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À Davos, Volodymyr Zelensky dénonce une « Europe fragmentée » et attaque frontalement Donald Trump

À Davos, Volodymyr Zelensky dénonce une « Europe fragmentée » et attaque frontalement Donald Trump

Volodymyr Zelensky est monté à la tribune de Davos pour livrer un message sans détour : l’Europe doit cesser de rêver et agir, les sanctions doivent être aussi efficaces que les armes américaines, et les négociations de paix progressent

Un président très critique de Donald Trump, et qui regarde l’Europe droit dans les yeux. L’intervention de Volodymyr Zelensky au Forum économique mondial de Davos a été d’autant plus scrutée qu’elle intervenait quelques minutes seulement après son entrevue avec le président américain, qui a appelé la Russie à mettre fin à la guerre avec l’Ukraine.

Les documents de l’accord de paix en Ukraine sont « presque prêts », a également assuré Zelensky, alors que les négociations autour de ce texte durent depuis plusieurs mois. Deux standing ovations ont salué son intervention, alors que le président ukrainien n’a pas hésité à utiliser l’exemple américain pour mettre les Européens face à leurs contradictions et à leur passivité, notamment sur la question des sanctions.

Une entité hésitante

« Pourquoi le président Trump peut-il arrêter les pétroliers de la flotte fantôme et saisir le pétrole, mais l’Europe ne le fait pas ? Le pétrole russe est transporté juste le long des côtes européennes […] Pourquoi ne pas le confisquer et le vendre au profit de l’Europe ? », a ainsi tancé le président ukrainien.

Mais c’est l’architecture même de la sécurité continentale qui inquiète Kiev. « Les sanctions doivent bloquer les ennemis aussi efficacement que les armes américaines », a défendu le chef de guerre. Zelensky a pointé du doigt l’aveuglement d’une Europe qui dort sous le parapluie américain sans se demander s’il restera ouvert.

« Aujourd’hui, l’Europe repose uniquement sur la croyance que si le danger survient, l’OTAN agira […] mais si ce n’est pas le cas ? Croyez-moi, cette question est partout dans l’esprit de chaque dirigeant européen. » Le dirigeant a décrit une entité hésitante, qui « aime discuter de l’avenir mais évite d’agir aujourd’hui, une action qui définit pourtant quel genre d’avenir nous aurons. C’est là le problème. » Pour lui, « on ne peut pas construire le nouvel ordre mondial uniquement avec des mots, seules les actions créent un ordre réel. »

« Les garanties de sécurité, c’est prêt »

Faute de ce sursaut, il a prédit un déclassement politique, regrettant qu’« au lieu de devenir une véritable puissance mondiale, l’Europe reste un beau kaléidoscope fragmenté de petites et moyennes puissances. » « L’Europe a l’air perdue lorsqu’elle essaye de convaincre le président américain de changer », a-t-il attaqué. Le président ukrainien a annoncé que des discussions « trilatérales » entre l’Ukraine, la Russie et les États-Unis cette semaine, aux Émirats arabes unis. « Les garanties de sécurité, c’est prêt », a assuré Volodymyr Zelensky, ajoutant que « le document doit être signé par les parties, par les présidents, et ensuite il ira aux parlements nationaux ».

Il a ajouté que la Russie et l’Ukraine devaient toutes deux faire des compromis dans le processus de paix et que la prochaine réunion trilatérale constituait une étape « positive ».