Boualem Sansal est libre. Il avait été arrêté le 16 novembre 2024 en Algérie et condamné à cinq ans de prisons pour « atteinte à l’unité nationale ». Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a accepté de gracier l’écrivain franco-algérien, « répondant favorablement » à une demande de son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier.
Cette libération procure un « sentiment de soulagement, d’émotion profonde et sincère » pour Kamel Daoud, qui ajoute que « la liberté d’un écrivain, c’est la liberté de tout un peuple ». Cette annonce intervient après plusieurs mois de tensions entre Paris et Alger sur plusieurs dossiers, de l’accord franco-algérien de 1968 sur l’immigration à la reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental par la France. Le lauréat du prix Goncourt 2024 – pour son livre Houris – et chroniqueur au Point espère y voir un premier pas vers des relations franco-algériennes plus apaisées, « non seulement pour les relations bilatérales, mais surtout pour que l’Algérie guérisse son rapport au reste du monde ».
À LIRE AUSSI Boualem Sansal : les négociations secrètes qui ont permis sa libérationMais « la relation est complexe, et les calculs politiques internes restent très présents dans chaque pays », soupire Kamel Daoud. « Ce n’est pas le moment de chercher les raisons de sa libération, mais d’accueillir un écrivain dans un pays libre. L’emprisonnement de Boualem dit moins sur ce qu’il écrit que sur ce que l’Algérie est devenue et ce qu’elle devrait être. »
« Ce que l’on goûte d’abord, c’est la liberté de se promener dans un jardin »
Un avion militaire allemand doit atterrir à Alger dans l’après-midi et conduire Boualem Sansal en Allemagne. Là, l’écrivain devrait d’abord recevoir des soins hospitaliers. Durant son emprisonnement, sa famille a exprimé à plusieurs reprises des inquiétudes concernant la santé de Boualem Sansal, traité pour un cancer de la prostate. Que fera-t-il une fois arrivé en France ? « Il verra ses amis, ses éditeurs, ses proches, pense Kamel Daoud. Quand on sort d’une prison, physique ou symbolique, ce que l’on goûte d’abord, c’est la liberté de se promener dans un jardin, de s’asseoir sans se sentir oppressé. »
À LIRE AUSSI Les Kabyles, un peuple debout malgré la répressionUn autre Français, Christophe Gleizes, est, lui, toujours emprisonné en Algérie. Le journaliste sportif avait été condamné le 29 juin dernier à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme » après avoir été en contact avec un dirigeant d’un club de football kabyle. Son procès en appel a été fixé au 3 décembre prochain.

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