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Aux États-Unis, ces enfants placés en détention par ICE

Aux États-Unis, ces enfants placés en détention par ICE

Elizabeth Zuna Zuna Caisaguano se rendait à l’école, le 6 janvier dernier, lorsqu’elle a été interpellée par la police anti-immigration. Comme plusieurs enfants du Minnesota, elle a été déportée vers un centre de détention du Texas.

Alors que sa mère l’accompagnait à l’école dans la banlieue de Minneapolis, Elizabeth Zuna Zuna Caisaguano, 10 ans, a été arrêtée le 6 janvier par la police anti-immigration (ICE), avant d’être déportée à plus de 1 900 kilomètres de là, dans le centre de détention de Dilley, au Texas.

Son père raconte à CNN ce jour où il a cru perdre sa fille : « Elle (la mère de la fillette, NDLR) m’a appelé pour me dire qu’elles avaient été arrêtées par l’ICE. Mais elle m’a dit qu’ils allaient la déposer à l’école. J’ai donc pensé que tout allait bien et nous avons raccroché », raconte cet immigrant équatorien, dont la famille a demandé l’asile en 2020 – leur dossier est toujours en cours de traitement.

Une heure plus tard, sans nouvelle de sa fille, Luis décide de se rendre à l’école. « Plusieurs membres du personnel attendaient qu’un véhicule arrive pour la déposer. Mais rien n’est arrivé », explique la travailleuse sociale Tracy Xiong. « Durant la matinée, nous avons passé beaucoup d’appels pour localiser l’enfant. L’après‑midi, nous avons appris qu’Elizabeth et sa mère avaient déjà été emmenées au Texas », explique-t-elle.

De nombreux enfants arrêtés

Cette histoire n’est pas sans rappeler celle de Liam Ramos, un petit garçon de 5 ans envoyé fin janvier en détention au Texas avec son père, dont la photo de l’arrestation avait créé l’émoi outre-Atlantique.

Selon la directrice de son école, Zena Stenvik, l’un des agents avait emmené le petit garçon frapper à la porte de chez lui « pour vérifier si quelqu’un d’autre était présent », l’utilisant ainsi « comme un appât » pour arrêter d’autres membres de sa famille. Une version contestée par ICE, qui assurait que Liam avait été « abandonné » après que son père a pris la fuite.

Ce tollé sur les réseaux sociaux et la mobilisation de plusieurs élus démocrates ont contribué à faire libérer ce père et son fils. Mais ce n’est pas le cas de toutes les familles détenues dans les camps de détention américains.

Selon CNN, « au moins six autres enfants de son district scolaire ont effectué le même voyage vers le centre de détention de Dilley ». Le département de la Sécurité intérieure dément pourtant cibler « les enfants ou les écoles ». « L’ICE veille à ce que les familles restent unies », a déclaré son porte-parole.

Des méthodes largement critiquées

Après un mois de détention, Elizabeth et sa mère ont également été relâchées, sans qu’aucune explication ne leur soit donnée. Mais leur combat n’est pas terminé. Luis Zuna Caisaguano a indiqué à CNN qu’il comptait mener leur demande d’asile à son terme. Dans le même temps, une cagnotte GoFundMe a été créée afin d’aider la famille à couvrir les frais liés à cette déportation.

La médiatisation de cette énième affaire ne devrait pas améliorer la popularité de l’ICE. Selon un récent sondage YouGov pour CBS News, 61 % des États-uniens estiment que les moyens déployés par la police de l’immigration sont disproportionnés.

Dans le Minnesota, les manifestations se poursuivent. Car si Tom Homan, l’émissaire de Donald Trump, a annoncé le retrait « immédiat » de 700 policiers, la colère gronde toujours. Surtout depuis la mort de Renee Nicole Good, tuée par balle par un agent ICE au lendemain de l’arrestation de la petite Elizabeth, et celle d’Alex Pretti quelques jours plus tard.

L’administration Trump a tenté de justifier leurs décès, arguant que ces deux Américains mettaient en danger la police. Des versions mises à mal par les vidéos des drames circulant massivement sur les réseaux sociaux.