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Comment Nicki Minaj est devenue une alliée de Trump

Comment Nicki Minaj est devenue une alliée de Trump


« Nicki > Cardi [référence à la rappeuse Cardi B]. » Par ce simple post sur X, jeudi 11 décembre, le vice-président américain J. D. Vance a confirmé le nouveau statut pris par la chanteuse Nicki Minaj. Autrefois farouchement opposée à Donald Trump, la rappeuse originaire de Trinité-et-Tobago a pris fait et cause pour le pensionnaire de la Maison-Blanche, adoptant ses positions sur les personnes transgenres et s’en prenant à ses plus farouches adversaires politiques.

Pourtant, un tel soutien de l’artiste aux 45 millions d’auditeurs mensuels sur Spotify n’allait jusqu’ici pas de soi. Comme le rappelle le Washington Post, elle s’était plutôt montrée très offensive lors du premier mandat du dirigeant, notamment lorsque le département de la Sécurité intérieure séparait des milliers d’enfants migrants de leurs parents, à la frontière avec le Mexique.

« En tant que fille des îles, Donald Trump veut que je rentre », chantait-elle en 2016 dans « Black Barbies », priant pour que « tous mes compatriotes étrangers ne soient pas expulsés ». « Je suis arrivée dans ce pays comme immigrée clandestine à l’âge de 5 ans, écrivait-elle sur son compte Instagram en 2018. Je ne peux imaginer l’horreur de se retrouver dans un pays étranger et d’être séparée de ses parents à l’âge de 5 ans. C’est terrifiant. S’il vous plaît, arrêtez ça. Pouvez-vous essayer d’imaginer la terreur et la panique que ressentent ces enfants en ce moment ? »

« Il a soulevé des points »

Mais les opinions politiques de la chanteuse étaient pour le moins difficiles à cerner. Elle avait au départ défendu la réforme du système de santé souhaitée par Barack Obama. « Cela devrait être un droit divin ! Même avec les préoccupations d’Obama, qui est déjà très impliqué », avait-elle déclaré sur X (Twitter, à l’époque). Mais par la suite, elle avait estimé que son investissement était insuffisant et avait affirmé, dans une chanson avec Lil Wayne : « Je suis républicaine et je vote pour Mitt Romney. »

Elle avait cependant nié qu’il s’agissait d’un soutien au candidat à la présidentielle, remerciant le président d’avoir compris son « humour créatif et son sarcasme ». Barack Obama avait suggéré lors d’une interview radio que l’utilisation de ses alter ego ait pu influencer son rap. Elle a en effet l’habitude d’incarner des personnes, comme Harajuku Barbie ou Roman Zolanski.

Lorsque Donald Trump s’était lancé dans la course à la Maison-Blanche, elle ne s’y était pas montrée farouchement opposée, comme l’évoquait Billboard en 2015. « Il a soulevé des points qui n’auraient peut-être pas été si graves si son approche n’avait pas été aussi puérile. Mais en termes de divertissement, je le trouve hilarant. J’aimerais tellement qu’on le filme en pleine campagne présidentielle ! Ce serait la télé-réalité ultime ! »

La question des chrétiens au Nigeria

Lors du premier mandat de Donald Trump, elle avait annulé un concert en Arabie saoudite, invoquant le soutien aux droits des femmes et des personnes LGBTQ. Elle n’avait pas soutenu la campagne de réélection du républicain, préférant, après la victoire de Joe Biden, publier une photo de Kamala Harris avec la légende : « On l’a fait, Joe ! » (en référence à la vidéo, devenue virale, de la vice-présidente appelant le président après sa victoire).

Mais la période de la pandémie a été celle où Nicki Minaj a commencé à durcir son discours. En cause, notamment, l’ami de son cousin qui serait soi-disant devenu impuissant à cause du vaccin. Une polémique qui avait attiré l’attention de l’administration Biden. Mais en novembre dernier, elle s’est clairement orientée en faveur de Donald Trump, se félicitant par exemple de l’utilisation de ses chansons dans des publications de l’administration Trump sur les réseaux sociaux (au contraire, par exemple, de Sabrina Carpenter).

Elle a trouvé un terrain d’entente sur la question des chrétiens au Nigeria, la Maison-Blanche expliquant qu’ils seraient victimes d’une persécution génocidaire. Nicki Minaj a remercié d’avoir « pris cette question au sérieux ». L’ambassadeur du président auprès des Nations unies, Mike Waltz, a répondu par une publication la qualifiant de « sans doute la plus grande artiste féminine de la scène musicale, mais aussi de personne de principe qui refuse de se taire face à l’injustice ». Elle s’est ensuite rendue à l’ONU et a prononcé un discours sur le sujet.

« Même Drake a ses papiers »

Désormais, elle s’attaque également à Gavin Newsom, le gouverneur démocrate de Californie et farouche opposant à Donald Trump, qui a exprimé son soutien aux enfants transgenres. « Imaginez être le candidat qui fait campagne en promettant de voir les enfants transgenres. Haha. Même un adulte transgenre ne ferait pas campagne sur ce sujet », a-t-elle écrit vendredi. Dans d’autres publications, elle l’a surnommé « Gavvy, le crétin » et a déclaré que Newsom « se prend pour Tom Cruise, à la différence près que sa prochaine mission est impossible ».

La semaine dernière, elle a republié des vidéos de Donald Trump et J. D. Vance, les qualifiant notamment de « héros » et de « gentils ». Va-t-elle payer le prix de son virage politique ? Elle a perdu des centaines de milliers d’abonnés sur les réseaux sociaux à la suite de son discours. « Même Drake a ses papiers, a écrit la rappeuse Azealia Banks sur X en septembre, se moquant de Nicki Minaj. Même Cardi B n’est pas une immigrée de 40 ans… Faire des acrobaties pour se faire bien voir dans un pays où elle ne peut pas voter, c’est vraiment n’importe quoi. »

À LIRE AUSSI Les victoires démocrates aux élections locales, « référendum » anti-Trump « Comment peut-on passer de son propre parcours d’immigrant à ce que je vois aujourd’hui ? Et aux personnes avec lesquelles elle s’associe ? » a tancé un utilisateur sur Reddit. Un tel soutien va-t-il lui coûter sa carrière ?