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Est de la RDC : une humanitaire française tuée dans une attaque de drones à Goma

Est de la RDC : une humanitaire française tuée dans une attaque de drones à Goma

Le président Emmanuel Macron a condamné l’attaque et insisté sur la sécurité des humanitaires, alors que les combats s’intensifient dans cette ville du Nord-Kivu, contrôlée par le M23.

Il était environ 4 h 30 du matin lorsqu’un violent grondement a secoué plusieurs habitations. « Mon lit a tremblé dans mon appartement. J’ai entendu deux explosions. Des bombes ? Des drones ? Je me suis posé la question », témoigne un habitant du quartier Himbi, voisin du lieu du drame, qui a préféré garder l’anonymat.

Selon plusieurs sources locales, il s’agirait d’une attaque par drones. Le premier engin aurait terminé sa course dans les eaux du lac Kivu, tandis que le second serait tombé sur une habitation.

Frappes de drones au cœur de Goma

L’AFC/M23, qui contrôle la ville, capitale de la province orientale du Nord-Kivu, située à la frontière du Rwanda, affirme que trois personnes ont été tuées dans cette attaque, dont Karine Buisset, humanitaire française et membre du personnel du système des Nations unies (UNICEF).

D’autres sources présentes sur les lieux évoquent plutôt un bilan d’un mort, accompagné d’importants dégâts matériels, notamment une partie d’un appartement qui a été brûlée.

La parcelle visée se situe dans le quartier Himbi, en plein centre-ville, où sont installés nombre d’expatriés, de personnels et de sièges d’organisations humanitaires. Et non loin de la résidence d’Olive Lembe Kabila, la femme de l’ancien président congolais qui a été condamné à mort par la justice congolaise en raison de ses connivences avec la rébellion de l’AFC-M23.

Dans un message publié sur X, le président français Emmanuel Macron a confirmé la mort de l’humanitaire française. « J’appelle au respect du droit humanitaire et des personnels qui sont sur place et qui s’engagent pour sauver des vies », a écrit le chef de l’État, adressant « le soutien et l’émotion de la Nation » à la famille et aux proches de la victime.

Au moment où nous écrivons ces lignes, Kinshasa n’a toujours pas réagi.

Une guerre qui ne faiblit pas

Depuis fin 2021, le M23 (« Mouvement du 23 mars »), appuyé par le Rwanda et son armée, a pris le contrôle de vastes pans de l’est de la RDC, une région riche en ressources et déchirée par trente ans de conflits. Les forces de Kinshasa, positionnées à plusieurs centaines de kilomètres de Goma, frappent régulièrement les positions rebelles au moyen de drones longue portée.

Début décembre, un fragile accord de paix sous l’égide des États-Unis a été signé, mais les combats se poursuivent. L’Angola, autre médiateur, avait proposé un cessez-le-feu à compter du 18 février, resté sans effet. Début mars, Washington a sanctionné l’armée rwandaise pour son soutien au M23.

La même semaine, le M23 a annoncé la mort de son porte-parole Willy Ngoma, tué dans une frappe de drone près du site minier de Rubaya, en Nord-Kivu. Ce site, exploité par le groupe, lui rapporte d’importants revenus via une taxe sur les minerais, notamment le coltan, cœur économique et stratégique du conflit.