L’époque Justin Trudeau sera-t-elle bientôt définitivement enterrée ? Depuis l’arrivée au pouvoir de son successeur, Mark Carney, au poste de Premier ministre, le « féminisme » défendu par l’ancien chef du gouvernement canadien semble être de l’histoire ancienne. Selon le National Post, le Canada n’opte plus, au niveau de sa diplomatie, pour ce que le journal qualifie de « politique étrangère féministe ».
Interrogé lors du sommet du G20 à Johannesburg, Mark Carney a été questionné sur les potentiels liens économiques avec des pays restreignant les droits des femmes et des personnes LGBTQ+. « Cet aspect fait partie de notre politique étrangère, mais je ne la qualifierais pas de politique étrangère féministe. Ce sont deux choses différentes, mais liées », a-t-il déclaré.
À LIRE AUSSI Le Canada, cancre de la COP30Selon l’agence La Presse canadienne, le Premier ministre tente d’augmenter les échanges commerciaux de son pays, « y compris avec des gouvernements qui ne privilégient pas l’égalité entre les sexes ». Pour lui, la violence sexiste est une priorité, mais pas un problème économique. « C’est une question de justice. Elle touche le Canada. Elle touche tous les participants à ces discussions. Chaque pays y accorde une priorité différente », a déclaré le Premier ministre.
« Pas un mot n’a été prononcé sur le genre, l’égalité, le sexe »
Il se contente d’affirmer que le Canada continue d’« essayer de progresser en discutant de stratégies et d’approches vers l’égalité ». Cette approche était déjà anticipée depuis plusieurs mois. Lorsqu’il a pris ses fonctions, en mars dernier, Mark Carney avait par exemple rompu avec la tradition, instaurée par son prédécesseur, d’avoir des cabinets ministériels respectant la parité hommes-femmes.
« Pas un mot n’a été prononcé sur le genre, l’égalité, le sexe » dans sa première lettre de mandat destinée au cabinet, évoque également le magazine Policy Options de l’Institut de recherche en politiques publiques. Cette orientation constitue un revirement clair par rapport au mandat de Justin Trudeau, qui avait fait de l’égalité entre les femmes et les hommes l’une de ses priorités, impulsant notamment la politique d’aide internationale féministe du Canada, « centrée sur un domaine d’action essentiel : l’égalité des genres et l’émancipation des femmes et des filles » dans le monde entier.
Cette ère qui « a fait du féminisme un principe central dans l’administration canadienne et dans ses relations internationales », selon le National Post, semble révolue. Ce qui n’est pas sans susciter quelques tensions : « Nous observons une véritable tendance [à faire passer ces sujets au second plan] chez le Premier ministre Carney et la bande d’hommes blancs issus du milieu des affaires qui sont désormais au sommet du gouvernement », a ainsi fustigé la sénatrice indépendante Marilou McPhedran.

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