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Guerre en Ukraine : « Il y a une véritable préoccupation des Français par rapport au conflit »

Guerre en Ukraine : « Il y a une véritable préoccupation des Français par rapport au conflit »


Les Français sont toujours préoccupés par la guerre en Ukraine et veulent soutenir Kiev. Alors que la question des concessions territoriales se pose désormais, et que les États-Unis semblent se désengager de ce conflit, une partie d’entre eux affiche même sa volonté de voir ses dirigeants renforcer le soutien apporté au pays, victime d’une invasion russe en février 2022 et d’une guerre depuis.

C’est du moins ce que révèle une étude conduite par l’institut Dynata. 67 % des sondés possèdent une bonne image de l’Ukraine, et 64 % d’entre eux ont une opinion positive de Volodymyr Zelensky. Ce, malgré la récente affaire de corruption : 63 % des personnes informées de ce scandale, qui a éclaboussé plusieurs proches du président ukrainien, conservent malgré tout une image positive de Zelensky.

« On se rend bien compte qu’il y a une vraie préoccupation des Français par rapport au conflit en Ukraine », note Antoine Bristielle, directeur de l’Observatoire de l’opinion de la Fondation Jean-Jaurès. « Et c’est quelque chose de vraiment spécifique à l’Ukraine : on ne constate pas des niveaux d’inquiétude aussi massivement partagés au sein de la population française pour d’autres conflits internationaux », souligne-t-il. Près de deux tiers d’entre eux jugent, par ailleurs, inacceptable qu’un accord soit signé entre Washingont et Moscou sans la participation directe de Kiev.

Une « inquiétude que le conflit puisse s’étendre à d’autres pays »

L’inquiétude face à la menace russe explique pour partie cet intérêt pour ce conflit. En effet, 85 % des répondants se sont dits inquiets du conflit, et 8 Français sur 10 interrogés considèrent que la Russie est une menace directe pour la souveraineté européenne. Pour eux, cette guerre constitue bel et bien un enjeu de sécurité qui concerne directement l’Europe, et pas un conflit lointain.

« Il n’y avait jamais eu la perception qu’un conflit extérieur à la France pouvait avoir des implications aussi massives », explique Antoine Bristielle, qui note une « inquiétude que le conflit puisse s’étendre à d’autres pays ». Et d’ajouter : « Cette idée que la Russie constitue une menace pour la souveraineté européenne est tout de même partagée par huit répondants sur dix, ce qui est assez énorme et ce qui explique ce niveau de préoccupation pour le conflit, qui est toujours extrêmement élevé alors qu’il dure depuis plusieurs années. »

D’ailleurs, les Français interrogés par l’institut Dynata expriment sans détour leur défiance envers Moscou : seuls 27 % d’entre eux feraient confiance à Vladimir Poutine pour respecter un cessez-le-feu, et 79 % estiment qu’un accord doit impérativement s’accompagner de garanties de sécurité robustes. Les « coups de force assez réguliers de la Russie », et les survols de drones à répétition du ciel européen – dont tout récemment en France – contribuent à ce sentiment.

« Il y a une vraie surestimation du poids budgétaire du soutien à l’Ukraine »

Autre point saillant de l’étude : « Il y a, d’une part, une vraie surestimation du poids budgétaire du soutien à l’Ukraine, et de l’autre, cette volonté, du coup, d’intensifier le soutien, ne serait-ce qu’en termes financiers » souligne encore Antoine Bristielle. En effet, seuls 11 % des répondants connaissent le niveau d’aide réel de la France (qui représente 0,2 % du PIB chaque année). 48 % surestiment ce chiffre (et l’estiment à entre 0,5 % et 5 % du PIB), et 40 % souhaiteraient que la France consacre plus de 0,5 % de son PIB à l’aide à l’Ukraine.

Le fait qu’une telle guerre « coûte très cher », et que son coût soit mis en avant, explique en partie ce préjugé, mais, pour Antoine Bristielle, l’inquiétude que ce conflit suscite, « et l’idée qu’il mérite qu’on y mette plus de moyens » est aussi à prendre en compte. D’ailleurs, plus de la moitié des répondants soutiennent l’utilisation des avoirs russes gelés pour financer l’aide à Kiev.