Hôte de la CAN 2025, le Maroc n’a plus gagné le trophée depuis 1976. Demi-finalistes du Mondial 2022, les Lions de l’Atlas jouent gros, très gros.
Nation majeure du football africain, le Maroc se retrouve face à son histoire. Pour la deuxième fois depuis 1988, le royaume accueille la Coupe d’Afrique des nations. Et pour la première fois depuis près d’un demi-siècle, il apparaît en favori crédible. Cinquante ans après son unique sacre continental, en 1976, l’édition 2025 s’impose comme un rendez-vous décisif pour une sélection désormais installée parmi les puissances mondiales.
Demi-finalistes de la Coupe du monde 2022, tout récemment champions du monde U20, champions d’Afrique U17, vainqueurs du CHAN : jamais le football marocain n’avait affiché une telle densité de résultats à tous les étages. Cette dynamique sportive accompagne une montée en puissance institutionnelle. Sous l’impulsion de son président Faouzi Lekjaâ, le Maroc s’est imposé comme un centre de gravité du football africain, accueillant compétitions, phases finales et matches éliminatoires pour des sélections privées de stades homologués.
Reste à transformer ce leadership en titre majeur. L’échec de la CAN 2023, stoppée dès les huitièmes par l’Afrique du Sud, a laissé des traces. À domicile, l’erreur ne sera plus permise.
Un groupe éprouvé au plus haut niveau
Walid Regragui s’appuie sur une ossature expérimentée. Quatorze joueurs présents lors de la dernière CAN figurent dans le groupe, rejoints par des cadres du Mondial 2022 et par huit joueurs passés par les Jeux olympiques de Paris 2024. La continuité est assumée, parfois au prix de choix forts.
« La liste idéale n’existe pas », martèle le sélectionneur, revendiquant un projet construit sur la durée, fondé sur la connaissance du système et de la vie de groupe. Aucun joueur sacré champion du monde U20 n’a été convoqué, malgré leur récent succès. « J’ai dû faire des choix », tranche Regragui.
La sélection compte seulement onze joueurs formés au pays, dont cinq issus de l’Académie Mohammed VI, devenue le cœur battant du projet marocain. Deux évoluent dans le championnat national, un seul sur le continent africain hors Botola : Mohamed Chibi, latéral droit de Pyramids FC, vainqueur de la Ligue des champions africaine 2025.
Les absences sont notables : Hamza Igamane, blessé, Amine Adli ou encore Amir Richardson. Hachim Ziyech, ancien leader offensif, n’a pas été retenu, malgré son retour au Wydad Casablanca. Choisir, c’est renoncer.
Autre incertitude majeure : Achraf Hakimi. Touché à la cheville, le Ballon d’or africain suit un programme spécifique de réathlétisation. Sa présence reste un enjeu capital.
Regragui face à l’histoire
Critiqué depuis l’échec ivoirien, Walid Regragui aborde cette CAN sous une pression maximale. Conscient de l’enjeu, le sélectionneur l’assume pleinement. « J’ai la responsabilité de gagner la CAN », martèle-t-il, chiffres à l’appui, fort d’un bilan qui fait de lui, statistiquement, le technicien le plus performant de l’histoire des Lions de l’Atlas.
Depuis sa prise de fonctions à l’été 2022, Regragui affiche un ratio de victoires supérieur à 70 %, une longévité rare à ce poste, et un fait inédit : une demi-finale de Coupe du monde, conclue par une quatrième place au Qatar, performance jamais atteinte par une sélection africaine. En 2025, le Maroc reste sur 11 victoires pour une seule défaite, concédée en match amical face au Burkina Faso.
La dynamique est encore plus nette sur le plan continental. Lors des éliminatoires de la CAN, les Lions de l’Atlas ont signé un parcours parfait : six matches, six victoires, 26 buts inscrits, deux seulement encaissés, soit la meilleure attaque et la défense la plus solide parmi les 24 qualifiés. À cela s’ajoute un classement Fifa stabilisé autour de la 11ᵉ place mondiale, un rang inédit pour le Maroc à l’approche d’une CAN.
Son discours, déjà tenu après le Mondial 2022, reste inchangé : « Si vous voulez entrer dans l’histoire, il faut gagner une Coupe d’Afrique. »
« Nous gagnerons ensemble », promet Regragui, s’en remettant à un public annoncé comme omniprésent. Une ambition assumée, galvanisante pour un groupe, mais qui expose son sélectionneur à un verdict sans appel : au Maroc, après cinquante ans d’attente, seule la victoire comptera.

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