Il avait déjà attiré l’attention des autorités il y a six ans. Naveed Akram, 24 ans, est l’un des deux terroristes responsables de l’attaque de Bondi Beach (Australie) ayant visé la communauté juive en pleine fête de Hanoukka. Aux côtés de son père, Sajid Akram, qui a entre-temps été abattu par les forces de l’ordre, il a tué quinze personnes et fait plus de 40 blessés. Il est depuis hospitalisé dans un état critique.
Le père et le fils avaient, d’après des enquêteurs antiterroristes, prêté allégeance à l’organisation djihadiste État islamique (EI). Selon ABC News, deux drapeaux du groupe territoriste ont également été retrouvés dans le véhicule des tireurs. L’agence de renseignement intérieur australienne, l’ASIO, a examiné le profil du plus jeune des tireurs dès 2019, après un projet d’attentat terroriste déjoué. À partir d’octobre 2019, ses liens avec cette cellule du groupe terroriste basée à Sydney ont été investigués pendant six mois. À l’issue de l’enquête, les autorités ont toutefois estimé que Naveed Akram ne représentait aucune menace persistante.
« Il m’a dit qu’ils partaient pêcher »
La presse australienne a révélé d’autres détails sur Naveed Akram. Si son père, âgé de 50 ans, était propriétaire d’un magasin de fruits, après être arrivé pour la première fois en Australie avec un visa étudiant en 1998, le fils était sans emploi. Deux mois avant l’attaque, il avait été licencié de son poste de maçon alors que l’entreprise où il travaillait avait fait faillite.
La mère de Naveed, Verena Akram, a assuré au Sydney Morning Herald que son fils ne possédait « pas d’arme à feu » : « Il ne sort même pas. Il ne fréquente pas ses amis. Il ne boit pas, il ne fume pas, il ne va pas dans des endroits mal famés. Il va au travail, il rentre à la maison, il fait du sport et c’est tout. Tout le monde rêverait d’avoir un fils comme le mien. C’est un bon garçon. » Décrit comme pas particulièrement sociable, Naveed Akram avait quand même plusieurs amis, dont certains depuis ses années passées à la Cabramatta High School.
Le jeune homme vivait jusqu’ici avec ses deux parents, sa sœur cadette de 22 ans et un autre petit frère de 20 ans. Verena Akram était mère au foyer et s’occupait de sa propre mère, qui habite à proximité de la famille. Elle a également indiqué que les deux hommes lui avaient « dit qu’ils partaient pêcher » le week-end – le fils adorait la pêche, ainsi que la plongée, la natation et le sport d’après elle. « Mon fils m’a appelée dimanche et m’a dit : “Maman, je viens d’aller nager. J’ai fait de la plongée sous-marine. On va manger maintenant, et puis ce matin, on va rester à la maison parce qu’il fait très chaud”. »
Six armes à feu
Des fouilles ont été effectuées dans le logement familial, et les autorités ont annoncé que les deux tireurs avaient utilisé « des armes à longue portée pour tirer sur la foule ». Sajid Akram était titulaire d’un permis pour six armes à feu, qui, toujours selon la police, auraient toutes été utilisées dimanche. Il possédait ce permis de port d’arme depuis plusieurs années, et aucun incident n’avait été noté jusqu’ici.
Sur les lieux de fouille, les autorités ont également récupéré deux engins explosifs improvisés « rudimentaires » mais « actifs », a déclaré Mal Lanyon, commissaire de police de Nouvelle-Galles du Sud, lors d’une conférence de presse à Sydney lundi matin. Les forces de l’ordre ne pensent pas, en l’état actuel de l’enquête, que d’autres personnes soient impliquées dans l’attaque.
Des cours d’arabe et d’études coraniques
Une publication sur les réseaux sociaux – depuis effacée – indique aussi que Naveed Akram a suivi des cours à l’Institut Al-Murad, qui dispense des cours d’arabe et d’études coraniques, en 2022. Son cursus sur place a duré un an. L’institut a fermement condamné l’attaque. Auprès de ABC, son fondateur Adam Ismail a indiqué que les événements de Bondi constituaient un « choc horrible », et a expliqué : « Naveed s’est adressé au centre fin 2019 pour demander des cours de récitation du Coran et de langue arabe. Comme je l’ai fait avec des milliers d’étudiants au fil des années, je lui ai enseigné la récitation du Coran et l’arabe, pendant une année entière. »
Il a souligné : « Je condamne sans hésitation cet acte de violence, je suis profondément attristé par ce qui s’est passé et j’adresse mes sincères condoléances aux victimes, à leurs familles et à la communauté juive touchée. » Il a rappelé que cette attaque était strictement interdite dans l’islam : « Le Coran même que Naveed Akram apprenait à réciter stipule clairement qu’ôter la vie à un innocent équivaut à tuer toute l’humanité. »

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