Presque tous les dirigeants européens, avec le Canada et des émissaires américains, étaient présents à Paris pour cette réunion cruciale pour l’avenir de l’Ukraine.
À peine le temps de se remettre de l’opération américaine au Venezuela et des menaces de Donald Trump contre le Groenland que la plupart des dirigeants européens se réunissaient à Paris pour parler de la guerre en Ukraine ce mardi 6 janvier 2026. Plus précisément de la forme que pourrait prendre la coalition des volontaires, initiative lancée par la France et le Royaume-Uni en février dernier.
Autour de la table, 35 pays, dont la quasi-totalité des pays européens, Royaume-Uni compris, mais également le Canada et deux émissaires du président américain, son envoyé spécial, Steve Witkoff, et son gendre Jared Kushner.
L’objectif : « Fournir des garanties de sécurité solides à l’Ukraine », explique sur X la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.
La surveillance d’un cessez-le-feu « sous leadership américain »
Cela passe par « des forces armées ukrainiennes robustes capables de dissuader de futures attaques » et « une force multinationale de dissuasion et des engagements contraignants à soutenir l’Ukraine en cas de future attaque de la Russie. » Enfin, l’adhésion de l’Ukraine à l’Union Européenne constitue « une garantie de sécurité essentielle en soi et un pilier central de notre offre de prospérité transformatrice. »
À l’issue de cette réunion, Emmanuel Macron a tenu une conférence de presse, entouré de Volodymyr Zelensky, du Premier ministre britannique Keir Starmer, du chancelier allemand Friedrich Merz et de Steve Witkoff et Jared Kushner.
« Nous avons, sur la base de tout le travail accompli au cours des derniers mois, consolidé notre approche avec la mise en place de mécanismes de surveillance du cessez-le-feu qui seront placés sous un leadership américain mais avec des contributions de plusieurs États qui ont marqué leur disponibilité », a expliqué le président français.
Alors que l’administration américaine n’a de cesse de dire que la guerre en Ukraine est avant tout une affaire européenne, les États-Unis semblent revenir au centre du jeu.
Des soldats européens « loin de la ligne de contact »
Une cellule de coordination entre les différents États-Majors sera mise en place, pour faciliter le déploiement d’une force multinationale sur terre, sur mer et dans les airs. La Turquie devrait jouer un rôle prépondérant sur la partie navale.
Mais ces soldats européens arriveront le jour d’après le cessez-le-feu, « et loin de la ligne de contact », a ajouté Emmanuel Macron. L’armée ukrainienne reste le principal rempart pour dissuader toute nouvelle agression russe, avec un format de force de 800 000 hommes, qu’il faudra former et équiper. Des bases logistiques françaises et britanniques seront déployées. Sur France 2, le chef de l’État a évoqué le potentiel envoi de « plusieurs milliers d’hommes ». La Grande-Bretagne et l’Allemagne pourraient également envoyer des soldats, mais pas l’Italie.
Volodymyr Zelensky a salué la signature de « documents substantiels ». Un « grand pas en avant » donc mais « ce n’est pas suffisant ». L’Ukraine et sa population continuent pour l’instant de subir les attaques de la Russie visant des infrastructures énergétiques et civiles tous les jours.
Steve Witkoff a salué des garanties de sécurité « en grande partie finalisées » et mis l’accent sur le futur de l’Ukraine. « Une économie robuste est très liée au protocole de sécurité pour que l’Ukraine soit autonome. Le président ne renie jamais ses engagements, nous serons là pour les Ukrainiens », a-t-il assuré. Jared Kushner, lui, reste prudent : « Cela ne signifie pas que nous allons aboutir à la paix, mais la paix ne serait pas possible sans les progrès réalisés ici aujourd’hui. »

Partager :