Défiant le black-out imposé par le régime, le peuple iranien fait trembler la République islamique. La répression féroce des gardiens de la révolution aurait fait plusieurs centaines, voire des milliers de morts.
Depuis quarante-sept ans – le temps d’une vie ou d’une trop longue nuit –, le régime des mollahs tente de faire croire au monde et à son peuple que ce bout de terre, jonction entre le Levant et l’Asie, est condamné à vivre dans l’obscurantisme. Plus d’un Iranien sur deux est plus jeune que la République islamique qui l’a bridé et a encagé les femmes. Pour seul horizon, les mollahs ne proposent que la haine d’Israël, de l’Amérique et de tout ce qui n’est pas jugé conforme par leur guide suprême. Ali Khamenei se présente, sans sourciller, comme un descendant de Mahomet tout en diffusant sa propagande sur le réseau X – dont il prive ses propres concitoyens.
Depuis le 28 décembre, l’autocrate a ajouté de nouvelles interdictions : celles de la voix et des images. En coupant Internet et les lignes téléphoniques, il espère étouffer une révolte qui, plus encore que les précédentes, fait vaciller son pouvoir. Mais des flashs de téléphones se sont allumés dans la nuit et des images nous parviennent. Nous en publions ici quelques-unes, saisissantes. Que nous disent-elles ? Qu’un peuple se bat pour sa dignité.
Un espoir se lève
Ce combat, Abnousse Shalmani le porte avec ses « tripes d’exilée » dans un texte poignant, en forme de réquisitoire contre la mollahrchie. Il devrait mobiliser bien au-delà des frontières iraniennes. Des manifestations de soutien s’organisent à Londres, New York ou Paris, mais elles n’ont pas la dimension qu’elles méritent. En Iran, dans les mobilisations, un nom a surgi, celui de Reza Pahlavi. Pour une partie du pays, il incarne cette modernité dont les Iraniens sont privés depuis près d’un demi-siècle. Un espoir se lève : celui de voir ce prince exilé incarner une figure à la Juan Carlos, permettant à une nation dont la culture remonte à l’aube de l’humanité de réintégrer le concert des nations libres.
Si le peuple iranien parvenait à renverser la gérontocratie islamique, il provoquerait un séisme dans tout le Moyen-Orient. En Israël, la correspondante du Point raconte l’inquiétude mêlée d’espoir qui s’est emparée du pays à la vue des cortèges iraniens. La jeunesse persane, elle, refuse de grandir dans la haine exclusive d’une nation érigée en « petit Satan » par les mollahs. Elle aspire à autre chose, à une exigence universelle, que les tyrans pensaient avoir plongée dans le coma ou dans une nuit éternelle : la liberté.

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