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« Freiner l’influence de tiers » : l’Eurovision annonce de nouvelles règles de vote

« Freiner l’influence de tiers » : l’Eurovision annonce de nouvelles règles de vote


L’édition 2026 de l’Eurovision, qui doit se tenir à Vienne après la victoire du candidat autrichien, se déroulera sous un tout nouveau cadre. Ce vendredi 21 novembre, l’Union de radiotélévision (UER), qui organise le concours, a annoncé une « refonte majeure » de ses règles de vote. Objectif affiché : renforcer « la confiance » et la « transparence » autour de l’événement.

Dans un communiqué, Martin Green CBE, directeur du Concours Eurovision de la chanson, a souhaité que ces mesures imposent « des limites plus strictes en matière de promotion afin de freiner l’influence disproportionnée de tiers, y compris les campagnes soutenues par le gouvernement ».

L’annonce intervient après une polémique nourrie lors de l’édition 2025, essentiellement tournée vers le vote du public. La candidate israélienne, arrivée seulement 15ᵉ auprès des jurys internationaux avec 60 points, avait pourtant largement remporté le télévote en engrangeant 297 points. Ce grand écart avait propulsé l’artiste à la deuxième place du classement final, suscitant des interrogations parmi plusieurs diffuseurs du concours qui avaient demandé des comptes aux organisateurs.

« Nous avons écouté et nous avons agi », a déclaré Martin Green CBE, qui rappelle que le concours doit « rester une célébration de la musique et de l’unité » et « demeurer un espace neutre qui ne doit pas être instrumentalisé ». Selon l’UER, cette refonte s’appuie sur « une vaste consultation des membres ».

« Détecter et bloquer les activités de vote coordonnées ou frauduleuses »

Ainsi, plusieurs mesures importantes entreront en vigueur dès la prochaine édition. Le public ne pourra plus multiplier les votes de la même manière qu’auparavant. « Le nombre de votes autorisés a été réduit de moitié pour 2026, incitant les fans à répartir leur soutien entre davantage de candidats », indique l’UER. Une mesure censée éviter qu’un pays mobilise massivement ses soutiens externes.

Les jurys feront leur retour en demi-finales, avec des panels « élargis et plus diversifiés », incluant notamment des jeunes jurés âgés de 18 à 25 ans. L’UER souhaite ainsi rééquilibrer le poids du vote professionnel et celui du public.

L’organisation promet de nouveaux outils « pour détecter et bloquer les activités de vote coordonnées ou frauduleuses », un point particulièrement sensible au regard des accusations d’ingérence lors de précédentes éditions.

Cette édition 2026 s’annonce d’autant plus délicate que plusieurs pays menacent de boycotter le concours en cas de participation d’Israël. L’Espagne, l’Irlande, la Slovénie, l’Islande et les Pays-Bas ont déjà publiquement agité la menace d’un retrait. La Belgique, la Suède et la Finlande disent également y réfléchir.

Aux Pays-Bas, l’association de l’audiovisuel public a justifié sa position en évoquant de « sérieuses violations de la liberté de la presse » à Gaza et en accusant Israël de « s’être livré à une instrumentalisation politique de l’événement » en 2025, avec des « interférences prouvées ».