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Afrique du Sud : la fille de l’ex-président soupçonnée d’avoir envoyé 17 hommes combattre pour la Russie

Afrique du Sud : la fille de l’ex-président soupçonnée d’avoir envoyé 17 hommes combattre pour la Russie


Le scandale prend de l’ampleur en Afrique du Sud. Alors que la guerre en Ukraine continue de redessiner des lignes d’influence bien au-delà du continent européen, Pretoria se retrouve malgré elle au cœur d’une affaire foudroyante. Selon Kiev, 1 426 ressortissants de 36 pays africains auraient déjà été identifiés dans les rangs russes. Parmi eux, 17 Sud-Africains, aujourd’hui bloqués en Ukraine, auraient été acheminés via les réseaux de Duduzile Zuma-Sambudla, la fille de l’ex-président Jacob Zuma. Une implication présumée qui a provoqué sa démission du Parlement.

Vendredi 28 novembre, la police sud-africaine a annoncé avoir interpellé quatre hommes sur le point d’embarquer pour la Russie. D’après les autorités, ils étaient « suspectés d’avoir été recrutés pour combattre dans l’armée russe  ». L’arrestation, effectuée à la porte d’embarquement de l’aéroport de Johannesburg, survient quelques semaines après la découverte d’un premier groupe de 17 Sud-Africains « coincés » en zone de guerre, attirés par des promesses de contrats lucratifs. En Afrique du Sud, la loi est pourtant sans ambiguïté : il est illégal de fournir une assistance militaire à un gouvernement étranger ou de rejoindre une armée étrangère sans autorisation préalable.

« En route pour la Russie via les Émirats arabes unis »

Dans un communiqué, l’unité d’élite Hawks précise : « Les arrestations ont suivi un signalement de la police de l’aéroport de Johannesburg concernant quatre hommes en route pour la Russie via les Émirats arabes unis. » Les enquêteurs ajoutent : « Une enquête préliminaire a révélé qu’une femme sud-africaine aurait facilité le voyage et le recrutement de ces individus au sein des forces militaires de la Fédération de Russie. »

Les quatre suspects doivent comparaître lundi 1er décembre, accusés de violation du Foreign Military Assistance Act, une infraction pénale passible de lourdes peines. La présidence sud-africaine a immédiatement réagi. Cyril Ramaphosa a ordonné une enquête approfondie pour comprendre comment les 17 premiers volontaires sud-africains ont pu se retrouver enrôlés dans le conflit, tandis que Pretoria tente toujours d’organiser leur rapatriement.

La police a également confirmé qu’elle se penchait sur le rôle présumé de Duduzile Zuma-Sambudla, explicitement accusée par sa demi-sœur d’avoir « attiré ces hommes en Russie sous de faux prétextes ». La députée, qui n’a pas répondu publiquement aux accusations, a présenté sa démission vendredi 28 novembre.