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Le grand saut de la Bulgarie, en pleine crise politique, dans l’euro

Le grand saut de la Bulgarie, en pleine crise politique, dans l’euro

Sans gouvernement stable depuis la démission de la coalition au pouvoir il y a quelques jours, et en proie à une corruption endémique, le pays des Balkans doit entrer dans la zone euro le 1er janvier.

Le 1er janvier 2026, la Bulgarie entrera dans la zone euro et abandonnera le lev. Près de vingt ans après son adhésion à l’Union européenne, elle reste le dernier pays des 27 en termes de niveau de vie, et s’est enfoncée mi-décembre dans une crise politique majeure, qui a poussé le gouvernement à démissionner.

Mi-décembre, au lendemain d’une énième manifestation qui a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes dénonçant la corruption dans les rues de Sofia, le Premier ministre de centre droit Rossen Jeliazkov a annoncé la démission du gouvernement.

Formé en janvier 2025, cette coalition de circonstance rassemblait les conservateurs du parti « Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie » (GERB) de l’ancien Premier ministre Boïko Borissov, et trois autres formations.

Pauvreté et corruption

La Bulgarie souffre d’instabilité politique depuis de nombreuses années. Depuis 2021, elle a connu pas moins de sept élections. Une huitième doit être organisée dans quelques mois. D’ici là, un gouvernement technique doit assurer la transition.

C’est donc sans équipe gouvernementale stable que se fera vraisemblablement le passage à l’euro. La récente vague de mécontentement a pris le pays fin novembre, alors que le gouvernement démissionnaire a voulu faire voter en procédure accélérée le budget 2026 – le premier en euros, donc.

Quelques jours plus tard, le 3 décembre, il retire son projet de texte : la hausse d’impôts et des cotisations sociales qu’il prévoyait a fait bondir l’opinion publique et l’opposition, qui estime que ces augmentations avaient pour but de dissimuler des détournements de fonds. Le nouveau projet de budget présenté quelques jours après le premier n’a pas suffi à apaiser les protestations.

Le tout s’inscrit dans une inquiétude partiellement partagée par la population vis-à-vis du changement de monnaie. Si certains perçoivent l’euro comme une promesse de stabilité, nombreux craignent que le passage à la monnaie européenne unique ne s’accompagne d’une hausse des prix dans le pays où l’inflation est déjà de 3,8 % en octobre sur un an.

En 2025, le PIB par habitant y est de 26 300 euros (contre 39 100 euros en France). Il se hisse ainsi à 66 % de la moyenne européenne – marquant, certes, vingt points de plus qu’il y a vingt ans, mais restant tout de même faible. Aussi et surtout, le pays entré dans l’UE en 2007 est l’un des États membres les plus corrompus – avec la Hongrie et la Roumanie –, selon l’indice de perception de la corruption de l’organisation Transparency International.