par l’Observatoire National de l’Énergie et des Mines (ONEM).

En termes de cadence journalière, le recul est tout aussi parlant : la moyenne est passée de 28 800 barils par jour en janvier 2025 à 25 700 barils par jour en janvier 2026, soit une perte d’environ 3 100 barils quotidiens.

Des champs majeurs en fort déclin

Le repli de la production s’explique en grande partie par la régression enregistrée dans plusieurs gisements clés du pays. Les baisses les plus marquées concernent les champs de Franig/Bag/Tarfa (-71%), Ashtart (-68%) et Gherib (-48%), trois concessions qui pèsent historiquement dans le mix pétrolier national.

D’autres champs importants affichent également des reculs significatifs : Adam (-19%), El Hajeb/Guebiba (-19%), Halk el Manzel (-14%) et El Borma (-6%). Ce dernier, l’un des plus anciens gisements du pays, continue sa décroissance tendancielle amorcée depuis plusieurs années.

Le champ d’Ezzaouia enregistre quant à lui une variation particulièrement forte, signalée à -500% dans le bulletin de l’ONEM — un chiffre qui traduit probablement un effondrement de la production à partir d’un niveau déjà très bas.

Cinq concessions à l’arrêt depuis septembre 2025

Au-delà du déclin naturel des réservoirs, plusieurs concessions sont totalement à l’arrêt depuis le 23 septembre 2025 pour des travaux de maintenance. Il s’agit des champs de Cherouq, Durra, Anaguid Est, Jinane et Benefsej. L’interruption prolongée de ces cinq sites pèse mécaniquement sur les statistiques de production du premier mois de 2026.

Aucune date de reprise n’a été précisée dans le bulletin de l’ONEM, ce qui laisse planer une incertitude sur la contribution de ces concessions aux chiffres des prochains mois.

Quelques signaux positifs à noter

Le tableau n’est pas entièrement sombre. Plusieurs champs enregistrent une amélioration sensible de leur production, à commencer par Sidi Marzoug, qui bondit de 91% — une performance notable qui mérite d’être suivie dans la durée.

Le champ gazier de Miskar affiche lui aussi une hausse encourageante de 22%, tandis que Cercina progresse de 11% et Nawara de 15%. Le champ d’Ouedzar complète ce groupe en croissance avec une légère hausse de 2%.

Ces performances positives ne compensent pas, à ce stade, le recul global, mais elles témoignent d’un potentiel de rebond dans certaines zones du territoire.

Un contexte structurel préoccupant

La baisse de janvier 2026 s’inscrit dans une tendance de fond qui dure depuis plusieurs années. La Tunisie, dont le pic de production pétrolière remonte aux années 1980, dépend de plus en plus des importations pour couvrir ses besoins énergétiques intérieurs. Chaque recul de la production domestique aggrave la pression sur la balance commerciale et sur les finances publiques, dans un contexte où le prix du baril reste un facteur déterminant des équilibres budgétaires.

La multiplication des arrêts de maintenance et le vieillissement des champs existants renforcent l’urgence d’une stratégie d’exploration et de développement de nouvelles réserves, sujet qui revient régulièrement dans les débats de politique énergétique en Tunisie.