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« J’ai une très bonne génétique » : Donald Trump dément de nouveau les rumeurs sur sa santé

« J’ai une très bonne génétique » : Donald Trump dément de nouveau les rumeurs sur sa santé

Fatigue chronique, aspirine à haute dose, problèmes d’audition : le président américain, 78 ans, multiplie les signaux d’alerte. Se voile-t-il la face sur sa capacité à exercer le pouvoir ?

Il est le plus vieux président élu de l’histoire des États-Unis et il sera, à la fin de son mandat, le dirigeant américain le plus âgé en exercice. La question de la santé de Donald Trump ne répond donc pas de la simple lubie : elle constitue un véritable enjeu démocratique, sur la capacité du président à exercer le pouvoir avec toutes les facultés physiques et cognitives nécessaires. Cela inquiète d’autant plus que Donald Trump semble de plus en plus fatigué, avec des difficultés à garder les yeux ouverts lors d’événements télévisés.

Il s’en est expliqué dans les colonnes du Wall Street Journal, jeudi 1er janvier, arguant n’avoir « jamais été un grand dormeur ». De son propre aveu, il envoie des SMS jusque très tard dans la nuit, au-delà de 2 heures du matin, alors qu’il travaille déjà une dizaine d’heures dans la journée. Il a par ailleurs nié s’être endormi en public. « Je ferme les yeux, tout simplement. C’est très relaxant pour moi », a-t-il déclaré. « Parfois, ils me prennent en photo en train de cligner des yeux, et ils me surprennent en train de cligner des yeux. »

Pour rappel, le manque de sommeil peut entraîner un affaiblissement du système immunitaire ou de la santé mentale. Selon une étude américaine de 2010, des nuits de moins de six heures augmentent le risque de diabète de type II de 28 %. Des liens ont également été démontrés entre le manque de sommeil chronique et les risques de maladies cardiovasculaires, d’infection et de certains cancers. Donald Trump aurait demandé à son équipe de réduire le nombre de ses réunions, un changement qu’il n’attribue pas à l’âge mais à une meilleure gestion de son temps.

« Je veux du sang bien fluide qui irrigue mon cœur »

Le président américain a également nié avoir des difficultés d’audition, précisant qu’il avait parfois des difficultés à entendre « lorsqu’il y a beaucoup de monde qui parle ». À plusieurs reprises, pourtant, comme lors d’un dîner en septembre avec les dirigeants des grandes entreprises technologiques, il a eu du mal à entendre les questions des journalistes. À cette occasion, c’est son épouse, Melania Trump, qui avait dû lui répéter la question à l’oreille.

Depuis plusieurs mois, les spéculations vont également bon train concernant les ecchymoses que porte le président à la main, qu’il a tenté de camoufler avec du maquillage. Selon lui, ces marques seraient dues à la forte dose d’aspirine (325 mg) qu’il prend quotidiennement. « On dit que l’aspirine fluidifie le sang, et je ne veux pas de sang épais qui irrigue mon cœur. Je veux du sang bien fluide qui irrigue mon cœur. »

Sean Barbabella, le médecin de Donald Trump, a expliqué qu’il en prenait à titre préventif pour des problèmes cardiaques. Une dose de 325 mg est au-dessus des doses quotidiennes recommandées (entre 75 et 300 mg). La prise d’aspirine est une approche préventive efficace pour les personnes atteintes de maladies cardiovasculaires, mais n’est donc pas sans risque.

Des inexactitudes sur ses examens médicaux

Donald Trump a également déclaré n’avoir apporté aucun changement à son régime alimentaire, pourtant très riche en aliments salés et gras, comme les hamburgers et les frites. Il a dit également regretter avoir passé des examens médicaux, en octobre, car, selon lui, cela aurait suscité des interrogations sur son état de santé : « J’aurais été bien mieux loti [s’il ne les avait pas faits], car le simple fait de les avoir passés a suscité des interrogations : “Tiens, il y a un problème ?” Or, tout va bien. »

Par ailleurs, il a souvent donné des détails inexacts sur ses soins médicaux. Au sujet de ces examens, il a déclaré pendant plusieurs semaines avoir passé une IRM. Or, a-t-il fini par admettre au WSJ, il s’agissait d’un scanner. Une méthode plus rapide, plus courante mais moins performante qu’une IRM pour l’étude des tissus mous. La Maison-Blanche a fourni un résumé d’une analyse de l’électrocardiogramme de Donald Trump, réalisée par la Mayo Clinic à l’aide de l’intelligence artificielle, qui estime l’âge cardiaque du président à celui d’une personne de 65 ans.

Sean Barbabella a indiqué que le président souffrait d’une « insuffisance veineuse chronique superficielle », qui touche les petites veines du corps et qui, selon les médecins, est traitable. Pour soulager sa douleur, le président a porté brièvement des chaussettes de contention. « Je ne les aimais pas », a-t-il déclaré. En avril, son médecin a indiqué qu’il prenait de la rosuvastatine et de l’ézétimibe pour contrôler son cholestérol et qu’il utilisait de la crème à base de mométasone pour traiter une affection cutanée.

Enfin, le président trouve l’exercice physique « ennuyeux ». « Marcher ou courir sur un tapis roulant pendant des heures comme certains le font, ce n’est pas pour moi. »

« J’ai une très bonne génétique »

La condition physique des dirigeants américains a été mise sur la table en particulier depuis le mandat de Joe Biden. Donald Trump a souvent accusé son prédécesseur, qui avait cinq mois de moins que lui lors de son entrée dans ses fonctions présidentielles, d’avoir dissimulé la gravité de ses problèmes de santé.

Le démocrate avait renoncé à briguer un second mandat après un débat télévisé lors duquel il avait buté sur ses mots et semblé perdre le fil de ses idées. À ce moment-là, il avait alimenté les doutes des électeurs quant à sa capacité à gérer un travail aussi intensif que celui de président.

La même question va-t-elle devoir se poser pour Donald Trump, même s’il semble, sur le papier, plus énergique ? « La génétique est très importante. Et j’ai une très bonne génétique », se défend le président en exercice. Se voile-t-il la face ?