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Jan Marsalek, l’espion russe en fuite retrouvé grâce à… une relation amoureuse

Jan Marsalek, l’espion russe en fuite retrouvé grâce à… une relation amoureuse


« Les histoires d’amour finissent mal, en général », chantaient les Rita Mitsouko. Elles peuvent mener à la catastrophe, et ce n’est pas Jan Marsalek qui dira le contraire. Cet ancien entrepreneur autrichien, également espion au service des renseignements russes, était en cavale depuis 2020 et avait depuis disparu des radars. Mais sa trace a été retrouvée.

Le journal allemand Der Spiegel s’était, depuis de nombreuses années, penché sur son cas. Il avait révélé, début 2024, que cet ancien dirigeant de Wirecard, société financière allemande, s’était caché en Russie avec l’aide des services de renseignement locaux et avait espionné pour le compte de Moscou pendant des années. L’enquête avait révélé une organisation millimétrée pour lui permettre de s’échapper, lui qui aurait escroqué plusieurs milliards de dollars à la firme, qui est aujourd’hui insolvable.

À LIRE AUSSI Il ne vous reste plus que quelques jours pour devenir… espion à la DGSEC’est une histoire d’amour qui a permis de remettre Jan Marsalek sur le devant de la scène. Annuaires résidentiels et téléphoniques, données sur les postes frontaliers ou de la clientèle de prestataires de soins médicaux… Les journalistes ont pu trouver des informations précieuses, liées notamment à Tatiana Spiridonova, experte du Moyen-Orient et linguiste, originaire de Moscou.

Une concordance presque parfaite

Sur plusieurs photos, issues notamment d’images de surveillance dans le centre-ville moscovite, aucun doute n’est possible : l’homme à ses côtés est Jan Marsalek. « La comparaison de celles-ci avec des photos connues [de Marsalek] montre qu’il y a d’importantes concordances : selon la qualité des images, entre 89 et 95 %, assure le titre. Le fait que l’ex-patron de Wirecard semble avoir bénéficié d’implants capillaires ne changerait pas grand-chose », précise le journal.

Sous une fausse identité, l’Autrichien aurait voyagé à ses côtés en 2021 entre Moscou et Saint-Pétersbourg. Un autre voyage effectué dans le Caucase, aux côtés de Tatiana Spiridonova, a également été détecté par le journal allemand. Der Spiegel prétend que Jan Marsalek n’a pas renoncé à sa vie d’espion. Recherché par Interpol, il se serait plusieurs fois rendu en Crimée et dans des zones de conflit ukrainiennes, mais également aux alentours du siège du FSB, le service de renseignements intérieurs russe, avec lequel sa supposée compagne aurait également des liens.

À LIRE AUSSI Quand les agents secrets suisses tirent la sonnette d’alarmeJan Marsalek semblait soupçonner depuis des années que la vidéosurveillance pourrait un jour le démasquer. En 2021, il écrivait à un proche à propos du système de reconnaissance faciale de Moscou : « Ça marche incroyablement bien. Vraiment effrayant », se demandant comment de tels systèmes pouvaient être déjoués. Trop tard. Il aurait dû faire sien le fameux adage : «  Vivons heureux, vivons cachés »…