Nouveau volet dans la guerre que livre l’administration Trump à la presse. Sur le site Internet de la Maison-Blanche vient d’être inaugurée une nouvelle section censée exposer le « média délinquant de la semaine ». De très nombreux organes de presse y figurent.
L’en-tête de la section, inaugurée vendredi 28 novembre, est univoque : « Trompeurs. Biaisés. Démasqués » y est écrit en grandes lettres, le dernier mot, en rouge et en italique. Le « média délinquant de la semaine » est le Washington Post. Son infraction, d’après l’administration Trump ? La publication d’ « un article provenant de deux sources anonymes et affirmant que le secrétaire Pete Hegseth avait ordonné à un commandant des opérations spéciales conjointes de “tuer tout le monde” lors d’une opération antiterroriste dans la mer des Caraïbes » alors que, toujours d’après le site, « le département de la Guerre a tué 11 narcoterroristes lors d’une frappe coordonnée visant à “éliminer les narcoterroristes qui empoisonnent le peuple américain” ».
L’article aurait été publié « dans le but de discréditer les forces armées américaines et d’attiser le sentiment anti-américain ». S’ensuit une liste de médias et de journalistes appartenant au « Panthéon des délinquants », qui comprend le Washington Post, CBS News, CNN et MSNBC.
La BBC, le Wall Street Journal, le New York Times…
Mais ce n’est pas tout : la page comprend également une infographie des titres « récidivistes » qui, d’après elle, « ne se contentent pas de se tromper : ils le font sans cesse ». De très nombreux médias y sont cités, du New York Times à Politico, en passant par la BBC, USA Today, le Los Angeles Times, Axios, le Wall Street Journal, KTLA Los Angeles, People, The Daily Beast, The Hill, ABC News… Et propose une newsletter pour recevoir « directement dans votre boîte mail les “Alertes des médias délinquants” ». Il est aussi possible, pour l’utilisateur, de consulter l’ « infraction » reprochée aux titres épinglés.
La section assure que les médias en question ont été sanctionnés pour des articles qui « dénaturent et exagèrent les appels du président Trump à demander des comptes aux démocrates ». D’après la Maison-Blanche, ces médias ont déformé « l’appel de Trump à ce que les membres du Congrès soient tenus responsables d’incitation à la sédition en affirmant qu’il avait appelé à leur “exécution” ».
Une nouvelle offensive du président américain sur la presse de son pays. S’il avait, jusqu’ici, occupé l’espace médiatique jusqu’à le saturer, et interdit d’accès le Bureau ovale pour certains titres (comme Associated Press en février), Donald Trump s’était aussi engagé dans plusieurs procédures judiciaires – et réclame notamment entre 1 et 5 milliards de dollars à la BBC, estimant avoir été diffamé par celle-ci.

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