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Affaire Epstein : 3 millions de nouveaux documents publiés, l’autre moitié restera confidentielle

Affaire Epstein : 3 millions de nouveaux documents publiés, l’autre moitié restera confidentielle

Le ministère de la Justice a publié, ce vendredi, de nouveaux documents relatifs à son enquête sur le défunt pédocriminel et ancien proche de Donald Trump, impliquant notamment Elon Musk, Bill Clinton ou encore Howard Lutnick, l’actuel secrétaire américain au Commerce.

Alors que le Congrès américain avait donné au ministère de la Justice jusqu’au 19 décembre 2025 pour rendre public l’intégralité des dossiers Epstein, seulement 1 % des documents l’avait été en temps et en heure, augmentant la suspicion à l’égard de Donald Trump, ami pendant de nombreuses années du défunt pédocriminel Jeffrey Epstein.

Ce vendredi, soit un mois et demi après la date fixée par le Congrès, le ministère de la Justice publie plus de 3 millions de nouveaux documents après avoir pris soin, semble-t-il, de masquer les visages et les identités des victimes, même si nombre d’entre elles affirment le contraire. « Aujourd’hui nous publions plus de trois millions de pages, dont plus de 2 000 vidéos et plus de 180 000 images », a déclaré le numéro deux du ministère de la Justice, Todd Blanche, à l’exception de certains documents pouvant entraver une enquête fédérale en cours, ou relatifs à de la maltraitance sexuelle d’enfants.

Cependant, « si un membre du Congrès souhaite consulter une partie quelconque des documents dans son intégralité, il peut prendre contact avec le ministère à cet effet, et nous nous ferons un plaisir de l’aider », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse.

Des mails entre Elon Musk et Jeffrey Epstein

Dans ces documents, encore en cours d’examen par les médias américains, on découvre notamment que Jeffrey Epstein a invoqué son droit au silence, garanti par le Cinquième Amendement de la Constitution américaine, lorsque des questions lui ont été posées en 2016 sur ses relations avec l’ancien président Bill Clinton. Le défunt pédocriminel n’a ainsi pas répondu à des questions telles que « Veuillez décrire tous les dîners que vous avez partagés avec Bill Clinton » ou encore, « Veuillez énumérer tous les endroits où vous vous êtes rendus avec Bill Clinton. »

On y découvre aussi un échange de mails entre Elon Musk et Jeffrey Epstein, dans lequel le premier demande au second quel serait le moment idéal pour se rendre sur son île dans les Caraïbes. « Je serai dans la région des îles Vierges britanniques/Saint-Barthélemy pendant les fêtes. Y a-t-il un moment idéal pour venir ? », a demandé Elon Musk dans un courriel daté du 13 décembre 2013. « Il y a toujours de la place pour vous », lui a répondu Epstein, précisant le jour de Noël : « Le 2 ou le 3, ce serait parfait. Je viendrai vous chercher. » Elon Musk a toujours affirmé avoir été invité sur cette île, mais n’y avoir jamais été. Rien, pour le moment, ne permet de savoir si le patron de tesla dit vrai.

On découvre également qu’Howard Lutnick, actuel secrétaire au Commerce de Trump, a invité Jeffrey Epstein à une levée de fonds pour Hillary Clinton en 2015, alors qu’il avait dit avoir découvert une « salle de massage » chez Epstein en 2005 et avoir décidé de « ne plus jamais remettre les pieds dans cette pièce avec cet individu répugnant ».

« Nous n’avons pas protégé le président Trump »

De nombreux « formulaires 302 » ont également été publiés. Il s’agit de notes prises par les agents du FBI ayant entendu les victimes et les témoins. On y découvre notamment le témoignage de l’une des victimes d’Epstein qui, alors âgée de 14 ans, a été agressée sexuellement par le milliardaire après lui avoir confié que son enfance avait justement été « pourrie » par des abus similaires.

Cette affaire est suivie de près par les Américains, démocrates et républicains, qui attendent de connaître le degré d’implication de leur président, proche du pédocriminel jusqu’en 2004. Selon Todd Blanche, le ministère de la Justice serait resté impartial et n’aurait rien entrepris pour protéger Donald Trump.

« Nous n’avons pas protégé le président Trump », a-t-il affirmé. « On entend souvent dire que le ministère de la Justice est censé protéger Donald J. Trump […] C’est faux. Cela n’a jamais été le cas. Notre priorité, ce sont les victimes. » Le procureur général adjoint a cependant brisé le suspense : « Il y a une soif d’information qui, je ne pense pas, sera étanchée par l’examen de ces documents. Je n’y peux rien. »

L’étude des millions de documents prendra plusieurs jours. Pour autant, comme le souligne CNN, le ministère de la Justice n’a publié qu’environ 3,5 des plus de 6 millions de documents potentiels figurant dans les dossiers Epstein. « Ne pas publier ces documents ne fait que protéger les personnes influentes impliquées et nuit à la confiance du public envers nos institutions », a réagi le député démocrate californien Ro Khanna.