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« Le régime n’a pas de sang sur les mains » : les propos surréalistes de l’ambassadeur d’Iran en France

« Le régime n’a pas de sang sur les mains » : les propos surréalistes de l’ambassadeur d’Iran en France

Alors que les ONG recensent des milliers de morts lors des manifestations, Mohammad Amin-Nejad a nié toute responsabilité du régime des mollahs lors d’une intervention à la radio ce dimanche.

Depuis trois semaines, l’Iran est secoué par des manifestations violemment réprimées, faisant au moins 3 400 morts selon Iran Human Rights (IHR). Une version contestée par la République islamique d’Iran. Son ambassadeur en France, Mohammad Amin-Nejad, a affirmé dimanche 18 janvier sur France Inter que « le régime iranien n’a pas de sang sur les mains ».

Alors que des manifestations se sont tenues la veille dans de nombreux pays du monde en soutien aux Iraniens, Mohammad Amin-Nejad affirme qu’« à l’intérieur du pays, la situation est sous contrôle des autorités concernées ». Les services de police et les forces de l’ordre « neutralisent les instigateurs et les gens qui ont commis des actes terroristes », déclare-t-il au micro de nos confrères. Il affirme qu’« il y a une justice, une police et une sécurité pour le pays qui garantit le bien-être » de tous les citoyens.

12 000 morts, selon certaines sources

Dans un premier temps, les manifestants ont protesté contre la vie chère puis contre le régime au pouvoir. Depuis le 8 janvier, Internet a été coupé dans le pays, empêchant les communications avec l’étranger. Des témoignages et des vidéos ont tout de même pu circuler et été authentifiés, montrant des attaques à balles réelles contre des manifestants. « Les manifestations étaient, pendant les dix premiers jours, complètement pacifiques, avec une partie un peu plus compliquée, mais toujours sous contrôle. Mais après le 8 janvier, les provocations sont venues de l’étranger » affirme l’ambassadeur de la République islamique d’Iran en France, dénonce des « infiltrations ».

« Il y a des gens qui ont commis des actes terroristes, qui ont brûlé des gens, attaqué des hôpitaux et des centaines de mosquées », a-t-il précisé. Selon lui, des centaines de forces de l’ordre sont mortes mais aucun chiffre officiel n’a été dévoilé sur les protestataires décédés. L’Iran est un pays de 93 millions d’habitants, où la moitié de la population a moins de 30 ans.

Selon un cadre médical situé en région périphérique et interrogé anonymement par Le Point, le bilan de la répression en Iran s’élèverait à au moins 12 000 morts. Ce témoin affirme que les chiffres officiels, qui incluent des victimes ciblées à la poitrine ou au ventre par des armes de guerre, sont probablement sous-estimés car il ne comptabilise pas les personnes tuées directement dans la rue. Le professionnel de santé précise que cette vague de violence, déclenchée par une population affamée par la crise économique, a saturé les hôpitaux et les morgues du pays à partir du 8 janvier dernier.