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Menaces de guerre régionale par Téhéran, exercice naval iranien… Au Moyen-Orient, la tension monte

Menaces de guerre régionale par Téhéran, exercice naval iranien… Au Moyen-Orient, la tension monte

Après la récente escalade entre l’Iran et les États-Unis, le Moyen-Orient retient son souffle.

La situation en Iran et dans sa région est plus que jamais instable. Après avoir étouffé des manifestations populaires, le régime iranien continue de faire monter la pression

Ce dimanche 1er février, le guide suprême iranien Ali Khamenei a qualifié cette mobilisation de « coup d’État ». Depuis fin décembre, au moins 6 713 personnes sont mortes, dont 137 enfants, selon l‘ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA). L’organisation enquête sur plus de 17 000 décès potentiels supplémentaires. Le bilan pourrait même être supérieur à 30 000 personnes, selon le médecin irano-allemand Amir Mobarez Parasta.

Les protestataires « ont attaqué la police, des bâtiments gouvernementaux, des casernes des Gardiens de la Révolution, des banques, des mosquées et ont brûlé le Coran […] c’était un véritable coup d’État », a déclaré Ali Khamenei, cité ce dimanche par l’agence Tasnim, et assurant que cette tentative avait « échoué ».

Téhéran tient tête à Washington

Surtout, il a mis en garde contre une « guerre régionale » face aux menaces d’intervention militaire brandies par Washington. « Les Américains doivent savoir que s’ils déclenchent une guerre, cette fois-ci ce sera une guerre régionale », a-t-il déclaré.

Le guide suprême fait référence aux bombardements américains en Iran lors de la guerre des 12 jours, déclenchée en juin dernier par Israël. Depuis, Donald Trump a assuré qu’il était prêt à ordonner de nouvelles attaques contre la République islamique.

Des paroles aux actes ? Ces derniers jours, les États-Unis ont déployé dans le Golfe une dizaine de navires, dont le porte-avions Abraham Lincoln, tandis que les forces armées iraniennes se disent « en état d’alerte maximale ».

Les Gardiens de la Révolution ont annoncé, dans le même temps, l’organisation d’un « exercice naval de tir réel de deux jours », selon le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), qui a mis en garde contre « tout comportement dangereux » à proximité des forces américaines.

Des négociations ouvertes

Cependant, les deux parties semblent vouloir atténuer la situation. Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a déclaré, samedi soir, qu’une guerre n’était dans l’intérêt ni de l’Iran ni des États-Unis, disant vouloir privilégier la diplomatie. « Pour la République islamique d’Iran, le règlement des différends par la diplomatie a toujours été prioritaire », a-t-il ajouté. Un autre haut responsable a fait état de « progrès » en vue de « négociations » avec Washington.

Des pourparlers confirmés par Donald Trump. À bord d’Air Force One, il a indiqué que l’Iran discutait. « Nous verrons bien si nous pouvoir faire quelque chose », a-t-il ajouté.

L’Europe essaye de peser

De leur côté, les Européens tentent, eux aussi, d’accentuer la pression sur le régime, en inscrivant les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique accusée d’avoir orchestré la répression du mouvement de protestation, sur la liste des « organisations terroristes ».

L’UE rejoint donc les États-Unis, le Canada et l’Australie, qui avait déjà classé comme tel les Gardiens de la Révolution, respectivement en 2019, 2024 et 2025.

En représailles, ce dimanche, le Parlement iranien a déclaré « groupes terroristes » les armées européennes, « conformément à l’article 7 de la loi ». Mais cette annonce apparaît davantage comme une action symbolique de la part du régime.

Dans une interview accordée à Libération, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a déclaré que Téhéran devait « se résoudre à des concessions majeures » dans le cadre des négociations menées avec Washington. « Les États-Unis se sont mis en situation de lancer une opération militaire contre l’Iran. Ils ont proposé en parallèle des négociations au régime qui doit impérativement s’en saisir […] », a-t-il déclaré.

« L’Iran doit cesser d’être une menace pour son environnement régional et pour nos intérêts de sécurité, et le peuple iranien doit retrouver sa liberté », a-t-il ajouté, exigeant que le « régime mette fin à l’oppression, libère les prisonniers, cesse les exécutions, rétablisse Internet ».