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L’armée canadienne met le scénario d’une invasion des États-Unis sur la table

L’armée canadienne met le scénario d’une invasion des États-Unis sur la table

Que faire en cas d’agression du voisin américain ? L’armée canadienne, loin de disposer des effectifs et équipements de son homologue américaine, s’interroge et envisage des tactiques de guérilla.

« En une semaine, voire en deux jours seulement », l’armée américaine pourrait s’emparer des positions stratégiques du Canada sur terre et en mer.

La dernière guerre entre les deux géants d’Amérique du Nord remonte à 1815. L’armée canadienne l’envisage de nouveau avec un « modèle militaire » selon le journal The Globe and Mail, qui cite deux hauts responsables gouvernementaux.

Un « cadre conceptuel » et « non un plan militaire »

Ce modèle militaire est « un cadre conceptuel et théorique, et non un plan militaire », mais l’éventualité d’une invasion américaine par le sud du pays est néanmoins sur la table.

Avec le Groenland, le Canada fait partie des obsessions de Donald Trump, qui appelle le pays à devenir le 51e État des États-Unis. Le 20 janvier encore, le président américain publiait sur Truth Social une photo datant d’août lors de la réunion des dirigeants européens dans le Bureau ovale : on y voit aussi une carte montrant le Venezuela, le Groenland et le Canada recouverts du drapeau américain.

Tactiques de guérilla

Selon les deux hauts responsables gouvernementaux, « le Canada ne dispose ni des effectifs militaires ni de l’équipement sophistiqué nécessaires pour repousser une attaque américaine conventionnelle. » L’armée canadienne aligne environ 60 000 militaires d’active, quand son homologue américaine en compte 1,3 million.

Avec un rapport de force aussi défavorable, Ottawa mise sur la guerre non conventionnelle, avec « de petits groupes de militaires irréguliers ou de civils armés » menant des embuscades et des sabotages à l’aide notamment de drones, soit la guérilla.

Une des sources d’inspiration de ce modèle est la lutte des moudjahidines afghans lors de la guerre soviéto-afghane de 1979-1989. Tactiques reprises en 2001 par les talibans qui ont tué 158 soldats canadiens jusqu’en 2014, principalement par des engins explosifs improvisés.

Si la conscription est pour l’instant exclue, la générale Jennie Carignan, chef d’état-major de la Défense, compte créer une force de réserve de plus de 400 000 volontaires.

Impossible de contrôler tout le Canada

« Malgré l’importance de l’armée américaine, celle-ci ne dispose pas des forces nécessaires pour occuper, et encore moins contrôler, tous les grands centres urbains du Canada », confie au The Globe and Time le lieutenant général à la retraite Mike Day, qui a dirigé le Commandement des Forces spéciales canadiennes.

« Leur seul espoir serait une offensive à la russe sur Kiev, en espérant que cela fonctionne et que le reste du pays capitule une fois le pouvoir à Ottawa conquis », ajoute-t-il. « Comme pour l’Ukraine, il me serait inconcevable que nous capitulions s’ils s’emparaient de notre capitale. » L’invasion d’un pays membre de l’Otan entraînerait de plus des réactions européennes.

Dôme d’or et Norad

Hormis les discours de Donald Trump sur le Canada, rien ne montre pour le moment une réelle intention des États-Unis d’envahir leur voisin du nord. Ottawa pourrait jouer un rôle clé dans la mise en place du « dôme d’or », ce bouclier antimissile voulu par Trump pour protéger les États-Unis.

Le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (Norad), où les forces américaines et canadiennes travaillent en étroite collaboration continue de fonctionner. Des aéronefs ont d’ailleurs été envoyés au Groenland dans le cadre d’exercices planifiés avec le Danemark.