L’affaire n’en finit plus de faire trembler les hommes politiques du monde entier. Le désormais « ex-prince » Andrew Mountbatten Windsor, l’ancien président de Harvard et ancien secrétaire au Trésor Lawrence Summers, mais aussi le fondateur de LinkedIn Reid Hoffman, ou encore tout récemment le linguiste et intellectuel Noam Chomsky… La liste des personnalités ayant fréquenté Jeffrey Epstein s’allonge un peu plus à chaque révélation d’extraits du dossier sur le pédocriminel. Tout récemment, deux informaticiens américains ont apporté leur pierre à l’édifice en s’amusant à recréer l’adresse e-mail de l’ex-financier et en y faisant figurer ses interlocuteurs.
Le site « Jmail », contraction entre « Jeffrey » et « Gmail », a pour but de rendre accessible les milliers d’e-mails reçus et envoyés par le criminel sexuel, et de montrer qui étaient les interlocuteurs derrière ces correspondances. De nombreux noms connus de ceux qui se sont penchés de près ou de loin sur le dossier y figurent, parmi lesquels Jack Lang, Ghislaine Maxwell – compagne du milliardaire et condamnée à vingt ans de prison pour trafic sexuel de mineures pour son compte –, le stratège de l’alt-right états-unienne Steve Bannon, ou encore le journaliste de 72 ans et auteur de best-sellers politiques Michael Wolff, et l’ex-président américain Bill Clinton.
Des fonctionnalités proches de celles de « Gmail »
Au fur et à mesure qu’elles seront révélées, les nouvelles informations seront intégrées au site. Du reste, l’interface de « Jmail » ressemble à s’y méprendre à la plateforme « Gmail ». Les courriels sont datés, et il est possible de retrouver les correspondances répertoriées par personnalité. Qui plus est, l’utilisateur peut y effectuer des recherches. « Jmail » offre même aux internautes une dimension collaborative : il est possible d’ajouter une étoile aux e-mails considérés les plus pertinents – comme sur n’importe quelle boîte « Gmail ». À droite de chaque mail, une icône « View original document » (« Voir le document d’origine ») renvoie vers la preuve du message.
Derrière cette initiative, deux ingénieurs américains : Luke Igel, cofondateur de l’outil de montage vidéo basé sur l’intelligence artificielle Kino AI, et Riley Walz, qui a fait des archives Web et de l’exploitation des données en source ouverte sa marque de fabrique. Du reste, il faut saluer le caractère d’utilité publique de leur plateforme, qui facilite l’accès aux informations révélées depuis le début de l’affaire – qui existaient jusqu’alors sous la forme de documents épars et confus. Il n’empêche qu’il est difficile de ne pas se sentir mal à l’aise en parcourant les milliers de courriels entre le pédocriminel et ses correspondants.

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