Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, était reçu à l’Élysée, mardi 11 novembre, quelques semaines après l’annonce par Emmanuel Macron, à l’assemblée générale de l’ONU, de la reconnaissance par la France de l’État de Palestine. Les deux dirigeants ont annoncé la création imminente d’un « comité pour la consolidation de l’État de Palestine ».
« Ce comité sera chargé de travailler sur tous les aspects juridiques, constitutionnels, institutionnels et organisationnels, a déclaré Emmanuel Macron à la suite de l’entretien entre les deux hommes. Il contribuera au travail d’élaboration d’une nouvelle Constitution. » Les autres grandes lignes du travail qui attend cette instance ont été données par le président de la République : mise en place d’élections démocratiques, abrogation de l’indemnisation des familles de prisonniers et réforme des manuels scolaires palestiniens.
Ces annonces font suite à l’annonce, le 22 septembre, par Emmanuel Macron, à l’assemblée générale de l’ONU, de la reconnaissance par la France de l’État de Palestine ; Emmanuel Macron choisissant ainsi la voie de la paix, selon l’Autorité palestinienne, mais outrepassant le droit international, selon d’autres. Ces annonces surviennent également après l’arrestation, le 19 septembre, par l’Autorité palestinienne, de l’un des suspects de l’attentat de la rue des Rosiers. Cet individu, Mahmoud Abed Adra, dit « Hicham Harb », âgé de 70 ans, aurait supervisé cet attentat qui avait fait six morts en 1982. Emmanuel Macron a annoncé que « les services français et palestiniens coopèrent en vue de l’extradition de cet individu ».
À LIRE AUSSI Pourquoi la France reconnaît l’État de Palestine En plus de la rédaction d’une nouvelle Constitution, l’autre chantier prioritaire du comité sera « l’organisation d’élections présidentielles et d’élections générales libres, transparentes et démocratiques dans l’ensemble des territoires palestiniens, y compris à Jérusalem-est », a détaillé Emmanuel Macron. Le président Abbas s’est engagé à ce qu’elles se tiennent un an après le début de la phase de désarmement du Hamas. Il s’agit de la deuxième phase du plan de paix promu par Donald Trump qu’Israël et le Hamas ont signé. « Les acteurs n’ayant pas renoncé à la violence et n’ayant pas adhéré aux principes de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) ne pourront prendre part à ces élections », prévient Emmanuel Macron.
Abrogation du système d’indemnisation aux familles de prisonniers
Le président Abbas a aussi confirmé au chef de l’État « l’abrogation du système d’indemnisation aux familles de prisonniers et le lancement d’un audit indépendant destiné à en attester ». En effet, jusqu’à cette année, le système de sécurité sociale de l’Autorité palestinienne versait une allocation aux familles des prisonniers détenus par Israël et aux familles des Palestiniens tués par l’armée israélienne. L’État hébreu dénonce depuis longtemps ce système d’aide financière comme étant une « incitation au terrorisme ». D’autres pays, comme les États-Unis et les Pays-Bas, avaient critiqué ce système.
Réforme des manuels scolaires palestiniens
Depuis de nombreuses années, différents observateurs du monde entier rapportent le fait que les manuels scolaires palestiniens incitent à la haine des juifs et d’Israël. Emmanuel Macron assure que la France et l’Autorité palestinienne « travailleron[t] ensemble avec tous [leurs] partenaires et également en associant étroitement l’Unesco » pour changer le contenu des manuels et le rendre conforme aux standards de l’Unesco.
Condamnation de la colonisation israélienne en Cisjordanie
Durant son discours, Emmanuel Macron a une nouvelle fois condamné la colonisation israélienne, qui « menace la stabilité de la Cisjordanie et constitue une violation du droit international ». Il a prévenu que « les projets d’annexion partielle ou totale, légale ou de facto, constituent une ligne rouge à laquelle nous réagirons fortement avec nos partenaires européens s’ils étaient mis en œuvre ».

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