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Giorgia Meloni, Ursula von der Leyen, Christine Lagarde…: les femmes ont pris le pouvoir

Giorgia Meloni, Ursula von der Leyen, Christine Lagarde…: les femmes ont pris le pouvoir

Qu’elles soient cheffes d’État, dirigeantes d’institutions internationales ou « simples » parlementaires, les femmes sont parvenues au cours des dernières décennies à quelque peu rééquilibrer le rapport de force avec leurs pairs masculins dans la sphère économico-politique.

Le sommet du pouvoir mondial n’est plus un club exclusivement masculin. Trente pays sont désormais pilotés par une cheffe d’État ou de gouvernement. Des pionnières comme Indira Gandhi ou Margaret Thatcher aux figures contemporaines comme Giorgia Meloni ou Claudia Sheinbaum, la présence de femmes aux commandes d’un État s’est pérennisée. Angela Merkel, avec seize années à la chancellerie allemande, a incarné cette stabilisation : le pouvoir exécutif féminin ne se limite plus à des parenthèses politiques.

L’époque des mandats d’intérim isolés cède la place à des trajectoires complètes, parfois reconduites. Ce basculement au sommet s’appuie sur un socle législatif en pleine mutation. Selon l’Union interparlementaire, la part des femmes représentantes de la nation dans le monde a plus que doublé depuis 1995, atteignant 27,5 % au début de 2026. Le pouvoir exécutif emboîte le pas, plus lentement mais avec des signaux plus visibles.

Le G20 au féminin (ou presque)

À l’échelle du G20, bastion naguère masculin, cette présence féminine n’a plus valeur d’exception. Ce forum, qui concentre environ 85 % du PIB mondial, voit ses rangs se transformer. La normalisation du leadership féminin au sein des premières puissances économiques modifie l’équilibre symbolique des sommets internationaux : les chefs d’État ne composent plus seulement avec des homologues masculins, mais avec des dirigeantes dont les mandats s’inscrivent désormais dans la durée.

En Italie, Giorgia Meloni, première femme à accéder à la présidence du Conseil, en 2022, s’est imposée comme une architecte centrale de la droite dure européenne. Ce basculement vers un leadership à poigne trouve un écho singulier au Mexique, avec l’élection de la scientifique Claudia Sheinbaum en 2024.

Celle-ci, docteure en ingénierie énergétique issue du Giec, s’oppose avec aplomb à Donald Trump, arrachant des exemptions commerciales cruciales tout en réduisant de moitié le trafic de fentanyl vers les États-Unis. Au Japon, Sanae Takaichi, admiratrice de Margaret Thatcher, est devenue en 2025 la première femme à diriger le gouvernement, bousculant les structures patriarcales du PLD.

Féminisation des institutions supranationales

Le verrou a également sauté au sein de la gouvernance globale. Les leviers de la régulation mondiale sont aussi synchronisés au féminin. À la Commission européenne, Ursula von der Leyen pilote la stratégie économique et industrielle du continent, flanquée de l’Estonienne Kaja Kallas à la diplomatie et de la Maltaise Roberta Metsola à la présidence du Parlement. Ce pôle politique bruxellois dialogue directement avec un triumvirat féminin de la stabilité financière : Christine Lagarde à la BCE, Kristalina Georgieva au FMI, et Ngozi Okonjo-Iweala à l’OMC.

L’image d’un « club des maîtres du monde » moins homogène traduit une transformation des élites. Pour autant, si le G20 se féminise, plusieurs de ses piliers, comme les États-Unis, la Chine ou l’Arabie saoudite, n’ont encore jamais confié les clés de leur exécutif à une femme. À l’échelle globale, cette visibilité au sommet ne doit pas masquer les résistances structurelles des appareils partisans, ni les contextes nationaux où les droits fondamentaux des femmes stagnent ou reculent.