Il était 19 h 30, samedi 1er novembre, peu après le départ à la station de Peterborough du train LNER, reliant Doncaster à Londres, quand un homme armé d’un couteau s’en est pris aux passagers. L’assaillant, qui était accompagné d’un complice, a poignardé plusieurs personnes sur son passage.
Des passagers se sont alors réfugiés dans les toilettes pour échapper à leurs agresseurs et certains ont même été piétinés par d’autres alors qu’ils tentaient de fuir. Gavin, présent dans le train, a déclaré à Sky News avoir vu une victime courir dans l’un des wagons du train en criant : « Ils ont un couteau, je viens d’être poignardé ! »
Olly Foster, autre témoin de la scène, a déclaré à la BBC avoir d’abord entendu des gens crier « Courez ! Courez ! Il y a un homme qui poignarde tout le monde ! » et avoir pensé qu’il s’agissait peut-être d’une mauvaise blague liée à Halloween. Un mouvement de panique aurait alors eu lieu, les uns et les autres tentant de sauver leur vie. C’est à ce moment, alors qu’il s’était appuyé sur un siège pour éviter de tomber, que le jeune homme a remarqué que sa main était « couverte de sang ». « Il y avait du sang partout. »
Toujours d’après ce témoin, un voyageur, qui a réussi à empêcher l’agresseur de poignarder une jeune fille, a été blessé à la tête et au cou. D’autres passagers ont utilisé leurs vêtements pour tenter d’arrêter le saignement. Bilan de cette attaque : dix blessés, dont neuf graves, et deux victimes dans un état d’urgence vitale ce dimanche.
« Trop tôt pour affirmer qu’il s’agit d’une attaque terroriste »
Le premier appel d’urgence a été passé neuf minutes plus tard et plus de trente agents ont été dépêchés sur les lieux. Armés, les policiers sont parvenus à monter à bord du train à la gare de Huntingdon, près de Cambridge, et ont pu interpeller l’homme armé du couteau sur le quai après l’avoir maîtrisé à l’aide d’un pistolet à impulsion électrique. Son complice a également été arrêté. Il s’agit, selon les déclarations de la police lors de sa conférence de presse, dimanche, d’un homme britannique noir de 32 ans et d’un ressortissant britannique d’origine caribéenne de 35 ans.
À LIRE AUSSI Yom Kippour ensanglanté à Manchester : aux racines d’un antisémitisme décomplexéLa police antiterroriste a immédiatement apporté son soutien à l’enquête, mais le superintendant (commissaire) John Loveless, chargé des investigations, a expliqué lors de sa conférence de presse, qu’« à ce stade, rien ne permet de penser qu’il s’agisse d’un incident terroriste. Il ne serait pas approprié de spéculer sur la cause de cet incident ».
Un ancien responsable de la lutte antiterroriste au ministère de la Défense, Chip Chapman, avait rappelé, une heure plus tôt sur Times Radio, que l’implication de la police antiterroriste dans cette enquête ne signifiait pas que l’incident serait automatiquement qualifié d’acte terroriste. « Il est bien trop tôt pour affirmer qu’il s’agit d’une attaque terroriste. La police antiterroriste est souvent sollicitée lors de meurtres de masse ou d’incidents graves dont le mobile initial est incertain. »
« Mettre fin aux spéculations »
À la suite du drame, la ministre de l’Intérieur, Shabana Mahmood, avait d’ailleurs exhorté le public à « éviter tout commentaire et toute spéculation » concernant les agressions, mais de nombreux appels, dont celui du député conservateur de la circonscription, Ben Obese-Jecty, avaient demandé aux autorités de révéler l’identité des deux assaillants.
« Je pense qu’il est important de préciser exactement qui était l’agresseur et quelles étaient ses motivations pour commettre cette attaque, c’est vital. a déclaré le député. De nombreuses informations, parfois erronées, circulent en ligne – beaucoup de spéculations qui ne sont évidemment pas utiles – mais je pense que dans ces circonstances, comme nous l’avons déjà constaté lors d’autres attaques, notamment celle de Manchester récemment, il est important d’agir rapidement pour clarifier ces informations et mettre fin aux spéculations. »
Il y a tout juste un mois, une attaque de ce type, survenue dans la ville de Manchester, avait causé la mort de deux personnes et fait quatre blessés graves. Il s’agissait d’un acte antisémite perpétré pendant Yom Kippour.
Le Premier ministre Keir Starmer a qualifié l’attaque de samedi d’« épouvantable et de profondément préoccupante ». Les investigations se poursuivent, a souligné la police, afin de déterminer les motivations des deux assaillants.

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