Le jeune Austin Applebee a puisé dans ses dernières forces, le 30 janvier dernier, pour alerter les secours et permettre à ses proches de survivre.
«Je me suis réveillé avec le sentiment que quelque chose allait arriver ». Ce vendredi-là, à l’aube, Austin Applebee, 13 ans, est loin d’imaginer que cette intuition va devenir réalité. En vacances avec sa mère, son petit frère et sa petite sœur dans la baie du Géographe, au sud-ouest de l’Australie, l’adolescent s’apprête à rentrer chez lui, le 30 janvier dernier. Avant de plier bagage, la famille décide de profiter une dernière fois de l’océan. Une sortie en kayak et en paddle, anodine en apparence, qui va pourtant basculer en quelques heures.
Les eaux sont calmes lorsque la famille s’éloigne des côtes. Mais rapidement, le vent se lève. Les embarcations sont poussées vers le large. À plusieurs reprises, ils chavirent, tentent de remonter à bord, sans grand succès. Sentant le danger arriver, la mère d’Austin prend une décision difficile : envoyer son fils aîné vers le rivage pour chercher de l’aide, pendant qu’elle reste avec les deux plus jeunes. « Je savais qu’il pouvait le faire », confiera-t-elle plus tard à 7News.
Austin part seul, laissant derrière lui sa famille ballottée par les flots. Mais les minutes s’étirent, puis les heures. Depuis l’étendue face à elle, sa mère ne voit pas les secours arriver. Le froid s’installe, la fatigue aussi. « Je pensais qu’il était mort, avoue-t-elle, la voix tremblante. Je me suis dit que personne ne viendrait nous chercher. »
Entre résilience et bravoure
Austin, lui, lutte toujours. Son kayak prend l’eau. Les vagues grossissent à vue d’œil. Il n’a plus le choix : il doit continuer à la nage. Quatre kilomètres le séparent du rivage. Équipé d’un gilet de sauvetage, il nage, selon ses dires, pendant près de deux heures avant de l’abandonner, estimant qu’il le ralentit. Il poursuit encore deux heures supplémentaires, porté par l’adrénaline. « Ce sont des efforts surhumains », résume Paul Bresland, commandant de l’organisation de sauvetage maritime, interrogé par ABC News.
Enfin arrivé sur la plage, Austin s’effondre. Mais le plus dur n’est pas terminé. Il lui reste encore deux kilomètres à parcourir en courant pour atteindre un téléphone. Béquilles sous le bras lors de son interview à 7News, il se souvient : « J’essayais de penser à des choses heureuses. Je me répétais : pas aujourd’hui, pas aujourd’hui, je dois continuer. » À 18 heures, heure locale, il compose le 000, le numéro d’urgence australien, et donne l’alerte.
« Je me suis dit que j’étais arrivé trop tard »
Du haut de ses 13 ans, Austin décrit avec précision la situation et insiste : il faut déployer des hélicoptères, des avions et des bateaux. L’attente commence. Interminable. Dans son esprit, le pire s’impose. « Je me suis dit qu’ils étaient morts, que je n’avais pas été assez rapide », confie-t-il. Pourtant, à 20 h 30, la nouvelle tombe : sa mère, son frère de 12 ans et sa sœur de 8 ans ont été localisés à 14 kilomètres au large, accrochés à un kayak. Un navire de sauvetage bénévole est dépêché sur place et parvient à les ramener sur terre sains et saufs. Lorsque la police annonce la nouvelle à Austin, il peine à y croire. « J’ai cru que c’était faux », reconnaît-il.
Les retrouvailles sont bouleversantes. La famille est prise en charge par les secours, puis transportée à l’hôpital le plus proche. Une fois sortis, les quatre rescapés ont tenu à aller remercier personnellement les équipes de sauvetage. Ces dernières ont salué « le courage, la force et la bravoure dont a fait preuve cette famille » – et plus particulièrement Austin.
Pour l’inspecteur James Bradley, interrogé par ABC News, cette histoire est aussi un avertissement. Elle rappelle « à quelle vitesse les conditions océaniques peuvent changer » et souligne un détail crucial : le port des gilets de sauvetage, sans lesquels l’issue aurait pu être bien différente.

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