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« Folle », « traîtresse » : Marjorie Taylor Greene raconte sa rupture politique avec Donald Trump

« Folle », « traîtresse » : Marjorie Taylor Greene raconte sa rupture politique avec Donald Trump


La rupture semble définitivement consommée. Dans l’émission 60 Minutes de CBS, dimanche 7 décembre, la représentante des États-Unis, Marjorie Taylor Greene, a évoqué sa relation avec Donald Trump, dont elle s’est récemment démarquée sur plusieurs points. Soutien actif durant sa dernière campagne présidentielle, elle a égratigné les républicains qui, selon elles, se moquaient alors en privé du dirigeant.

« J’ai vu beaucoup de mes collègues passer de moqueries à son égard, sur sa façon de parler, et sur le fait que je le soutenais constamment, à – excusez mon langage, Lesley [Stahl, qui a mené l’entretien, NDLR] – lui lécher les bottes lorsqu’il a remporté la primaire de 2024 », a déclaré l’élue de Géorgie. Des républicains qui, d’après elle, avaient « décidé de porter une casquette Maga pour la première fois ».

Selon elle, de nombreux membre du parti n’expriment pas publiquement leur désaccord avec le président américain par « peur » qu’il les prenne pour cible. « Je pense qu’ils ont trop peur de faire un faux pas et de se retrouver avec une publication méchante sur Truth Social », a-t-elle estimé. Elle s’est ensuite montrée très critique envers l’agenda international de Donald Trump, qu’elle accuse de ne pas donner la priorité aux Américains.

Traitée de « folle » et « traîtresse »

« Pour un président prônant le principe de l’Amérique d’abord, la priorité absolue aurait dû être la politique intérieure. Or, elle ne l’a pas été. C’est pourquoi j’ai naturellement exprimé mes critiques, car il s’agissait de mes promesses de campagne. Une fois que nous aurons réglé tous ces problèmes, alors, très bien, nous pourrons discuter avec le reste du monde », a-t-elle déclaré.

Elle quittera le Congrès en janvier 2026, sa démission faisant suite à son désaccord avec Donald Trump sur les dossiers Epstein. Elle a déclaré que le président était « extrêmement en colère » qu’elle ait signé une pétition appelant à la publication desdits dossiers. « Il a dit que ça allait blesser des gens. Je lui avais dit : “Ce sont ces femmes qui ont souffert. Elles ont été violées à 14 ans. Elles ont été violées à 16 ans. Je les ai vues devant la presse, tremblantes, le corps secoué par les sanglots, racontant leur histoire, souvent pour la première fois.” »

À LIRE AUSSI « Tu vas tout faire exploser » : comment Trump a plié sur le dossier Epstein « Et je lui avais dit : “Vous savez, on fait venir toutes sortes de gens à la Maison-Blanche, faites venir ces femmes à la Maison-Blanche. Ces femmes méritent d’être entendues.” » Après ces déclarations, le dirigeant l’a qualifiée de « folle » et de « traîtresse » et, selon elle, elle et son fils auraient reçu plusieurs centaines de menaces de mort, notamment par un attentat à la bombe artisanale à son domicile.

« Êtes-vous Maga ? » « Je suis Américaine avant tout »

« Il s’agissait de menaces de mort directement alimentées par le président Trump », accuse-t-elle. Marjorie Taylor Greene a déclaré avoir informé le président et le vice-président de ces événements. J. D. Vance aurait répondu qu’ils allaient enquêter, et Donald Trump a envoyé une réponse « plutôt désagréable », a précisé l’élue. « C’était extrêmement méchant. »

Le président l’aurait qualifié de « traîtresse » « au même moment où [il] a fait venir le chef d’Al-Qaïda recherché par le gouvernement américain, qui est aujourd’hui président de la Syrie. Puis, une semaine plus tard, il a fait venir le prince héritier MBS, qui a assassiné un journaliste américain. Et enfin, il a fait venir le nouveau maire démocrate socialiste de New York. »

« Êtes-vous Maga ? » « Je suis Américaine avant tout », a-t-elle déclaré, réfutant pour de bon le slogan de Donald Trump. « C’est sa politique. Moi, je dis “L’Amérique d’abord”. » « Mais vous, vous ne dites pas que vous êtes Maga. C’est terminé », a relancé Lindsey Stahl. « Je suis Américaine avant tout. Oui », a ajouté Marjorie Taylor Greene. La « séparation » semble définitivement actée.

Pour l’heure, elle réfute toute ambition présidentielle. « Je n’ai absolument aucun projet, aucune envie de me présenter à la présidence. Je détesterais le Sénat. Je ne me présente pas au poste de gouverneur », a répondu l’élue démissionnaire. « Je ne suis pas une politicienne avec tout un programme ou des ambitions politiques. » Cessera-t-elle pour autant d’être l’épine dans le pied du président américain ?